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Biographie

Faith No More

En 1981, à San Francisco se monte le groupe Faith No Man. Après de nombreux changements de line-up (notamment Courtney Love au chant), le groupe se renomme Faith No More, essentiellement autour de Chuck Mosley (chant) et Jim Martin (guitare). Après un EP en 84, le groupe sort We Care A Lot en 85, suivi en 87 par Introduce Yourself. Le groupe reçoit un accueil positif de la part du public, alors que la vague funk metal est à son sommet, avec des groupes comme Fishbone. Mais le groupe doit se séparer de Mosley dont l'alcoolisme et la toxicomanie prennent tant d'ampleur qu'il en vient à s'endormir sur scène.

Le groupe intègre donc un nouveau chanteur issu d'un groupe de death metal inconnu, Mr Bungle. Ce chanteur, c'est Mike Patton, et il va changer radicalement l'avenir du groupe et de la musique des 90's. La nouvelle formation sort donc en 1989 The Real Thing, composé en deux semaines. Le mélange funk/metal/rap est si efficace que l'album est immédiatement propulsé en haut des charts. Mais les albums suivants, notamment Angel Dust, King For A Day... Fool For A Lifetime et finalement Album Of The Year bien qu'excellents, ne sont pas aussi bien accueillis par le public et sont jugés trop expérimentaux. Le groupe se sépare en 1998, et Mike Patton entame son incroyable liste de projets solo.

Courant 2008, les rumeurs vont bon train, mais il faut attendre début 2009 pour avoir une concrétisation de la renaissance de Faith No More. Le groupe fera quelques tournées et commencera à jouer de nouveaux titres à Londres en 2012, dont le single Motherfucker qui sortira finalement en 7" fin 2014, accompagné d'une confirmation officielle de la sortie d'un septième album après 18 ans d'absence discographique, et un concert chez le disquaire Amoeba pour fêter ça. Sol Invictus sort finalement le 18 mai 2015 simultanément sur Reclamation! Recordings (monté pour l'occasion) et Ipecac.

Mike Patton - chant
Billy Gould - basse/chœurs
Jon Hudson - guitare/chœurs
Mike Bordin - batterie/percussions/choeurs
Roddy Bottum - clavier/choeurs

17 / 20
37 commentaires (16.26/20).
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Sol Invictus ( 2015 )

Une majorité a été atteinte avant de voir ressusciter ce qu’on pensait perdu à jamais : Faith No More. En effet, l’une des formations ayant le plus marqué les années 90 a rendu les armes dans un tel contexte après Album of the Year qu’on était loin de se douter d’un retour aux affaires… Jusqu’à ce qu’ils décident d’engager une tournée, d’abord pour la forme, pour le bonheur de se retrouver avec le dernier line-up en date. Puce à l’oreille, deux titres inédits (Motherfucker et Superhero) seront interprétés une première fois à Hyde Park en 2012 à Londres. Ensuite, le plaisir fut tel que les gars de Frisco continuèrent sur leur lancée en annonçant de nouvelles dates à travers le monde, notamment celle du Hellfest 2015. Plus de doutes possibles, Motherfucker débarque sur les interwebs en fin d’année dernière, suivi d’un petit concert pour le Record Store Day chez le célèbre disquaire Amoeba, le nouvel album est donc bien réel. Joie suprême.

Sol Invictus, c’est son nom, et il n’est pas volé tant l’ensemble des morceaux tapissant l’objet évoque l’étoile la plus imposante de notre point de vue terrien, pour sa chaleur, mais aussi et surtout pour l’aspect incandescent de la chose solaire. Un magma musical en fusion façonné par des briscards qui n’ont rien paumé de leur talent, et ont même semble-t-il été nourris par les parcours créatifs, plus ou moins productifs, qui ont animé chacune de leur personne respective durant ces 18 années.

On pourrait naturellement comparer ce septième album avec Angel Dust ou King For A Day…Fool for a Lifetime, ou bien établir le lien entre The Real Thing et Album of The Year, et on n’aurait pas complètement tort, mais la tâche ne s’avère en fin de compte pas si évidente après avoir profondément gratté le bestiau, par la richesse et la variété du contenu proposé, en si peu de temps (à peine 40 minutes). De l’inaugural et forcément lumineux titre éponyme à l’acoustique From The Dead revenu d’entre les sixties, en passant par les montagnes russes "epic western" (coucou Ennio Morricone) de Cone of Shame, le nerveux Separation Anxiety aux relents de Tomahawk délicieux, ou l’accordéonisé mais furibard Rise of the Fall, ainsi que les réminiscences orientales (Superhero, Matador) susceptibles d'évoquer les travaux guitaristiques de Trey Spruance (Mr Bungle, Secret Chiefs 3, de la partie sur King For A Day), chaque morceau exprime au minimum deux facettes de ce qui constitue l’œuvre de Faith No More. Des assemblages délirants formant un tout cohérent, augmentés d’une dimension théâtrale, cinématographique (une constante chez Patton), associés à une sacrée dose d’ironie, toujours un peu malsaine, dérangeante (le visuel rappelle d'ailleurs l'excellent film d'Harmony Korine, Gummo). Le jeu puissant de Bordin n’a jamais été aussi souple et précis, la basse de Gould n’a jamais été aussi bien mixée (par lui-même + Andy Wallace), le rythme est évidemment au cœur des ébats ; moteur des cordes vocales extensibles à l’infini du père Patton, qui a révisé environ toutes ses gammes sur cet album ; moteur également d’une guitare gracieuse et ciselée, d'un clavier empruntant régulièrement les traits d'un piano, organique, pour un rendu général qui l’est tout autant.

On retrouve donc FNM tel qu’on l’a laissé, avec 18 ans dans la tronche toutefois, suintant néanmoins toujours la classe. Les compositions de Sol Invictus ne faiblissent jamais, elles exposent une générosité de tous les instants et malgré la durée définitivement trop courte de l’objet, elles persistent à surprendre, faisant d’elles de nouvelles pépites intemporelles, à faire tourner à l’usure, comme on le faisait jusqu’ici avec Angel Dust, pour ne citer que lui. Faith No More a cassé les années 90, le "meilleur groupe du monde" est en train de reproduire le schéma en ces années 2010, totalement libre de ses mouvements cette fois.

Entièrement écoutable via deezer.

A écouter : jusqu'à ce que mort s'ensuive.
18 / 20
40 commentaires (16.88/20).
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Angel Dust ( 1992 )

Quatrième album du groupe, sorti en 1992, Angel Dust est considéré par beaucoup comme le meilleur album du quintet de Frisco. C'est en effet la première fois que le groupe part dans autant de directions différentes, tout en créant un album cohérent. C'est également la première fois que Patton participe à la création d'un album du groupe. Il a écrit toutes les paroles, sur des compos du groupe.

Les paroles sont justement assez souvent dérangeantes et ambigües. Les rythmes sont lents et oppressants, et on sent moins le côté funk qui caractérisait Faith No More jusque là, si ce n'est par le son caractéristique du slap de l'excellent Billy Gould. Angel Dust donne aussi à Patton l'occasion d'expérimenter avec sa voix. Il en ressort la voix qu'il gardera par la suite, moins nasillarde, plus douce et grave. Capable de passer de la colère la plus extrème et rapide à une voix douce et calme (sur Malpractice par exemple), Patton est clairement l'élément qui sort Faith No More du lot.

Malpractice, justement , est un des morceaux les plus intéressants de cet album. Sur fond de batterie lourde mêlée à des sons synthétiques rappellant les boîtes à musique, Patton alterne les phases de chant extrème rappellant le son death metal du Mr Bungle des débuts avec des phases de chant aérien et clair. On peut d'ailleurs voir dans la construction du chant sur ce morceau les bases du chant néo metal. Sur Be Aggressive, au refrain pillé par Manson pour son mObscene, les paroles de Patton évoquent à la fois la frustration sexuelle et/ou la domination du monde.

La seconde partie de l'album est plus funk, avec des morceaux comme Crack Hitler, A Small Victory ou Everything's Ruined où la voix de Patton, encore une fois, est impressionante.

Cet album est incontournable dans la discographie de Faith No More. Mike Patton est un des chanteurs les plus doués des années '90, si ce n'est LE meilleur chanteur. Sa voix extensible à l'infini lui permet d'expérimenter de nouvelles variantes à chaque morceau. D'autre part, il fallait énormément de courage, après avoir connu les heures de gloire qui ont suivi la sortie de The Real Thing pour composer un album aussi éloigné du mainstream.

A écouter : Malpractice, Midlife Crisis, Everything's Ruined, A Small Victory...