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Biographie

Epica

C’est en 2002, quand Mark Jansen quitte son groupe d’origine, After Forever, qu’il se consacre pleinement a son projet parallèle, alors baptisé Sahara Dust. Des changements de line-up s'effectuent, mais le groupe se stabilise et présente rapidement une démo qui leur permet d’être signé chez Transmission Records. C’est alors que le groupe est rebaptisé Epica, en référence à l’album de Kamelot du même nom.
Après quelques concerts, leur premier album, The Phantom Agony, sort en 2003. Leur musique est un Metal-Symphonique, accompagné de chœur, utilisant d’une part un chant féminin volontairement inspiré des chanteuses de Nightwish et Within Temptation, et un chant guttural. Le premier album est bien accueillit aux Pays-Bas, puis une radio les invite a jouer accompagné d’un chœur et d’un orchestre, ce qui leur permet de sortir le dvd We Will Take You With Us en 2004. La même année, après avoir fait quelques festivals, Epica effectue sa première tournée en tête d’affiche tout en travaillant sur l’album suivant, Consign To Oblivion, qui sort en avril 2005.
Mark Jansen est invité a écrire la bande originale d’un film, Joyride. Les musiciens du groupe participent a l’écriture et le résultat obtenu servira de base à l’album The Score - An Epic Journey, un disque presque complètement instrumental, qui sort lui aussi en 2005. Ce dernier laisse l’aspect symphonique s’exprimer pleinement et souligne d’autant plus l’influence des musiques de films qui étaient déjà présentes sur Consign To Oblivion.
Après la sortie d’un Sound-Photo Book (The Road To Paradiso) et une tournée avec Kamelot, le batteur du groupe est remplacé par Ariën Van Weesenbeek (God Dethroned). L’album The Divine Conspiracy qui sort en 2007 chez Nuclear Blast peut alors se permettre d’être plus acerbe grâce en parti au jeu plus rapide du nouveau batteur, issu du Death-Metal.
Ad Sluijter, guitariste du groupe jusqu’ici, quitte peu de temps après Epica et est remplacé par Isaac Delahaye (God Dethroned). Le groupe profite alors de la voie ouverte par Therion au Miskolc International Opera Festival, en étant convié a jouer dans ce festival de musique classique en compagnie une fois encore d’un chœur et d’un orchestre, a condition de jouer des airs classiques en première partie et d’éviter de trop fréquents passages agressifs. Ainsi est enregistré le double disque The Classical Conspiracy, qui est sort en 2009, quelques mois seulement avant un leur nouvel album, Design Your Universe.
Requiem For The Indifferent sort en 2012. L'album est reçu en demi-teinte, à cause de compositions moins accrocheuses, plus conventionnelles, mais aussi à cause d'un problème au pressage qui rend le dernier titre, Serenade Of Self-Destruction, presque complètement instrumental sur les premières éditions. Pour y remédier, Epica et Nuclear Blast proposent le téléchargement gratuit de la piste en version "normale" (et il est d'ailleurs toujours possible de la trouver ici). Quelques jours après la sortie de l'album, il est annoncé que le bassiste Yves Huts, membre originel d'Epica, quitte la formation pour être remplacé par Rob Van Der Loo (MaYaN, ex-Delain).

2013 marque le retour en force du groupe, avec un concert nommé Retrospect qui marque les 10 ans de carrière des Néerlandais. Cette date unique est jouée dans leur ville natale d'Eindhoven au Pays-Bas, en compagnie d'un orchestre, d'une chorale, et d'invités de marque (Floor Jansen, ex-After Forever et future-Nightwish ; ainsi que tous les anciens membres d'Epica), et le concert de trois heures sera publié en triple-CD et double DVD.

En parallèle, l'emblématique chanteuse Simone Simons, depuis quelques années en couple avec Oliver Palotai (claviériste dans Kamelot) annonce sa grossesse. L'album suivant sort néanmoins début 2014. The Quantum Enigma met tout le monde d'accord après la déception de RFTI.

En 2015, Epica lance son propre festival, le Epic Metal Fest. Il se tient en juin, dans la même salle qui accueillait Retrospect deux ans plus tôt. Les groupes sont choisis par Epica, et la programmation compte entre autres Dragonforce (qui a partagé l'affiche avec Epica l'année passée), Fear Factory (dont Epica avait repris un titre pour l'édition collector de The Divine Conspiracy) ou encore Delain (l'ancien groupe de leur bassiste).

Epica prépare la sortie de The Holographic Principle pour le 30 septembre 2016, et a d'ores et déjà annoncé une seconde édition du Epic Metal Fest (en deux éditions, au Brésil et au Pays-Bas) à l'automne 2016.

The Solace System ( 2017 )

Après quinze ans de carrière et huit albums studio, Epica n’était encore jamais passé par la case « EP ». C’est chose faite depuis le début de ce mois de septembre, avec The Solace System. Qu’attendre de ce premier format court ? Une prise de température vers un renouvellement artistique, avant de se lancer dans un nouvel album ? Absolument pas. L’EP inclut 6 pistes issues des sessions d’enregistrement de The Holographic Principle, sorti onze mois plus tôt. D’ailleurs, Mark Jansen nous l’avait confié : avant même la sortie de l’album, il se demandait déjà quoi faire des titres non-utilisés… C’est donc dans la logique et dans la continuité des sorties précédentes que s’inscrit cette nouvelle production, qui a en fait tout d’un demi-album d’Epica. D’une durée d’une demi-heure pour six titres, composé de cinq morceaux rentre-dedans et d’une ballade, l’objet reprend réellement la forme des LP dont le groupe à l’habitude, coupé en deux. Habitués à délivrer un titre fleuve d’une douzaine de minutes en fin d’album, on aura droit ici à une piste plus longue, mais ne dépassant pas les 6’30… À nouveau une moitié. Les afficionados ne seront donc absolument pas dépaysés par le format, très facilement assimilé par les Néerlandais.
 
Quant au contenu musical, lui aussi est aisé à appréhender, du moins pour celles et ceux ayant aimé le dernier album en date. Si l’on pouvait craindre le syndrome « compil de chutes pas assez bonnes pour être sur le vrai disque », il n’en n’est rien. Les titres sont autant aboutis que ceux présent sur The Holographic Principle, et leur production est très propre, similaire à celle de l’album.
À l’exception de la balade Immortal Melancholy, qui est bien jolie mais vraiment ennuyante (rien que ce nom bien cliché fait hérisser les poils de quiconque a plus de 14 ans, ou c’est juste moi qui ai cette impression ?), les cinq autres titres sont très bons. Pleins d’énergie, d’arrangements épiques (logique), de solos de guitares vraiment réussis (dans quatre titres sur six, voire quatre sur cinq en excluant la dispensable balade, c’est à noter car ce n’est pas une composante systématique du groupe), de phases progressives (notamment dans Decoded Poetry où le long pont à la moitié du titre commence par un interlude Goth et se termine par des blasts furieux), les titres sont réellement agréables à écouter.
Toujours un peu plus bourrins que les compositions des autres groupes du genre, les titres d’Epica contiennent toujours leur lot d’agressivité et cet EP ne fait pas exception. Mark Jansen y va de son chant growlé sur les cinq pistes qui s’y prêtent, les tempos sont élevés et les rythmes sont soutenus dès l’intro (Fight Your Demons, Wheel Of Destiny). Mais le combo reste inscrit dans le registre Symphonique, et propose aussi des influences plus posées, privilégiant l’efficacité dans la plupart des refrains (Wheel Of Destiny, Architect Of Light, ou celui de Decoded Poetry qui sonne assez Nightwish). En fin de compte, la piste d’ouverture, bien qu’éponyme, est peut-être la moins significative du lot…
 
Epica montre avec The Solace System qu’ils sont encore plus créatifs et prolifiques qu’on ne le pensait. Écrire un album de soixante-dix minutes tous les deux ans, avec des dizaines de pistes d’orchestrations et en trouvant le temps de tourner, ce n’est pas assez : même les titres qui ne finissent pas sur les albums semblent très valables. La sortie de ces morceaux en EP est donc totalement justifiée, et on espère que le groupe ne nous privera plus, à l’avenir, des pistes non-retenues lors de leurs futures sessions d’enregistrement, si elles sont aussi qualitatives.

A écouter : Wheel Of Destiny, Fight Your Demons, Decoded Poetry
15 / 20
4 commentaires (14.63/20).

The Holographic Principle ( 2016 )

Encore un album d'Epica. Le huitième en moins de quinze ans. Et bien sûr, il faut aussi compter les tournées, les side-projects (MaYaN en tête) et les collaborations (Ayreon, Kamelot...), l'organisation d’événements comme Retrospect ou le Epic Metal Fest... Les gars (et la fille) d'Epica peuvent-ils tout faire à la fois ? N'est pas Peter Tägtgren qui veut : se battre sur tous les fronts n'est pas forcément à la portée de tous. Les Néerlandais ont d'ailleurs déjà prouvé qu'ils n'étaient pas infaillibles en 2012 avec le passable Requiem For The Indifferent. Mais ayant très bien rebondis avec l'album suivant, qu'allait-il en être de ce nouveau cru ?

Tuons dans l'oeuf tout suspense. Spoiler-alert : The Holographic Principle est excellent. Et pourtant, il ne révolutionne pas les standards du groupe. En fait, il les fait plutôt doucement évoluer, tout en douceur, suffisamment pour que l'intérêt soit renouvelé sans lassitude, et pas assez pour désorienter l'auditeur. Dès les premières pistes, ces légers changements sont très vite visibles : l'album n'est ni composé ni produit de la même façon que ses grands frères. Mark Jansen nous l'avait déjà dit, les titres ont été écrits guitare en main, au lieu d'être d'abord pensés sur un clavier. Quant à la finalisation globale, elle bien plus incisive, brute, avec une vraie mise en avant de la section rythmique. On reconnait le style d'Epica, mais on se prendrait presque à croire que ce nouvel album est produit comme un disque de Metalcore ou de Djent, et pas comme du Metal Symphonique. Les meilleurs exemples pour s'en convaincre sont les premiers titres, Edge Of The Blade et A Phantasmic Parade, mais aussi le gros défouloir en fin d'album qu'est Tear Down Your Walls.

Mais tout ne change pas. Epica propose aussi quelques repères, entre autres sur la façon dont l'album est structuré. Douze pistes, une intro symphonique et instrumentale de deux minutes, un immense pavé éponyme en dernière position, la forme est bien la même qu'à l'accoutumée. Ce dernier titre justement, est aussi une des pierres angulaires de l'album. Après une intro à base de chants grégoriens, The Holographic Principle ne fait plus de concession pendant neuf bonnes minutes de blasts, de growls, d'arrangement épiques et de chœurs grandioses. S'il fallait encore une preuve que les Hollandais n'ont rien perdu de leur talent de compositeurs, la voici.
Bien sûr, d'autres titres mettent en avant la maestria d'Epica (notemment Edge Of The Blade dont le riff principal est l'incarnation de l'expression "simple mais efficace"). L'album entier dégage une sorte de sentiment de maturité, dans le sens "assumé" de leur démarche. Malgré tout, quelques écueils propres au genre traité ne sont pas évités. On notera par exemple l'interlude très "Disney" au milieu de Beyond The Matrix, ou encore l'inévitable ballade Once Upon A Nightmare, qui bien que bien exécutée reste un re-re-recyclage d'un même modèle de chanson calme pour groupe à chanteuse.

Le groupe avait annoncé en 2014 que "Retrospect marquait la première décennie du groupe, et que l'album The Quantum Enigma marquait le début d'une nouvelle ère, plus heavy et modèrne". Si à l'époque cela n'avait été vu que comme un procédé de communication classique, cette déclaration a pourtant un vrai écho aujourd'hui. Car The Holographic Principle est un album vraiment réussi, qui tranche avec les productions précédentes plus par la forme que par le fond. Du Epica, oui, mais pas que : du Epica 2.0 .

A écouter : Tear Down Your Walls, Edge Of The Blade, Divide And Conquer, The Holographic Principle