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Biographie

Deafheaven

Deafheaven se forme en 2010 et est originaire de San Francisco. Derek Prine (Basse), Trevor Deschryver (Baterrie), Nick Bassett (Guitare), Kerry McCoy (Guitare) et George Clarke (Chant) décident de jouer un Black-Metal Atmosphérique très personnel, inspiré du Post-Rock et du Screamo avec des groupes comme EnvyGodspeed You Black Emperor, ou Xasthur. Le succès du groupe est immédiat car après une démo en 2010, Deafheaven signe chez Deathswish pour un premier ep en 2011, mais surtout Roads To Judah qui fait beaucoup parler d'eux sur le web. Très loin des standards du Black-Metal et ayant signé sur un label de Hardcore, le groupe tourne aux côtés de groupes tels que Touché Amoré, Torch Runner, Ken Mode et même Kylesa.

Split avec Bosse-De-Nage ( 2012 )

Il n'y a pas 36 façons de réaliser une reprise d'un groupe. Soit on applique à la lettre la formule du groupe que l'on reprend à la note près et avec le même son, soit on fait une reprise à sa manière et ce, en général de façon assez personnelle. La seconde option est bien sûr nettement plus intéressante d'un point de vue artistique.

C'est cette seconde option qu'à choisi Deafheaven afin de réarranger Punk Rock-Cody des célèbres Mogwai issu de Come On Die Young paru en 1999. On n'en attendait pas moins du prometteur groupe originaire de San Francisco qui avaient fait sensation en 2011 avec leur premier album Road To Judah. Deafheaven transforme donc le matériaux de base, se l'approprie et le transcende de manière à ce qu'il revête une forme noire et brute. Mais le groupe sait garder la beauté encrée au cœur de la magnifique composition de Mogwai, avec ces notes posées comme un tapi de roses, en y ajoutant le piquant, la violence qui tutoie les montées célestes. De l'art de créer une œuvre sombre et majestueuse.

Quant à Bosse-De-Nage, voisin de palier des Deafheaven, ils restent dans ce qu'ils saivent faire de mieux, à savoir un Black Metal Atmosphérique à la Wolves In The Throne Room aux confins du Post-Rock, paré de lentes progressions et chargé en ambiances. Les débuts de A Mimesis Of Purpose sont élégants et raffinés, avant que ne charge une batterie frondeuse qui explose littéralement les nuages de guitares et la voix lointaine de son leader qui résonne comme une âme perdue dans les tumultueux remous du Styx. Encore une fois, il s'agit ici de confronter halo lumineux et voile nocturne et saisir cet instant où les deux entrent en confrontation. A Mimesis Of Purpose est trop court pour véritablement s'emporter, mais donne un bon aperçu de ce dont est capable Bosse-De-Nage sur son excellent album longue durée, III paru l'année dernière.

On conclura que Deafheaven et Bosse-De-Nage livrent là un split intéressant, travaillé et immersif, joliment orné d'un artwork qui symbolise au mieux l'agitation qui règne dans ces deux morceaux. Deux groupes qu'il est vivement conseillé de découvrir.

17 / 20
10 commentaires (13.9/20).
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Roads To Judah ( 2011 )

Le Black-Metal n'appartient plus à une élite et ses pauvres bougres peinturlurés vêtus de leurs risibles costumes cloutés. Ca, vous le savez déjà depuis un moment si vous suivez des groupes comme Wolves In The Throne Room ou plus récemment Altar Of Plagues et Cobalt pour ne citer qu'eux. Deafheaven fait parti de ces groupes qui ne font pas vraiment du Black-Metal, qui n'utilise pas ces codes usés jusqu'à la moelle, qui ne fait même pas parti de cette scène et qui en plus passe son temps à jouer avec des groupes de Hardcore. Les traitres. Une fois de plus, c'est le genre de groupe qui divisera, qui fera profondément chier les puristes, mais qui réjouira heureusement  ceux avides de nouveaux horizons musicaux, ceux qui peuvent croire que le Black-Metal peut être synonyme de beau.

Deafheaven c'est avant toute chose bien plus qu'un groupe de Black-Metal. Certains diront que ça ressemble à du Post-Rock / Shoegaze comme pour le début d'Unrequited et d'autres à du Screamo avec les mélodies à se damner en milieu de morceau sur Language Games. Il y a surement un peu de tout ça dans Roads To Judah. Disons que ça donne l'impression d'écouter un mélange d'Envy, d'Alcest et de Wolves In The Throne Room puisque Deafheaven fait parti de ces groupes pour qui le Black-Metal peut se faire atmosphérique en allant fouiller dans d'autres styles musicaux. Fatalement, le rendu sonore est assez différent des productions du genre. Les guitares ne sont pas ultra-trafiquées si ce n'est le delay obligatoire pour donner cet aspect aérien et brumeux aux mélodies, la batterie est plus sèche qu'ordinaire, même si assez lointaine tout comme le chant écorché, amer et désabusé. Dans l'ensemble, le rendu est plus organique, naturel et aéré que les productions de metal noir. De l'art de faire du Black-Metal sans vraiment en faire donc.

Mais mélanger des genres n'est pas tout car encore faut-il bien s'y prendre. Et c'est surtout là que les cinq californiens vont fermer le clapet aux réfractaires. Car Roads Of Judah est d'une beauté à couper le souffle. Toute considérations stylistiques mises à part, Deafheaven saisi les tripes, touche la corde sensible. Et c'est là le plus important. Il sait inclure les accalmies, superbes, apaisantes (Violet), mais aussi trouver les éclats de violences terribles, les passages déchirants et dramatiques forgés dans la douleur (Language Games) qui serrent le cœur. Roads Of Judah c'est aussi la douceur, la délicatesse et la légèreté des arpèges ou des trémolos de guitares, c'est l'impression de flotter au dessus des nuages pour être brutalement envahi par les ténèbres. Et pourtant Roads Of Judah est incandescent, éclatant et lumineux, malgré ces ombres inquiétantes qui fondent sur nous. La route qu'empreinte Deafheaven est bouleversante car il sait toucher l'obscur et la grâce, puis mêler ces deux sentiments comme peu de groupes savent le faire. 

Roads Of Judah est une parfaite réussite et fait parti des disques indispensable pour le genre en 2011. D'une teneur très personnelle, il ne plaira certainement pas à tout le monde, mais si l'on prend le temps de le découvrir, de se laisser submerger par les émotions qu'il diffuse, alors on tient là quelque chose de grand et d'incomparable.

A écouter : comme s'il n'y avait qu'un disque de Black-Metal à écouter cette année