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Biographie

Daughters!

Formé par trois membres de feu-As The Sun Sets , les ricains de Daughters! misent tout sur leur hystérie collective. Déjà très violent mais aussi très technique sur un premier 7" paru en 2002 sur City Of Hell, Daughters! passe encore un cap avec Canada Songs (sorti aux Etats-Unis en '03 par Robotic Empire et réédité en '04 par Reflections pour l'Europe). Influencé par le hardcore chaotique (The Locust,, Converge, Dillinger Escape Plan) le groupe produit une musique barrée et survoltée aux paroles trempées dans un humour des plus douteux. En 2006, Daughters! signe un deuxième album sur HydraHead Recordings (Isis, Botch) intitulé Hell Songs. Le combo revient pas vraiment calmé au bout de quatre ans, toujours chez HydraHead avec son troisième album tout simplement intitulé Daughters.

Chroniques

Daughters Canada Songs
16 / 20
10 commentaires (15.9/20).
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Daughters ( 2010 )

Daughters est probablement un des groupes les plus prometteurs et oubliés de la famille du hardcore allumé, qu'on se le dise. Enfin, c'est peut-être un peu de leur faute. A coups d'albums de dix, puis vingt minutes, on a vite fait d'être noyé dans la masse, surtout quand on met quatre ans à revenir. Pourtant quand Daughters are back, on trépigne, forcément.

Canada Songs puis Hell Songs avaient bruyamment posé les bases d'un magma insaisissable, antimélodique, violent et chaotique, fait d'uppercuts sonores et de bastonnade rythmique d'une densité rare. Daughters était un groupe aussi virulent, unique et abrupt que tubesque à sa manière. Mais Daughters a toujours eu une marge de manœuvre conséquente. Tout le monde le savait et ce s/t est là pour en amener la preuve.
C'est un titre souvent dur à porter pour un album que celui de disque éponyme. Car il va implicitement être dans l'esprit de l'auditeur celui qui va entériner un concept, une façon de sonner. Le nom de la maturité qui renverrait en quelque sorte à l'idée d'un groupe qui s'est enfin trouvé. Daughters, donc, comme s'il ne pouvait en être autrement. Daughters comme un instantané du groupe et une pierre posée pour l'avenir. Et effectivement, pour le coup, quoi de plus Daughters que Daughters? Au sortir d'une série d'écoutes : rien. Pas de mélodies à l'horizon, du bruit (beaucoup), de la folie (tout autant), de la ryhtmique, de la folie (encore), du concassage de nuque, de l'étourdissement et du Glazed Baby.

Attendez... du quoi?
Quand les Canadiens reviennent, le couteau entre les dents, après quatre ans d'attente, ce n'est assurément pas pour se contenter de reconduire la recette habituelle - si on considère qu'il pouvait y en avoir une. Pour ça il y a "les autres". Si Daughters est revenu avec ce s/t sous le bras, c'est bien pour donner la leçon, celle que l'on sentait venir, que l'on attendait avec impatience. Désormais un peu plus Noise, moins follement Grindcore, mais pas calmé pour autant, le quatuor envoie pavé sur pavé avec force brutalité dans la dissonance la plus complète. C'est qu'ils s'y connaissent en dé(con)struction les gaillards. Moins épileptique, plus massivement accidenté ("The Hit") que par le passé, Daughters se réinvente dans la continuité. On reconnait la patte entre mille, mais les intentions et l'envergure ont changé. On tient enfin notre disque coup de poing et Daughters, peut-être, son album de référence. Un massacre en règle perpétré avec le sourire ("Sweet Georgia Bloom") entre folie vocale titubante un peu dépassée par les murs sonores qui l'entourent, accents An Albatross/Locust-iens, Noise vrombissante ("The Theatre Goer") et déhanchés furieux (toi aussi tape des mains sur "Our queens (One is many, many are one)"). Entrainés par leur propre élan depuis la première charge de Daughters ("The virgin"), au bord de la rupture de bout en bout, les Canadiens tiennent bon. En résulte un disque rock'n'roll décontracté et dansant, brutal, méchamment allumé et techniquement irréprochable qui n'en oublie pas pour autant le créneau très blitzkrieg cher au groupe. Vous tapez du pied avant de vous en rendre compte et vingt-sept minutes plus tard, l'affaire est torchée. Le temps de le réaliser, le système limbique a déjà signé l'armistice. Filez vous recoiffer, y'a plus rien à voir.

En se faisant plus accessible, moins invraisemblablement barré (chant et rythmique bien plus "contenus"), le quatuor avoine malgré tout un disque qui reste furieusement mastoc. Enorme coup de force des Canadiens, qui semblent faire scission avec eux-mêmes sans pour autant se perdre. Alors que la doctrine originelle reste la même, les grands principes sont repensés et édictés par un Daughters grand gourou de sa propre révolution. Ca ne plaira peut être pas à tout le monde mais il semble bien que le combo ait trouvé sa voie (royale) vers les sommets. Puissent les amateurs de sauvagerie dancefloor être avec lui. Amen.

A écouter : FORT.
14 / 20
3 commentaires (13/20).

Canada Songs ( 2003 )

Entre les étincelles de The Locust et un Converge sous acide, Daughters se contorsionne avec une violence extrême. Canada Songs est un dérapage jusqu'à définitivement sortir de la piste. Canada Songs est une entorse. Déjà paru sur Robotic Empire, cette tranche de folie se voit rééditer sur Reflections Records avec en prime, les 4 morceaux  issus des productions précédentes.

Daughters joue court et tordu, use généreusement de la double pédale, brise salement les cordes, et empile les cassures rythmiques avec une rapidité déconcertante. La ligne de mire est la dissonance permanente. 0 structure, uniquement des chocs minimalistes ou cataclysmiques servis pas une voix écorchée débitant des paroles entrant sans difficulté au panthéon de la débilité. Bref, s'il existait un asile musical, les 14 Canada Songs y seraient inexorablement internées pour schizophrénie. Pourvu qu'on s'en saisisse. Pas gagné.

Mis à part la "naïve comptine" introductive ("Fur Beach"), aucune chance de trouver la moindre source d'harmonie ou la moindre parcelle de mélodie. En un quart d'heure, Daughters communique une énergie débordante et chaotique, un electrochoc capricieux nourri par une technique particulière mais efficace, qui rappelle l'utilisation que font les bostoniens de Converge de leurs instruments. Dans ce style chaotique et périlleux façon Arab On Radar ou The Locust, le groupe fait définitivement figure de proue. Difficilement buvable cul sec, Canada Songs s'apprécie au goutte à goutte.

A écouter : si tu supportes
Daughters!

Style : Noise / Grindcore
Tags : -
Origine : USA
Site Officiel : wearedaughters.com
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