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Biographie

Dropkick Murphys

Al Barr - chant
Ken Casey - basse, chant
Matt Kelly – batterie
James Lynch – guitare
Tim Brennan - accordéon, mandoline, flûte, guitare, chant
Scruffy Wallace - Cornemuse


Dropkick Murphys voit le jour à Boston en 1996. A l'origine, le groupe n'est en fait qu'un prétexte pour certains potes de se retrouver et de faire la fête. Les débuts ont lieu dans le salon de coiffure d'un collègue et l'objectif est de trouver un savant mélange de toutes les influences musicales avec lesquelles les membres ont grandi (punk rock, irish folk, rock et hardcore). Très rapidement, les Dropkick Murphys trouvent un écho favorable au travers de la population et décroche assez rapidement un deal avec Hellcat Records, division street punk d'Epitaph. Le groupe sort son premier skeud Do Or Die en 1997. A l'époque, les Dropkick Murphys ne forment encore qu'un quatuor classique avec Mike MacColgan au chant, qui sera remplacé par Al Barr dès l'enregistrement de The Gang's All Here. Musicalement le groupe est ambitieux et ne se satisfait plus d'une formule à quatre. Un guitariste supplémentaire est recruté ainsi que des spécialistes des instruments folkloriques tels que Ryan Foltz et Spicy MacHaggis, le joueur de cornemuse célébré dans "The Spicy MacHaggis Jig", qui deviennent membres à part entière à compter de Sing Loud Sing Proud en 2000.

Cinq albums plus tard, Dropkick Murphys est devenu un groupe incontournable de la scène US et continue à élargir son public tout en restant fidèle à ses racines et à sa base punk.

13.5 / 20
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11 Short Stories Of Pain & Glory ( 2017 )

Après une longue attente de près de 4 ans (à 2 jours près) depuis la sortie de Signed and Sealed in Blood, nous pouvons enfin découvrir le premier des deux albums, rien que ça, promis par les Dropkick Murphys pour cette année 2017. Qui peut le plus peut le moins, mais l’inverse n’étant pas forcément vrai, c’est avec une légère appréhension que l’on attendait l’arrivée de ce 11 Short Stories Of Pain&Glory.

L’album débute par une longue piste instrumentale, choix peut-être discutable mais qui a le mérite de mettre en place toute la logistique musicale des Dropkick Murphys et préparer l’auditeur pour la suite : le côté Folk prend effectivement le dessus par rapport au côté Punk tout au long des 11 chansons qui composent le disque. Et si Rebels With A Cause est là pour apporter la dose syndicale d’énergie, il ressort surtout une forte impression de mélancolie à l’écoute de cet album, entrecoupée de petits moments de réjouissance (le potache First Class Loser, qui parle de tous ces boulets qui nous entourent) ou de rédemption (Paying My Way et son solo d’harmonica plaintif). Les Dropkick n’oublient cependant pas de se faire plaisir avec le traditionnel You’ll Never Walk Alone. Titre issu de la comédie musicale Carousel, adapté ensuite en film, et devenu depuis les années 60 l’hymne du club de foot de Liverpool, il s’agit sûrement d’une des chansons qui a été le plus reprise, après My Way. Après un début très lent et chaloupé, leur version prend rapidement une tournure des plus entraînantes avec un mur de choeurs et le thème joué à la cornemuse.

Au fil des écoutes on se laisse happer par les mélodies, la magie des instruments traditionnels opérant. On pourrait même regretter que l’album ne soit pas sorti pour Noël, il aurait collé parfaitement à l’esprit. C’est peut-être ce que l’on pourrait reprocher à ces 11 Short Stories of Pain&Glory : un léger manque de folie, un important manque de fougue et une bonne dose de niaque. Pas assez de sueur aussi, ce qui est paradoxal puisque cet album a été enregistré au Texas. Ultime témoignage de ce constat avec la chanson qui clôt l’album, Until The Next Time. Foncièrement sympathique (et le mot est faible), rappelant Madness côté inspiration (avec cette ligne de piano), elle dénote cependant du reste de l’album, et du répertoire du groupe. Une prise de risque en quelque sorte, pleinement assumée, mais qui ne plaira pas forcément à tous les fans. Elle aura cependant pour mérite de constituer une parfaite fin pour les concerts à venir, où l’on pourra se faire des câlins tous ensemble pendant le rappel.

Suivant ce à quoi vous attendiez de cet album, vous pourriez rester sur votre faim. Étant eux-mêmes fans de boxe, c’est qu’on aurait pu attendre un peu plus de bagarre de la part des Bostoniens, un uppercut ou deux et un crochet du droit en rab pour pimenter le tout. En tout cas, il s’agit là d’un album honnête, au sens noble de l’expression, chargé d'émotion et de bons sentiments. Après une année 2016 éprouvante, peut-être qu'il ne pouvait pas en être autrement. Il ne nous reste plus qu’à attendre le deuxième round prévu avant la fin de l’année, en espérant cette fois de se faire mettre K.O..

A écouter : pour se remonter le moral
13.5 / 20
4 commentaires (16.13/20).
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The Meanest Of Times ( 2007 )

Impossible de dissocier Dropkick Murphys de la ville de Boston. Le précédent opus The Warrior Code, sorti quelques mois après la victoire aux championnats du monde de l’équipe de Baseball locale – les Red Sox - rendait hommage à la team au travers d’un superbe titre remis au goût du jour "Tessie". Cette fois, les rôles sont inversés, The Meanest of Times sort le 18 Septembre 2007, et comme pour la plus belle des récompenses, la franchise du Massaschusetts décroche une nouvelle couronne. Tout commence sous les meilleurs auspices.

Laissons donc les considérations sportives de coté, de prime abord The Meanest Of Times apparaît par son imagerie sombre, presque austère. Une première écoute confirmera ce sentiment : cet album est certainement le plus grave composé par le groupe. On y retrouve pourtant l’orientation choisie depuis près de 3 albums : le Street Punk « basique » est presque abandonné pour privilégier un coté Irish (en vogue vue l’éclosion ou la renaissance de nombreux groupes évoluant dans ce registre : Flogging Molly, Bloody Irish Boys, Blood Or Whiskey ) porté en quasi-permanence par la corne-muse de Scruffy Wallace, l’accordéon, la mandoline et la flûte de Tim Brennan.
Mais ce qui a souvent été assimilé - à tord ou à raison - à une tendance festive, prend ici une dimension traditionnelle. Et résume ainsi, la dualité de cette musique aux textes historiques, pouvant être entraînante mais sérieuse et triste à la fois, comme le fait si bien Eire Og sur "Sunday, Bloody Sunday" pour ne citer qu’un titre.
On y retrouve ainsi les ingrédients qui ont fait ce que Dropkick Murphys est devenu, et les titres sur les différents tempos fonctionnent à merveille : les rapides et entraînants "Famous for Nothing" et "God Willing" donnent encore une fois l’envie de s’user dans une fosse ; "The State of Massachusetts" rempli pleinement son rôle de morceau historico-dansant comme le désormais classique "I’m Shipping Up to Boston" ; "Flannigans Balls" décliné sous deux versions et matraqué sur le net plusieurs semaines avant la sortie du disque fait office de single ravageur ; "Shattered" est LE morceau énervé (dans la directe lignée de "Citizen CIA") ; "Fairmount Hill" la ballade triste ; et pour terminer "Johnny, I Hardly Knew Ya" sort vainqueur au jeu de la reprise ravageuse qui imprime les esprits (et pour cause ce titre irlandais anti-militariste et anti-recrutement, chanté durant la guerre du Ceylan, apparaît forcement familier car déjà réarrangé par les Clash sur le classique "English Civil War"
Cependant, malgré une interprétation de qualité et une alternance des chants toujours aussi pertinente, les 46 minutes du disque paraissent parfois longues à surmonter. Non pas que des pistes apparaissent moins inspirées ; mais plutôt parce que pour la première fois, Dropkick Murphys semble tourner en rond. Effectivement chaque titre semble trouver son pendant dans l’album précédent, annihilant ainsi tout effet de surprise, toute bribe d’originalité, et rendant l’ensemble presque redondant.

On se consolera donc en laissant une fois de plus tourner ce disque de qualité jusqu’à en connaître le moindre des refrains, mais en espérant que pour la prochaine mouture la bande de Boston saura nous prendre de court comme ils l’avaient si bien fait lors du passage entre The Gang’s All Here (1999) et Sing Loud, Sing Proud (2000)… ou comme l’ont si bien fait les Red Sox durant ce mois d’Octobre 2007…

Ecoutez "Flannigans Balls" et "The State Of Massaschusetts" sur la page MySpace du groupe.

A écouter : "Famous for Nothing" ; "Johnny, I Hardly Knew Ya" ; "The State of Massachusetts"
16 / 20
5 commentaires (17.2/20).
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The Warrior's Code ( 2005 )

Ce n'est pas un hasard si les Dropkick Murphys ont choisi un boxeur pour illustrer la couverture de leur cinquième album The Warrior's Code. Manière de rendre hommage à Mickey Ward, ami et modèle pour la plupart des membres du groupe, issu comme eux de quartiers défavorisés et symbole d'espoir, démontrant que l'abnégation, la combativité, le respect peuvent parfois amener à accomplir de grandes choses quelle que soit l'origine sociale. De fait, progressivement et à coups de poings, le gang de Boston est parvenu à se faire une place de choix sur la scène punk, jusqu'à devenir le groupe le plus en vue de la scène us.    
Avec The Warrior's Code, les Dropkick Murphys continuent leur quête des origines par leur alliage de musique traditionnelle irlandaise, de punk et de hardcore. En butinant à droite à gauche, le groupe est actuellement le seul classé dans la catégorie punk à permettre la jonction entre plusieurs générations.
Ainsi, par rapport à Blackout, les Dropkick Murphys allouent une place beaucoup plus importante aux instruments traditionnels - violon dans "Captain Kelly's Kitchen", accordéon sur "I'm Shipping Up To Boston", cornemuse un peu partout - donnant aux morceaux une consonnance assez unique. Et c'est là justement où les Dropkick Murphys excellent, dans cette capacité à concilier ambiance traditionnelle et tendance plus moderne sans tomber dans la caricature. The Warrior's Code forme un bloc homogène d'énergie, respirant la sueur, la bière renversée sur les tee shirts, propice au sing along ("The Warrior's Code, "The Walking Dead"), où l'envie de pogoter reste encore présente, notamment sur les sulfureux "Citizen CIA", "The Last Letter Home", "Your Spirits Alive", à tendance punk qui tache, voire même hardcore, tout en laissant de plus en plus souvent la place à une envie de danser bras dessus bras dessous comme c'est le cas sur "Sunshine Highway" ou "Wicked Sensitive Crew". Mention spéciale également au duo Casey/Barr qui, une fois de plus, fait des merveilles au chant, le premier avec sa voix brute de braillard, le second plus subtil mais aussi agressif si ce n'est plus, au timbre qui en fait assurément l'un des meilleurs chanteurs punks en activité. 

Toutefois, ce serait une erreur de classer les Dropkick Murphys dans la catégorie des groupes uniquement festifs. En effet, même si l'album fait la part belle aux chansons de ce genre, il convient de souligner que les textes le sont parfois un peu moins, délivrant des messages à caractère plutôt social, le groupe soutenant ouvertement les syndicats et s'étant récemment impliqué dans le combat contre la réélection de Bush dans la compil Rock Against Bush. Les Dropkick Murphys parviennent même à nous faire frissonner jusqu'aux oreilles sur le morceau "The Green Fields of France", du même acabit que "Forever" sur Sing Loud Sing Proud, sorte de ballade mélancolique emmenée par Al Barr, uniquement soutenu par le piano de Marc Orrell et le léger gazouillement d'une flûte.

The Warrior's Code est la concrétisation du travail d'un groupe en pleine bourre, à qui tout réussit, comme en témoigne le morceau "Tessie" qui clôt l'album, commande du club de base-ball des Red Socks de Boston pour rajeunir leur hymne et qui, coïncidence, allait obtenir cette année-là leur premier titre de champion depuis 80 ans. Sans opérer de remise en cause, mais sans se reposer sur ses lauriers pour autant, les Dropkick Murphys signent là une oeuvre humble et ambitieuse à la fois, d'une touchante sincérité, et d'une grande qualité.

T

A écouter : "Citizen CIA", "The Green Fields of France", "The Last Letter Home"