Plus que jamais, à l’heure où le progrès technologique se présente à la fois comme une source immense de nouvelles créations et comme la menace première de l’industrie du disque, il devient vital pour les jeunes formations de transcender le média, de faire évoluer le format du simple album tel qu’on le connaissait jusque là .
Car bien plus qu’une accumulation de morceaux, c’est un univers bien à lui que ce jeune quintet Nantais nous invite à explorer, aux croisements du Cyber Punk et de la Cold Wave.
En complément à la musique du groupe, que l’on pourrait rapprocher d’un Metal moderne péchu influencé par les ténors américains du genre (Fear Factory, Korn, Soulfly…) enrichie de samples très travaillés (le rendu final demeurant d’une impressionnante cohérence), vient s’ajouter un réel approfondissement du visuel, par le biais de travaux graphiques joints à l’album, sous la forme d’un livret multimédia. Chaque morceau se voit dès lors accompagné d’un clip, d’une session photo, se voit enrichie d’une couleur et d’une ambiance bien à lui, le tout en restant cohérent avec les textes, en français, et à couleur métaphoriques et introspectifs.
A titre d’exemple, au-delà du carcan « Metal moderne ambiancé », cet album aurait au demeurant pu constituer une BO tout à fait adaptée au cultissime Ghost In The Shell de Mamru Oshii.
Rares sont les groupes qui parviennent à créer un univers aussi cohérent et personnel, par le biais de textes profonds et atypiques, de textures sonores riches et fouillées…
Définitivement novateur et original, ce nouvel album d’Eradicate a tous les atouts pour faire tomber les têtes et permettre au groupe d’ affirmer son statut d’outsider et d’élément fort au sein de la nouvelle scène française.
A écouter : Comme un rêve éveillé