Amateurs de concepts révolutionnaires, de sonorités avant-gardistes, d’expérimentations téméraires, passez votre chemin. Ce que Dead Child, quintet musclé de Louisville, nous livre en ce printemps 2008, n’est autre qu’un disque de…heavy metal !
Ni plus, ni moins.
Attack, premier volet des aventures de cinq metalheads au pays du bourbon, rend ici un cinglant hommage aux différents courants « métallisants » du début des années 80, et en particulier la NWOBHM, en brassant dans sa marmite électrique des influences diverses : Iron Maiden, Judas Priest, Metallica, Motörhead, Black Sab’…pour obtenir au final un brouet sombre et consistant, qui s’avère toutefois étonnement digeste.
Car une fois pardonné l’outrage visuel de la pochette (ce logo!), l’évidence s’offre à nous comme la poudre à l’étincelle : Dead Child connaît son sujet sur le bout des cordes.
L’album démarre sans préliminaires et annonce immédiatement la couleur, imposant ses guitares jumelles parfaitement synchrones, sa basse lourde et ronflante, sa batterie sèche et précise, et le timbre racé de Dahm, chanteur charismatique à la voix singulière, légèrement éraillée, rappelant Ozzy Osbourne ou encore Jason (Solace).
Un véritable atout pour le groupe venant appuyer, tantôt avec rage, tantôt avec lyrisme, et sans jamais faillir, l’énergie endiablée du combo américain. Et de l’énergie il en faut pour défendre dignement les titres « coup de poing » que sont Sweet Chariot, Screaming Skull, Twitch Of The Death Nerve, Eye To The Brain…
Dead Child use sans vergogne de riffs incisifs, de mélodies entêtantes, de rythmiques martiales et ressuscite le genre avec classe et ferveur. Angel Of The Odd sonne comme le Metallica de Kill’em All soutenant un chant taillé pour Bruce Dickinson. Les pères fondateurs peuvent se retirer soulagés, la relève est bien assurée. Ce premier effort ne s’essouffle à aucun moment (à part peut-être Wasp Riot…), et le charme opère des premières notes jusqu’au final hypnotique de Black Halo Rider.
On pourra, certes, reprocher au disque un manque d’originalité. Certains poncifs inhérents au style sont forcement au rendez-vous : intros à rallonge, riffs convenus, soli académiques…mais rien qui ne puisse porter véritablement préjudice à cette bonne surprise de début d’année.
Conservatisme ? Passéisme ? Difficile de cerner les motivations de Dead Child. Et à dire vrai, peu importe. La galette est là, et c’est une vraie réussite. Attack donnera l’occasion aux nostalgiques du metal 80’s de dépoussiérer la veste en blue-jean patchée et de s’adonner sans pudeur aux joies du headbanging. Quant aux novices, ils découvriront là une musique qui, il y a maintenant 25 ans, cohabitait non sans peine avec Wham et Bananarama.
A écouter : Sweet Chariot, Twitch Of The Death Nerve, Eye To The Brain, Black Halo Rider...