Surtout ne pas se fier à l'apparente bonhommie des membres de Dead Hearts. Sous des dehors de jouvenceaux, un des derniers rejetons de l'écurie Reflections Records apporte la confirmation que le hardcore pur et dur n'est plus uniquement l'apanage des tough guys new yorkais, Madball et Agnostic Front en tête.
Intitulé No Love, No Hope, le deuxième mcd de Dead Hearts s'avère être un concentré de hardcore old school nouvelle tendance (désolé pour l'oxymore) telle que le pratique ou le pratiquait les bostoniens The Hope Conspiracy, Give Up the Ghost, ou Modern Life Is War. Echafaudé sur une base très rock n' roll à l'instar d' Omission ou de Malkovich, le son de Dead Hearts n'en conserve pas moins l'agressivité du hardcore.
Ainsi, le combo de Buffalo nous propose 7 morceaux au gros son, élaborés sur un rythme, dans l'ensemble, moyen ("Burning"), mais à l'énergie effective, le manque de vitesse étant largement compensé par une alternance véloce et assez fréquente des tempos ("Bright Lights, Burnt City", "Waking"). A ce titre il convient également de louer le rôle joué par les guitares, assez épaisses, mais surtout par le chant plutôt screamo de Derek Dole, qui n'a rien à envier à Wes Eisold (Give Up The Ghost), ou Jeff Eyton (Modern Life is War), talentueusement secondé par les choeurs de type new yorkais affleurant ici ou là.
Cette débauche d'énergie s'accompagne également d'une touche mélodique, suffisante pour gommer l'aspect légèrement rustique de No Love, No Hope ("Good Bye", Waking"), mais assez discrète pour ne pas miner la brutalité des morceaux. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à jeter une oreille sur "These Are Our Lives", missile hardcore de deux minutes, ou sur "Uglytown" qui conclue le mcd en trombe.
Au final, Dead Hearts nous livre un bon petit skeud qui devrait réconcilier les tenants d'un hardcore old school et d'un hardcore plus moderne, auquel il manque peut-être un soupçon d'ambition et d'orgueil pour en faire une excellente cuvée. A surveiller.
A écouter : "Bright Lights, Burnt City", "These Are Our Lives", "Goodbye"