De l'obscurité et du désespoir, des aurores de fin du monde et des soleils noirs, Drip Of Lies sonne le glas dès le premier titre de Failure. Après un ep très tragedyen, le groupe avance dans les opacités ténébreuses du déclin du monde avec des compositions dégrossies où s’immiscent amplitude et finesse.
Sur une base d/beat des plus classiques, aux accents rustiques et directs, déferlant en saillies brutales et agressives ("Manifesto"), se greffe un néo crust sombre et mélancolique au mélodies aériennes, baignant dans une aura de désolation et de tristesse ("Failure", "Outro"). Une voix profonde et gutturale, écumante de rage, s'agrège à cette musique à la fois abrupte et délicate, comme si Lies Feed The Machine se parait de la poésie d'Alpinist. Failure dégage une fougue hargneuse et sauvage, doublée d'un élan épique, tel un combat mêlé de regrets et d'amertume ; visions d'un futur qui ne peut plus être, d'un passé déjà corrompu, d'un présent déshumanisé sombrant inéluctablement dans les ténèbres d'une agonie létale annoncée.
Drip Of Lies se fend d'un album solide aux riffs puissants et aux mélodies inspirées dont la longueur, parfaitement adéquate, n'engendre aucune lassitude. Et certains titres parviennent à imposer des atmosphères angoissantes ou émouvantes, comme la première partie de "Not A Part". Failure n'est certes pas révolutionnaire et ne révèle aucune réelle surprise, néanmoins, tout sonne juste dans cette réalisation qui se réécoute aisément tant elle possède d'efficacité, restant enlevée de bout en bout. Un album engagé mais qui reste humble à l'image de ce groupe qui semble encore posséder une large marge de progression.
Les titres "Failure" et "Manifesto" sont en écoute sur Bandcamp ou sur le site du groupe.
A écouter : 100 Times, Failure, Not A Part, Manifesto