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Biographie

Entombed

Entombed est un des groupes majeurs du death metal suédois, si ce n'est LE groupe de death de Suède.
En 1987, Nicke Anderson (batterie) et Alex Hellid (guitare) forment Nihilist, plus tard rejoints par LG Petrov au chant, et Johnny Endlund à la basse. Le groupe, probablement le premier groupe de death venu de Suède, enregistre quelques démos qui sont aujourd'hui élevées au rang de cultissime. Nihilist posera les bases du death suédois : un death bien plus lourd et moins technique que son homologue américain. En 1989, le groupe splitte suite à des différends avec Johnny Hedlund qui ira former Unleashed, l'autre groupe majeur suédois. Ce qui reste de Nihilist devient Entombed.

En 1990, après une démo, Entombed sort son premier album Left Hand Path, qui fait l'effet d'une bombe dans le monde du death metal : l'Europe a un nouveau représentant sur la scène death mondiale (rôle qui était à l'époque tenu par nos français oubliés de Mutilated). L'album est un de ceux qui définira le son du death metal suédois : lourd, caverneux et puissant. Le groupe subit de nombreux changements de line-up, passant d'un bassiste à l'autre. En 1991, peu avant l'enregistrement du deuxième album Clandestine, LG Petrov est viré du groupe, et c'est Nicke qui chantera sur cet album.

En 1993, après d'autres problèmes de line-up, sort enfin Wolverine Blues. L'album marque un changement total de style : fini le death metal old school des débuts, Entombed vient d'inventer un nouveau genre : le death'n'roll, mélange de death metal et de hard rock suintant le groove. C'est le début du chaos. Entombed va valser de label en label et de line-up en line-up, le tout au milieu de tournées incessantes.

En 1997, après avoir enfin trouvé un label qui leur convenait (et le retour d'LG Petrov au chant), Entombed sort To Ride, Shoot Straight And Speak The Truth. Peu après, Nicke, batteur à tout faire, quittera malheureusement le groupe. S'en suivra une baisse d'intêret pour Entombed, les médias les délaissant, et les fans regrettant la première heure.

En 2000 sort Uprising, qui amène le groupe à réclamer sa vieille place de numéro un suédois. Entombed arbore une nouvelle image, plus dure, et flirtant avec le satanisme. Les suédois se mettent à travailler d'arrache-pied pour récupérer leur place et sortent rapidement trois disques : Morning Star en 2001 (avec lequel ils reviennent à leur vieux death metal brutal), Son Of Satans Praise The Lord, album de reprises, en 2002, et Inferno en 2003, condensant toutes les périodes du groupe.

Aujourd'hui, Entombed n'attire plus les foules, et est boudé par les médias. Récemment, Uffe Cederlund, guitariste depuis Left Hand Path, a quitté le groupe. Seul un album live a été livré il y a peu. Les fans restants espèrent un regain d'intêret pour la bande, qui ne méritent vraiment pas de sombrer dans l'oubli. Cependant les ennuis continuent, car à l'heure de la sortie de l'EP When In Sodom et de Serpent Saints, Entombed enregistre le départ du batteur remplaçant Peter Stjärvind et de son bassiste Jörgen Sandström. Reste à savoir comment les rescapés LG Petrov, Alex Hellid et Nico Elgstrand vont réagir à l'avenir. Stupeur en 2014, LG Petrov quitte le navire mais souhaite continuer l'aventure, donc pour des raisons juridiques il rebaptise la formation Entombed A.D.

14.5 / 20
3 commentaires (16/20).
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Serpent Saints - The Ten Amendments ( 2007 )

On a beau être fan,il convient d'avouer que les récentes tribulations d'Entombed n'incitaient pas à l'optimisme. Départs en rafale, des dernières productions loins d'être concluantes, tout sentait véritablement le soufre et la fin de règne autour du groupe phare du death suédois avant la sortie de Serpent Saints : The Ten Amendments, premier album chez Candlelight Records.

Sentant passer le vent du boulet les survivants - L.G. Petrov et A. Hellid sont les uniques rescapés de la première mouture - décident de remettre les pendules à l'heure. Vrombissant, épais comme un clafoutis de grand-mère mais curieusement assez digeste, Serpent Saints : The Ten Amendments est, certes, encore loin des capacités destructrices de Left Hand Path, mais la sortie du tunnel est peut-être proche. Pressé d'en découdre le quatuor se lance dans une mêlée qui surprend d'entrée par l'aggressivité primale de "Serpent Saints". Malgré son caractère faux-lent et son exécution très classique, on ressent déjà les signes avant-coureurs d'un regain de forme. De fait la suite s'avère plus solide et plus consistante. Au death n' roll, qui, s'il s'était avéré efficace il y a quelques années, prenait des allures plus approximatives voire caricaturales ces derniers temps, succède une tonalité générale plus old school. Des titres d'inspiration (plutôt) black metal "Masters of Death" et "The Dead, The Dying and The Dying To Be Dead" au très slayerien "When In Sodom" (plus convaincant que sur le ep éponyme, allez savoir pourquoi) en passant par "Amok" et "Thy Kingdom Coma", on sent un Entombed revigoré, qui semble avoir fait fi des errements antérieurs. Petrov y apparaît plus décisif que jamais, à la tête d'une section d'artillerie qui, bien que convalescente suite aux différents changements de line-up n'a, malgré tout, pas à rougir de sa prestation.
Bien évidemment le côté rock n' roll n'est pas complètement absent. Toutefois Entombed prend un malin plaisir à en extraire sa quintessence la plus extrême, privilégiant ses composantes les plus rustiques confinant parfois au punk et donnant lieu à des démonstrations echevelées dans le genre de Motörhead ("Ministry", "Warfare, Plague, Famine, Death").
Plus surprenante en revanche la présence du plus ambitieux "Love Song for Lucifer". Bien que difficile à prononcer tout en conservant son sérieux, il offre le visage d'un Entombed désireux d'explorer un univers tendant plus vers l'ambient, où le travail des voix n'est pas sans rappeler celui de Nivek Ogre (Skinny Puppy).

Au final, Serpent Saints : The Ten Amendments prouve qu'Entombed est loin d'être aussi moribond que l'on veut bien nous le faire croire. Bien évidemment les ficelles, tant sur le plan musical que graphique - on pourra notamment regretter les phallii ailés du premier artwork, sacrifiés sur l'autel du consumérisme bien-pensant au bénéfice d'une représentation fadasse et sans grand intérêt - ne sont pas toujours tressées dans le crin le plus fin mais force est de constater que cette dernière mouture fait plus que tenir le choc après plusieurs écoutes. Après le grand virage de Wolverine Blues les suédois tentent donc une nouvelle réorientation, certes risquée mais qui, Serpent Saints : The Ten Amendments l'atteste, constitue peut-être l'unique planche de salut pour retrouver le lustre d'antan.

A écouter : Master of Death, Amok, Love Song for Lucifer
8 / 20
1 commentaire (15/20).
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When In Sodom EP ( 2006 )

  Après Darkthrone et son EP Too Old, Too Cold sorti quelques semaines avant son nouvel album, et les groupes donnant une exclusivité relative aux plateformes de téléchargement (Head Automatica, Slayer en tête), voici qu’Entombed y va du sien avant l’arrivée dans les bacs de Serpent Saints en septembre 2006. Les vétérans suédois seraient-ils entrés, eux aussi, dans une lutte contre l’immédiateté du web annihilateur de patience ? Ou préfèreraient-ils s’adresser en réalité, sur un ton rassurant, à leur horde de fidèles à l’heure où Peter Stjärvind, Uffe Cederlund, et Jörgen Sandström ont pris la poudre d’escampette ? Si la deuxième solution semble s’imposer, ce When In Sodom suscite décidément bien des interrogations dès sa sortie.

  En tout état de cause, le contenu ne manque pas d’en poser de nouvelles. En effet, on peut légitimement se demander si cet EP dispose d’un intérêt propre si ces cinq titres se retrouvent dans leur intégralité sur le prochain opus. Mais When In Sodom ne pourrait-il pas être en fait un simple épisode dans la carrière d’Entombed ? Ou alors, au contraire, est-ce une nouvelle dynamique préfigurant son avenir proche ? Au vues des titres délaissant totalement le côté rock’n’roll de son death pour l'accoupler désormais aux débordements du thrash, il y a de quoi rester dubitatif.

  Ce n’est pas l’entame plus que moyenne de la chanson titre qui viendra balayer tous les doutes d’un revers de main. A l’instar de la troisième piste Thou Shall Not Kill, il démontre qu’Entombed n’est plus vraiment à l’aise dans le mid-tempo, le tout se faisant très poussif et donnant l’impression de ne jamais réellement décoller, hormis quelques bonnes idées (le trop court break death métal de Thou Shall Not Kill). En revanche, dès que le rythme s’accélère, Entombed gagne déjà un peu plus en efficacité (Carnage) mais n’égalise pas pour autant l’inspiration ravageuse de ses jeunes années en dépit du chant d’ours, toujours aussi mal léché, de LG Petrov.
  Les Scandinaves parviennent néanmoins à surprendre sur cet essai courte durée. Heresy et son groove heavy, moderne et inhabituel pour la formation, n’est pas sans rappeler les meilleurs moments du God Hates Us All de Slayer, tout comme son break acoustique et dérangeant dans une veine très Seasons In The Abyss. Une planante coloration qu’Entombed va, par ailleurs, développer sur Amen par le biais de guitares tantôt acoustiques, tantôt chargées en chorus, mais surtout renforcées par des lignes de piano et un chuchotement des plus inquiétant.

  Malgré tous ses efforts (samples, concept autour du christianisme et son instrumentalisation), Entombed a du mal à convaincre qu’il n’a pas laissé quelques plumes dans ses récents problèmes de line-up. Le statut de When In Sodom étant peu clair, il est bien difficile de se faire une réelle opinion quant à la tournure qu’a pris le groupe, mais Serpent Saints sera peut-être plus à même de remplir ce rôle. Au final, Entombed ne rassure pas plus qu’il n’effraie, la faute à cinq titres d’une qualité beaucoup trop inégale.

Ecouter : When In Sodom sur la page MySpace du groupe.

A écouter : Heresy, Amen