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Biographie

Death Cab For Cutie

Death Cab For Cutie est, en 1997, un one-man band indie fondé par Ben Gibbard. Le nom lui est inspiré par une chanson jouée par le Bonzo Dog Doo-Dah Band dans le film des Beatles, Magical Mystery Tour. Gibbard sort son premier album, You Can Play These Songs with Chords, en 1997 et s'entoure rapidement d'autres musiciens: Chris Walla à la guitare, Nick Harmer à la basse et Nathan Good à la batterie, Gibbard assurant pour sa part la 2e guitare et le chant.
Inspiré par les petites histoires de se localité, le groupe annonce un premier album, Something About Airplanes en 1998, favorablement reçu dans le milieu indie local. Entre quelques changements de line-up à la batterie, DCFC sort coup sur coup We Have the Facts and We're Voting Yes (2000) et The Photo Album (2001). A partir de ce moment, la voix éternellement adolescente de Gibbard et ses accords de guitare nostalgiques ne cesseront de gagner en notoriété par l'intermédiaire, notamment, de participations à diverses bandes originales de séries et films.

Une notoriété qui culmine en 2003 par la sortie de l'excellent Transatlanticism (reconnu encore maintenant comme leur meilleur album à ce jour) et leur signature surprise sur la major Atlantic Records en 2004. Un contrat qui ne manque pas d'inquiéter les fans qui accueillent tièdement Plans un an plus tard. Incontestablement, le groupe s'est fait plus catchy, facilitant ses mélodies, s'ouvrant à une audience plus large (vainqueur du Grammy Awards de l'album de musique alternative la même année) et qui lui permet de devenir le chantre de l'indie rock made in US et de débarquer en Europe. L'activité grandissante du groupe oblige Gibbard à mettre en hiatus sa collaboration electro-pop avec Jimmy Tamborello (sous le nom de The Postal Service) malgré un album prometteur sorti en 2003.

C'est dans ce contexte qu'une attente fébrile et exagérée entoure la sortie du dernier album en date de DCFC en 2008, Narrow Stairs. Fakes et spéculations vont bon train sur un disque annoncé comme plus abrasif et dissonant par le groupe lui-même. En guise de pied de nez supplémentaire aux sceptiques, le premier extrait "I Will Possess Your Heart" est délivré 3 mois avant la sortie de l'album. Il dure plus de 8 minutes.

En 2009, Ben Gibbard s'associe avec Jay Farrar pour livrer un album Folk / Americana inspiré du roman de Jack Kerouac, Big Sur.

Chronique

13 / 20
2 commentaires (14/20).
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Narrow Stairs ( 2008 )

Après avoir franchi un nouveau cap avec la signature chez Atlantic Records et un Plans au son et aux mélodies résolument consensuels, Death Cab for Cutie annonçait cette fois-ci une nouvelle tournure et un album plus ‘lourd’ et plus ‘dissonant’ (sic).

Soyons francs, Narrow Stairs ne déstabilisera personne. Il est plutôt témoin de l’ambigüité à laquelle doit faire face le groupe, coincé entre son nouveau statut de flambeau de la scène indie et l’intimité que requiert la mélancolie de ses chansons.

Si l’album ne surprend pas sur le fond - Death Cab oblige- on retrouve ces airs légers mêlant piano et guitares douces avec, en toile de fond, la voix mi-sucrée mi-désabusée de Gibbard, c’est plutôt du côté des émotions dégagées qu’il faut chercher le manque. Dans la lignée de Plans, la rythmique poppy prend le pas sur le soin apporté aux mélodies, trop policées, qui perdent alors leur capacité à émouvoir ("No Sunlights"). Alternant sans cesse entre des morceaux au rythme soutenu à l’intérêt variable et à l’affect moins immédiat (fatigant "Long Division" malgré une montée bien amenée) et d’autres plus low tempo, le groupe n’est cependant jamais aussi touchant que lorsqu’il prend le temps de ralentir et de raconter ses histoires ; ainsi le fade "You Can Do Better Than Me"  tranche avec le magnifique "Grapevine fires", son piano et ses chœurs au milieu d’un vignoble embrasé. A l’instar d’un "Talking Bird" à l’instrumentation lascive, presque bluesy, rappelant les meilleurs moments de Transatlanticism, Ben Gibbard chavire lorsqu’il adopte ce ton confidentiel qui sied tant pour chanter le temps perdu et les regrets qui en découlent.

Que reste-t-il alors de nos amours ? Un peu d’amertume certes, malgré une volonté de se renouveler malgré tout.  "I Will Possess Your Heart", 8 minutes, pour présenter l’album était osée. Durant plus de 4 minutes, le groupe prend le temps de poser son ambiance, une boucle de basse sur laquelle viennent progressivement se greffer les autres instruments avant un final dans le pur jus Death Cab. Une prise de risque (mesurée, soit) qui a toutefois du mal à trouver sa place sur cet album, la faute à un tracklisting mal ordonné où les morceaux s’enchainent en creux sans véritable cohésion. La même sensation bancale apparaît quand débutent les percussions de "Pity and Fear" que viennent stopper un refrain convenu et une fin abrupte. Au bout du compte, des tentatives trop timides et pas assez mises en valeur pour permettre à cet album de prendre l’envol tant attendu.

Death Cab restera Death Cab, oui, un peu plus près des étoiles certes, mais un peu plus loin de nous. Comme un vieil ami qu’on perd lentement de vue.

A écouter : Malgr tout