Bottes et culottes de moto, blousons de cuir noir avec aigle sur le dos. Après une relative accalmie, Tomas Lindberg réactive At The Gates, envoie Skitsystem aux oubliettes tout en conservant un orteil dans la nébuleuse crust en remettant un coup de kit sur Disfear.
Quatrième album des suédois, Live the Storm apparaît comme un pic de tout ce que la scène scandi crust et kang a apporté au style depuis quelques années. Aussi puissant que Skitsystem, aussi rapide que Krigshot, aussi gras que Entombed (la présence de Uffe Cederlund y est certainement pour quelque chose), Disfear transpire la graisse de moteur et le camboui dans une démonstration motorisée qui, à coups sûr, laissera des traces de gomme sur la chaussée.
Au quart de tour, la machine rugit, fait des burns puis s'emballe. Disfear nous entraîne dans une opération de déboisement des forêts scandinaves. Pas d'ambition autre ici que de résonner de manière brute et brutale. Live the Storm suinte de fièvre, déclenche spasmes à la pelle par ses grosses ficelles, presque aussi importantes que le son de malade proposé par Kurt Ballou. Section rythmique fièrement mise en avant, cavalcades d-beat en chaîne, entrecoupées de soli rock n' roll volontairement désuets ("Fiery Father"), chant barbare de Tomas Lindberg, on reste donc dans le traditionnel, l'ancestral pour ne pas dire le canonique. Mais pas le cagneux. En effet, même si "Get it Off" nous fait entrer dans le bain de manière assez tranquille, la suite s'avère être d'un autre acabit et on se retrouve pris dans un tourbillon de riffs aussi destructeurs les uns que les autres. Même avec quasi vingt années dans les pattes, Disfear démontre qu'il en a encore dans la musette, nous maintenant avec autorité la tête sous l'eau - l'enchaînement "Deadweight"/"The Cage" vaut à lui seul le pom pom - et ne nous permettant que de manière sporadique de reprendre souffle ("Phantom", "The Furnace"), histoire de parvenir au bout de la galette sans trop de casse.
Solide, enthousiaste, puissant, Live the Storm constitue le meilleur moyen pour commencer l'année sous les meilleurs auspices, de repousser pendant un temps la morosité conjoncturelle. On pensait avoir perdu avec Skitsystem un des plus beaux fleurons du kang suédois, on retrouve en Disfear un candidat surmotivé et surinspiré. Favori.
Sur MS : "The Cage", "Get it Off".
A écouter : Deadweight, The Cage, Testament.