Attention, argument (promo' ?) choc ! : "This is one of the best albums we've ever released...and we've put out 120 records over the last decade". Sortis de la bouche de n'importe quel dirigeant de label/maison de disque, ces mots n'induiront que scepticisme auprès des lecteurs/auditeurs en tout genre; sortis de la bouche de John Szuch, co-fondateur de Deep Elm Records, signataire de tueries telles Clair de Lune, Camber, Latterman, Sounds Like Violence, j'en passe et des meilleurs, tout de suite le scepticisme (ndlr : objectivisme quand tu nous tiens) est moindre, mais tout de même croissant et mêlé à une forte excitation quand le bonhomme se permet de rajouter: "If this was the last record we ever put out, I would die happy and consider Deep Elm's mission accomplished [...]". Rien que ça !
Et comme à l'accoutumée, sauf exceptions minimes(Eleven Minutes Away), le monsieur a encore une fois raison. Certes, Aurora n'arrive pas forcément à égaler d'autres sorties, mais il n'en reste pas moins un véritable "melting-pop" deluxe, alternant morceaux pop punk rock péchus ("Cap Gun"; "Speed Bump") que les amateurs de The Draft apprécieront, power pop moins nerveuse ("Don't Fail Me"; "Working Class Daydream") qui conviendra davantage aux fans de Weezer et autres Foo Fighters. Et quitte à pousser dans le less-raw, pourquoi ne pas y aller de sa franche ballade, les doigts glissant dans le dos, avec "Waiting" en clôture et surtout "Nonfiction", hommage des frères Staszewski à leur père décédé durant l'enregistrement du disque. Un disque dont la production a par ailleurs été confiée à Chris Badam (Midtown, The Early November,...) qui voit également la participation d'invités tels que Peter Curry (Los Straitjackets) et Jordan Crouse (The June Spirit, Fire Divine), et qui, au final, regorge de tubes intelligents, bourrés de sincérité, à la mélodie indélébile, et c'est systématique ! J'en veux pour preuve les 10 titres et 10 refrains que vous ne pourrez vous empêcher de fredonner (ndlr : oui toi lecteur du fond, prends-moi...au mot bien sûr, défie-moi, va écouter !).
Bref, vous l'aurez compris, outre les références aguicheuses, Aurora est surtout un album de power pop comme on en fait plus, et comme en cherchent désespérement les possesseurs de Thriller (New End Original), Deadbeat Sweetheartbeat (The Juliana Theory) et, bien sûr, de Bleed American (Jimmy Eat World). A ce propos, les (mal)heureux acquéreurs de Chase This Light pourront s'en délester ici, et procéder à un meilleur investissement là (ndlr : quel hérétique je fais!). Allez, le juste mot de la fin à John : "Desoto Jones deserves everything coming to them. They are good. Just Listen".
A écouter : jusqu'à l'aurore...