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Biographie

Enter Shikari

Formé sous le nom d'Hybryd en 1999, Enter Shikari prend sa forme définitive en 2003 lors de leur changement de nom et l'arrivée du guitariste Liam Clewlow. Sur une base post-hardcore, le combo sort 3 EP lors de sa première année d'existence (Nodding AcquaintanceAnything Can Happen In The Next Half Hour et Sorry You're Not A Winner) avant le premier opus Take to the Skies qui sort en 2007. Common Dreads le suit 2 ans plus tard, puis A Flash Flood of Colour en 2012 avant l'annonce de The Mindsweep en 2015.
Entre-temps, le combo a lancé son label Ambush Reality (qui a depuis intégré Interscope Records, avec une distribution chez PIAS et et Hopeless Records) et son side-project dubstep Shikari Sound System.
Enter Shikari a tourné avec A Day to Remember, Escape the Fate, August Burns Red ou encore Silverstein, que ce soit au travers de tournées en tête d'affiche ou en support.

Chronique

14.5 / 20
4 commentaires (14.25/20).
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The Mindsweep ( 2015 )

Souvent rattaché au mouvement Metalcore / Nintendocore, à tort, Enter Shikari a pourtant su évoluer et s’imposer petit à petit, avec quelques clips au second degré bien placé et surtout une capacité à faire évoluer sa musique entre différents rythmes. Délaissez ici les envolées Post-Hardcore de haute voltige d’A Flash Flood of Colour ou Common Dreads, le combo prend le parti d’intégrer plus d’éléments Electro dans The Mindsweep. Peu surprenant quand on sait que les musiciens ont en parallèle Shikari Sound System, s’orientant vers des tendances dubstep digitales. Pour autant, ce nouvel album n’est pas un ensemble electro claquant et clinquant : Enter Shikari s’efforce à rester posé, tout en insufflant assez d’énergie pour rester assimilé à cette base Post-Hardcore.

En dehors de cet aspect sautillant, le groupe oriente ses mots vers des thèmes propres à l’évolution de la société (sachant que le frontman est assez présent sur les réseaux sociaux pour certains combats) : « The Bank of England », « Dear Future Historians » ou « The One true Colour », qui pourraient être assez proches des sujets qu’embarque en général Asian Dub Foundation. Les messages passent à l’oreille très facilement, même si les non-anglophones pourront passer au travers de cet aspect d’Enter Shikari sans difficultés.

Ne limiter ce disque qu’à un message anti-système serait toutefois ne voir qu’un aspect d’Enter Shikari. Au-delà des mots, la musique du combo reflète un post-hardcore proche du metal alternatif (et donc du sens anglo-saxon du terme) que de Impure Wilhelmina ou At the Drive In. Certaines similitudes avec les derniers titres de Bring Me the Horizon peuvent surgir, notamment sur « Anaesthesist » pour exemple, mais on reste en général dans des sonorités fraiches (« Torn Apart » et sa base rythmique tressautante) et riches en terme de styles / d’ambiances.

Pourtant, il faut l’avouer, The Mindsweep manque d’un soupçon de peps. Certes, aborder des thèmes dans des rythmiques plus posées n’est pas un tort, loin de là, mais l’équilibre qui régnait sur A Flash Flood of Colour est ici trop instable et des morceaux comme « Anaesthesist » ou « There’s a Price on your Head » sont au final accueillis comme des brins de fraîcheur.
Enter Shikari évolue donc et rappelle le chemin pris par d’autres artistes, s’adoucissant avec le temps (« Dear Future Historians » et son piano) sans pour autant distiller son message dans une soupe imbuvable. Rendons leur au moins cet honneur, celui de garder la même vision de la musique et les mêmes messages, adaptant juste le mode de diffusion à leurs envies.

A écouter : Anaesthesist - Dear Future Historians