Découverte
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Biographie

Die Apokalyptischen Reiter

Die Apokalyptischen Reiter est un groupe de metal allemand formé en 1995 par Fuchs (chant/guitare, alors connu sous le nom d'Eumel) et Skelleton (batterie), bientôt rejoints par Volk-Man (basse) et Dr. Pest (claviers). Le groupe officie d'abord dans un registre death teinté de folk et alterne les textes en Anglais et en Allemand. Le premier album, Soft And Stronger, sort en 1997, suivi en 1999 par Allegro Barbaro. 2000 est marquée par le départ de Skelleton, remplacé par Sir G, ainsi que par la sortie de All You Need Is Love, qui rencontre un certain succès.
Suite à une blessure au coude de Fuchs en 2002, le groupe intègre un second guitariste, Pitrone, et les désormais cinq cavaliers de l'apocalypse signent chez Nuclear Blast pour la sortie de Have A Nice Trip en 2003 puis de Samurai fin 2004, où le côté death des débuts est délaissé au profit d'un chant clair et de compositions plus accessibles. Riders On The Storm, en 2006, est le dernier album avec Pitrone, remplacé en 2008 par Lady Cat-Man, elle-même remplacée dès l'année suivante par Ady. 2008 voit aussi la sortie de Licht, premier album intégralement en Allemand, exemple que suivront Moral&Wahnsinn en 2011 et Tief. Tiefer. en 2014.
Après une pause en 2016, le groupe revient en 2017 avec son dixième album, Der Rote Reiter.

Chronique

15 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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Der Rote Reiter ( 2017 )

2015. Vingtième anniversaire pour nos Cavaliers De L'Apocalypse, l'occasion d'organiser le plus long concert de leur histoire, pas moins de 33 titres joués (plus une intro) piochés dans toute la discographie du combo, un live enregistré et présent sous forme de blu-ray dans l'édition limitée de Der Rote Reiter. Pourquoi commencer en parlant du bonus ? Tout simplement parce qu'en plus de célébrer un anniversaire, cet événement, intitulé "Das Letzte Abendmahl" (que l'on pourrait traduire par "la dernière communion" ou "la Cène") faisait office de dernier concert avant un hiatus à durée indéterminée. On nous affirme même qu'il aurait pu être le dernier... tout court.
Et pourtant, moins de deux ans plus tard, trois ans après un Tief. Tiefer. quelque peu décevant, voilà que débarque la dixième offrande du groupe derrière une jaquette évoquant celle de Riders On The Storm en version rouge. Autant dire que ceux qui ne suivent pas de près l'actualité des Reiter n'auront pas eu le temps de s'affoler, pourtant ils l'annoncent dès le titre d'ouverture : Wir Sind Zurück (nous sommes de retour). La question se pose alors : retour dans la continuité, ou vrai retour fracassant ? Un peu des deux, en fait.

Le susnommé Wir Sind Zurück, diablement énergique, pourrait très bien être issu de l'un des précédents albums si ce n'est par son côté subtilement plus sombre, plus énervé, comme pour annoncer la suite : Der Rote Reiter marque le grand retour des sonorités Death et du growl de Fuchs. Attention, on n'a pas affaire à un disque de Death, mais il est clair que Die Apokalyptischen Reiter n'avait pas sonné aussi Metal depuis bien longtemps, probablement depuis l'énorme All You Need Is Love. Affirmer que ça avait manqué serait exagéré, Moral&Wahnsinn réussissait à être très bon tout en restant très "soft". N'empêche, ça fait plaisir à entendre.
À l'écoute, l'ensemble sonne un peu comme une synthèse de tout ce qu'a pu faire le groupe par le passé. C'est énergique et particulièrement varié, les influences sont diverses, de quelques sonorités Indus que ne renierait pas Rammstein (Hört Mich An, le pont de Der Rote Reiter) à la présence de deux mantras hurlés en gurmukhi dans l'excellente The Great Experience Of Ecstasy (qui malgré son titre ne comprend que deux lignes en anglais, l'allemand reste bien la langue quasi exclusive de l'album). On pourra en revanche regretter l'absence d'instruments plus classiques (violon, trompette...) qui apportaient beaucoup aux ambiances de Have A Nice Trip, Riders On The Storm ou Moral&Wahnsinn, ici on ne comptera que sur les claviers parfois discrets mais toujours bienvenus de l'excentrique Dr. Pest et évidemment sur l'extravagance omniprésente de nos compères Cavaliers.
Question reproches, si un grain de démence a toujours agrémenté les compositions des Reiter, il est malheureusement absent des structures : tous les titres sont construits suivant le même schéma banal, et si cela n'entache pas nécessairement le plaisir d'écoute, le manque de surprise dans les compositions les plus faibles (Auf Und Nieder, Folgt uns, Franz Weiss, Ich Bin Weg, pourtant assez efficaces prises isolément) pourra induire une petite impression de longueur sur l'ensemble du disque.

Au final, on retiendra un album qui, bien que figurant en bonne position dans la discographie du groupe, ne parvient pas tout à fait à se mesurer à la folie furieuse d'un All You Need Is Love ni à celle, plus douce mais non moins secouée, d'un Moral&Wahnsinn. Nous voilà rassurés, on peut encore compter sur les Reiter ; maintenant, tous les éléments sont réunis pour que le prochain soit vraiment mémorable.

A écouter : Der Rote Reiter - Hört Mich An - The Great Experience Of Ecstasy - Herz In Flammen - Ich Nehm Dir Deine Welt