Epileptic est le parfait exemple du groupe évoluant hors des modes et des tendances. Le trio avance à son rythme et exploite tout ce que le rock peut lui offrir en digérant aisément ses influences. Le résultat est à chaque fois un concentré personnel d'émotions. The firts day of our second life ne déroge pas à la règle ; mélancolique, faussement bancal mais plus que tout touchant, ce 3ème album passera t-il encore inaperçu ?
On serait malheureusement tenté de répondre par l'affirmative, de plus, ranger le groupe dans un quelconque courant musical se révèlera un acte vain, ce que certains ont du mal à accepter ! Disons simplement que ce 3ème opus s'étend sur des aires indié-rock tantôt pop et énergique, tantôt noise et désespéré. Les 9 morceaux démontrent un "song writting" de qualité révélant une personnalité affirmé et un travail acharné. En effet, pas de demi mesure chez Epileptic ! Sous des airs faussement simple, les compositions sont en réalité toujours très travaillées et bien pesées. Les mélodies alambiquées, le chant vraiment à part et les soli de guitares sont là pour en témoigner.
Bref, Epileptic a été à bonne école et accouche de 9 tubes influencés par toute la scène de Washinhton DC (comprenez Fugazi et consort) ou encore The Cure, Neil Young, Engine Down ... Pourtant, aucun passage ne viendra vous titiller la mémoire en vous rappelant un morceau en particulier des artistes précités. En effet, Epileptic possède un appareil digestif solide et parvient à assimiler sans difficulté l'ensemble de ses influences.
The first day of our second life est d'une richesse incroyable et ne s'imposera que plus longtemps dans votre platine. En décrire les morceaux de manière exhaustive révèlerait du miracle. Sachez simplement que ces derniers sont d'une humeur très changeante à tous les niveaux. La guitare traîne la patte quelques minutes et s'envole dans la seconde dans un solo déjanté. Le chant adopte des tons tantôt rauques à la The Constantines ("Settle down") et tantôt plus clairs avec un aspect vibrant très appréciable ("Teen soldier", "Strayed"). Le tout est parfois soutenu par un back-vocal tiraillé de douleur ou un violon désespéré qui viendra assombrir l'ensemble ( l'introspectif "The first day of our second life"). On retiendra également le petit côté folk qui fait des merveilles !
The first day of our second life respire la sincérité et la passion d'un groupe discret et pourtant terriblement efficace. Comme quoi Poitiers n'est pas si éloigné de Washington DC !
A écouter : Little River - Settle Down - Teen Soldier - 4 Years 4 Roses