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Biographie

Elvin Road

Elvin Road est un groupe de Rock/Electro instrumental aux influences multiples et variées dont les productions s’apparentent à des musiques de films. Fortement inspiré par les films de séries B des années 70-80 et début des années 90, sous la houlette d’Antoine Saison, Elvin Road distille un mélange à la fois intriguant, urbain et classieux. Leur premier album, Intersections, sorti en 2006, se voit suivi en 2010 par Monsters.

Chronique

13.5 / 20
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Monsters ( 2010 )

Annoncé comme un projet mêlant esprit Rock et fortement influencé par la culture cinématographique, au point d'en associer directement les sonorités à des musiques de film, ce nouvel album d'Elvin Road semble à première vue remplir son contrat. Nappes de claviers, ambiances éthérées et empreintes de poésies, on se tourne plus vers la comédie Dramatique que vers un film à sensations fortes ou un thriller nauséabond. 
En effet, l'analogie se fait plutôt avec des films du type Virgin Suicides (Recif), Garden State ou tout autre film empreint d'une mélancolie parfois froide lorsqu'on ne frise pas la folie Lynchienne (Colimaçon, qui lâche ses cris de Pythie sans pourtant se tourner vers une ambiance véritablement inquiétante).
Alors s'il est des ambiances qui se dégagent de cet album d'Elvin Road, ce sont celles des titres comme The Marauder, Colimaçon, Sutured ou Recif, qui poussent vers l'avant cet album. Des compositions de cet acabit dévoilent une vraie subtilité, complétée par une richesse des sentiments mis en exergue sur ces quelques minutes. Il n'aurait fallu que de tels instants pour calfeutrer et retenir les minutes de Monsters afin de ne pas en laisser filer l'essence sur American Fury ou Prom Queen.

Le plus souvent, on pensera (trop?) facilement à Depeche Mode ou Bauhaus, une sorte de Post Punk / Cold Wave un brin gothique par moment (Sutured, ou j'avoue que les nappes de claviers me semblent familières et me font l'effet d'un Love Is Colder Than Death) et l'assimilation à une musique de film n'est en rien volée sur 90% de Monsters

On regrettera malheureusement les lignes vocales assez incertaines de Prom Queen, la production du titre n'aidant pas non plus à rendre hommage aux instruments (le clavier y sonne faux). Le titre American Fury s'avère quant à lui peu convainquant sur sa première moitié, comme un groupe presque sans âme, faussant l'image furieuse et rendant les notes fades. De la même manière, quelques pistes passent sans réel impact sur l'auditeur, ne laissant qu'un vague souvenir après écoute alors que d'autres laissent une empreinte forte sur le centre auditif : Division of Love est à peine terminé que l'on se surprend à rechercher la mélodie, alors qu'un Récif ou Monsters n'ont aucune difficulté à rester en tête.
Un dernier point, peut être plus une appréciation personnelle : la présence de solos. Personnellement plus habitué à ces éléments dans des albums plus thrash, j'ai trouvé ceux présents sur Monsters banals, manquant de cohérence ou tout simplement dispensables. Heureusement, on ne retrouve que peu souvent ces successions de notes sur la totalité du disque.

Avec des sonorités résolument 80's mais des titres bien plus ancrés dans la mouvance actuelle, Elvin Road livre un album peut être pas parfait, mais possédant une véritable empreinte, une personnalité et qui, malgré les quelques accrocs, promet de très bons moments. Pourtant, je pense sérieusement que le combo gagnerait à s'orienter vers ces musiques drapées de mélancolie plutôt que certaines tentatives maladroites de dévoiler un côté plus énervé.

Concernant les lignes de chant, le groupe a changé de chanteur depuis l'enregistrement de Monsters, ce qui donnera aux prestations lives un autre aspect.

A écouter : Recif - Sutured - Colimaçon
Elvin Road

Style : Rock / Electro
Tags : -
Origine : France
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