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Biographie

Dayal Patterson

Dayal Patterson est un journaliste anglais, connu pour ses écrits sur des magazines metal comme Terrorizer ou Metal Hammer. Eclectique, il peut autant s'intéresser au drone qu'au post-punk, ayant notamment travaillé avec Killing Joke pour la rédaction de liner notes sur leurs albums. Mais Dayal est avant tout un passionné de black metal, raison qui l'a poussé à écrire plusieurs ouvrages imposants sur le genre. Via sa structure indépendante Cult Never Dies, il édite ses livres, mais fait aussi du merchandising officiel de groupes de black metal underground. Il a à ce jour publié trois livres, qui se veulent comme des ajouts successifs à une étude plus globale sur le black metal :
- Black Metal : Evolution of The Cult (2013)
- Black Metal : The Cult Never Dies Vol.1 (2015)
- Black Metal : Into The Abyss (2016)

Il a depuis élargi le champ de ses éditions, écrivant aussi bien sur le metal extrême en général que sur des artistes liés au monde du metal :
- Cult Never Dies : The Megazine (2016)
- Owls, Trolls,&Dead Kings' Skulls : The Art of David Thiérrée (2017)
- Ultra Damaged: Damage Inc. Zine 1985/2017 Anthology (2017)

Chronique

Black Metal : The Cult Never Dies Vol. 1 ( 2015 )

Touffu, le mouvement black metal l’est assurément. C’est probablement la branche qui a le plus de ramifications dans le metal, et dans cette jungle, difficile de s’y retrouver. C’est d’autant plus vrai que le black metal reste encore très nostalgique de l’explosion des années 90, ayant tendance à focaliser l’attention du public sur une petite frange de groupes, qui ne sont pourtant que la pointe immergée de l’iceberg. C’est dans un objectif d’étude du genre, en examinant ses principaux protagonistes, que le journaliste Dayal Patterson a écrit une série de livres sur le black metal. Son deuxième ouvrage, Black Metal : The Cult Never Dies Vol.1, est sorti traduit de l’anglais aux éditions Camion Blanc cet été, une bonne occasion de s’y intéresser.

Son premier livre, Black Metal : Evolution of The Cult, développait en détail et avec brio l’histoire de la genèse du black metal et ses suites : des précurseurs proto-black aux groupes phares des années 90, sans oublier les plus récentes mutations du genre avec le post-black, et quelques groupes moins renommés, mais tout aussi importants selon lui. (cf : Mysticum, VON, Blacklodge, Thorns, Infernum, Fleurety, Funeral Mist...)
Ce deuxième opus Cult Never Dies Vol. 1 démarre sur un constat simple, mais lucide : il est impossible de traiter cette histoire avec un panel « complet » en une fois. Chacun de ces livres se veut donc un ajout au précédent, complétant petit à petit cette étude détaillée de Dayal Patterson. Nettement plus court que son prédécesseur, ce livre est aussi plus digeste, car l’auteur a amélioré sa manière de rythmer le propos. Cette fois, l’équilibre entre tracé historique, entretiens avec les artistes et analyse de la musique est beaucoup mieux dosé, rendant la lecture plus agréable et fluide. Encore une fois, le choix des groupes est éclectique, mais aussi remarquable parce qu’il s’éloigne des sentiers battus et trop connus. On commence donc avec l’histoire détaillée de Satyricon et le label Moonfog Productions, pour bien vite s’enfoncer dans l’underground et s’intéresser à des formations qui sont beaucoup moins souvent traitées par les journalistes, Metalorgie inclus. Au menu, vous aurez donc droit à un chapitre sur la scène polonaise (car il n’y a pas que Behemoth et Mgła dans la vie), mais aussi un coup de loupe sur la scène Depressive Suicidal Black Metal et ses acteurs principaux, sans oublier les savants fous de Solefald.

Et quand on tombe sur la partie consacrée sur Theodor Kittelsen et le rôle de son oeuvre dans l’esthétique du black metal, on se dit à juste titre que ce livre est une perle rare. Que vous soyez novice, aguerri ou fanatique de cette musique, Cult Never Dies Vol. 1 aura forcément quelque chose pour vous, que ce soit pour un défrichement, une re-découverte ou un approfondissement. Certes, vous ne serez pas incollables sur les crédits des albums de Wardruna une fois le livre fini, mais ce n’est pas son but. Son analyse subjective vient compléter l’exhaustivité objective de dates et crédits que l’on peut trouver sur internet. Et les nombreuses pistes d’écoute que donne le livre font que l’on s’y replonge encore longtemps après l’avoir fini, au lieu qu’il prenne la poussière sur une étagère. A l’ère où le fan de musique est face à un tsunami permanent d’informations (vraies ou fausses d’ailleurs), Black Metal : Cult Never Dies Vol. 1 se pose comme un bon outil pour prendre tout ceci de contrepied : se poser tranquillement pour en apprendre plus sur un mouvement qui, dans ses clichés comme ses coups d’éclats, reste un des plus fascinants du metal.


PS : La version française de Black Metal : The Cult Never Dies Vol. 1 a révélé quelques imprécisions de traductions, après vérification sur la version originale en anglais. Si on ajoute cela au fait que la qualité d’impression, notamment pour les images/photos, est bien supérieure sur la version anglaise, un lecteur un minimum habitué à lire des interviews et chroniques en anglais serait sans doute plus avisé d’opter pour la version originale.

Plus de pistes d'écoutes : Bethlehem - Dictius te necare, Solefald - The Linear Scaffold, Strid - End of Life, Forgotten Tomb - Springtime Depression, Satyricon - The Age of Nero, Kampfar - Profan...

A écouter : Bethlehem, Solefald, Strid...