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Biographie

Diablo Swing Orchestra

La vraie histoire remonte au début du XVIème siècle, où les têtes des membres d’un orchestre à succès furent mises à prix par l’église Luthérienne, les accusant, eux et leur musique, d’être l’oeuvre du Malin. La troupe se voit alors dans l’obligation de mener une vie de fugitif, jusqu’au jour où ils décident de se montrer une dernière fois au public pour un concert grandiose. Avant de monter sur scène, les musiciens scellent un pacte relatant que leurs âmes se retrouveraient 500 ans plus tard pour reformer l’orchestre.
A la fin du « concert d’adieu », on brûla toutes les partitions et les membres furent arrêtés puis pendus...

Nous sommes en 2003, et c’est en Suède, à Stockholm, que six musiciens décident de monter Diablo Swing Orchestra (DSO). Si il n’est pas évident de décrire l’énergumène qu’est DSO, le patronyme peut nous mettre sur la voie : le "diablo" symbolise ces rythmiques pêchues, rock voir metal, le "swing" fait référence à cette interprétation jazzy de la musique, et l’"orchestra" est justifié par ce panel d’instruments utilisés par la formation. Un concept unique, d’autant plus quand on sait que tout cela est accompagné d’une chanteuse d’opérette. Une mixture détonante qui en 2006, dès la sortie du premier album, « The Butcher's Ballroom », n’aura pas échappée à l’oeil des médias spécialisés.

Les suédois se font maintenant attendre et c’est en Octobre 2009 que débarque le second album du groupe, « Sing-Along Songs for the Damned & Delirious ».

Line-up:
Daniel Håkansson - Guitares
Ann-Louice Lögdlund - Chant
Pontus Mantefors – Guitares et Synthé
Andy Johansson - Basse
Johannes Bergion - Violoncelle
Andreas Halvardsson - Batterie

Chronique

15.5 / 20
2 commentaires (17.25/20).
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Sing-Along Songs for the Damned and Delirious ( 2009 )

The Butchers balroom, un voyage riche et tumultueux avec lequel DSO a fait ses preuves en 2006. Grosse claque musicale dans la sphère metal et pour les mélomanes les plus réceptifs qui, d’un seul coup, se sont vu transporter sur un terrain où personne n’avait encore mis les pieds. Du flamenco au rock, du jazz à l’opéra, le tout assaisonné à la sauce metal…Un premier jet qui transpirait l’imagination, la maturité et l’excentrisme à un tel degré qu’on pouvait se demander comment la troupe infernale allait être au moins aussi bonne par la suite.

Eh bien la surprise en moins, le pari est plutôt réussi. DSO bluffe par son éclectisme et son aisance à brasser, une nouvelle fois, une foultitude de styles. Jamais un groupe affilié au metal n’aura atteint un aspect si burlesque. Formation rock à l’exception d’une chanteuse soprano et  d’un violoncelliste, on relève également les apparitions succinctes d’un trombone, d’une trompette, d’une contrebasse, d’un piano, d’un accordéon et j’en passe! On peut ajouter au tableau, en plus de l’organe de miss Annloice Wolgers, des voix masculines, dont celle du baryton Kosma Ranuer. L’arsenal parait chargé mais la musique n’en n’ai pas moins assimilable !

Si le précédent opus proposait plusieurs destinations comme l’Egypte ou l’Espagne, ici les escales se feront à la Nouvelle-Orléans et en Russie avec Vodka Inferno, introduit par un thème de fête foraine version psyché des plus réussi. Ce qui n’empêche pas le groupe de combiner son langage de base avec de nombreuses autres empruntes ethniques, voir des micros passages électroniques. Mais les influences sont tellement digérées, remaniées et mélangées qu’il est difficile de véritablement se situer géographiquement et historiquement dans un même titre.

Parfois grandiloquent, parfois plus intimiste, les cavalcades rockisante embrassent des passages acoustiques amplis de sentiments et de charmes. Les rouages de cet engrenage multicolore sont parfaitement huilés et toutes les transitions relèvent d’un important niveau musical.
Cette fois, le groupe semble avoir beaucoup travaillé sur le groove, prépondérant ici et où le pic d’efficacité est atteint sur les parties percussions tribales de Lucy Fears The Morning Star et Ricerca Dell'Anima.

De l’avant-garde certes, mais accessible et digérable. Après ce n’est pas parce qu’on fait dans le supra original qu’il faut acquiescer sans conviction. Cette nouvelle tambouille m’a laissé un goût amer lors de sa découverte. The Butcher's Ballroom m’avait tellement fait halluciner que je m’attendais à reprendre une baffe monumentale et à faire trois tour dans mes baskets. Mais non. DSO peaufine le filon de son world metal théâtral sous fond de swing jazz et de lyrisme, ce qui est loin d’être mauvais, mais le combo se voit finalement contraint de s’inscrire dans un registre général et c’est ce qui dommage. «La surprise en moins», comme mentionné plus haut…

Mais trêve de morale. DSO possède une interprétation sans faille et reste un régal auditif pour quiconque est ouvert à la découverte et au voyage. Laissez vous chatouiller au moins une fois par cet arlequin et vous n’aurez aucun mal à vous plonger dans un rêve digne d’un batifolage entre Tex Avery et Tim Burton !

On applaudira de nouveau la version digipack de l’album à l’artwork splendide et dont le bonus DVD contient une version 16bits de Balrog Boogie et une présentation vidéo originale du groupe.

A écouter : pour le depaysement