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Biographie

Cypress Hill

En 1991, Cypress Hill sort son premier album éponyme. On découvre alors un trio latino composé de deux MC's (B-Real et Sen Dog) et un Dj (Dj Muggs). Dès le départ, le groupe est catalogué dans le "rap chicano", en raison des origines mexico/cubaines de ses protagonistes, et se démarque donc largement des productions black-américaines, avec un univers sonore à la fois funky, hispanisant et, dirons-nous, "ghetto". Violence, défonce, humour... tels sont les ingrédients desly rics du combo qui ne se démarque pas pour autant des autres productions par ses textes, malgré le fait qu'il confère une importance tout à fait particulière à la marijuana!  Vendu à 2 millions d'exemplaires, cet album est un succès notamment marqué par le single How I could Just Kill A Man ou encore Latin Lingo.

Deux ans plus tard, en 1993, le groupe ne perd pas de temps et sort ce qui se révèlera être l'album de la postérité, à savoir Black Sunday. Avec cet album, le groupe emprunte une nouvelle direction car l'ambiance y est toute à la fois sombre et enjouée, lancinante et rythmée, crasseuse, psychée... Crépitements, sirènes d'alarme et cris bestiaux teintent les quatorze titres de ce petit bijou d'inventivité, sur fond d'hymnes à la défonce et d'histoires de flingues. Plus qu'un très bon album de Hip-Hop, ce Black Sunday est une entité à part dans l'histoire du Hip-Hop, une étrangeté inimitable et donc intemporelle ! L'album se vend à 3,5 millions d'exemplaires, avec pour single Insane In The Brain ou de façon moins officielle, I Wanna Get High.

En 1994, Eric Bobo (alors percussionniste pour les Beastie Boys) rencontre Cypress Hill lors d’une tournée. Il décide de rejoindre le groupe, pour leurs prestations live d’abord, puis devient membre permanent. Il n’est autre que le fils du grand percussionniste de jazz, Willie Bobo, qui dans ces plus grandes heures jouait pour Carlos Santana, Tito Puente et d’autres.
En 1995, Cypress Hill évite très intelligemment le piège de la redondance sonore en sortant Temples Of Boom, leur troisième album. Le public est à même de constater la rupture avec les deux précédents opus. En effet, mis a part quelques hurlements bestiaux épars, le groupe n'a quasiment rien conservé de Black Sunday. Le son est  plus lisse qu'auparavant, l'ambiance plus feutrée, avec une atmosphère sombre et légère très orientée vers la défonce. Passé l'obstacle de la surprise, cet album se révèle être une nouvelle perle, délicieusement psychédélique, calme et envoûtante. Cypress Hill suit l'évolution du Hip-Hop, sans perdre son identité, et même, mieux, en l'affirmant. Il semble par ailleurs que le groupe ait ainsi bouclé la trilogie de ses trois premiers albums, très différents les uns des autres, et c'est pour cela qu'en 1998, leur quatrième album IV est un nouvel éponyme.
Ce quatrième album est un tournant pour le groupe. En effet, l'année 98 évoque l'apparition de nouvelles pointures du Hip-Hop qui vont peu à peu s'imposer commercialement comme les leaders du style (ex: Eminem...). Cypress Hill sort alors un album au son manifestement plus banal, mais pour le moins très efficace. Les singles Tequila Sunrise et Dr. Greenthumb se chargeront d'en faire un album culte. 
En 1999, le groupe sort un album reprenant tous leurs tubes en espagnol : Los Grandes Exitos En Español. Le résultat est intéressant, sans transcendance car sans rien de nouveau. Certains titres s'en sortent bien, d'autres non. A noter tout de même qu’ils ont été le premier groupe latino de l’histoire à avoir eu des disques de platine et multi-platine.

Puis, en 2000, sort l'album Skull & Bones, double album comprenant un premier disque Hip-Hop et un second orienté Metal dont sera extrait le single Rock Superstar. Live At The Fillmore, sort lui aussi la même année, unique live de Cypress Hill, cet album est une réussite. Le groupe reprend alors tous ses vieux tubes, tels que How I Could Just Kill A Man, Insane In The Brain, mais aussi d'autres chansons moins connues de leurs deux premiers albums. En plus de quatre membres du groupe, sont présents deux guitaristes et un bassiste du combo SX-10 (groupe de Rap-Metal monté par Sen Dog en 1996). Ce qui donne un ton très Metal à ce live sulfureux, d’excellente qualité. Ensuite, en 2001, sort Stoned Raiders. L’album le plus Metal du groupe. A noter le titre Red, Meth & B avec Redman & Method Man.

 Enfin, en 2004, alors qu'ils ne sont plus que trois dans le groupe (DJ Muggs ayant quitté le combo temporairement), Cypress Hill sort Till Death Do Us Part, un album varié mais qui sonne plus léger que tous les autres, toutefois assez recherché niveau variété avec du Reggae/Ska, Gangsta-Rap, et un peu de Rock. Durant toute leur carrière, ils auront fait une multitude de featuring en particulier avec Rage Against The Machine, Pearl Jam ou Sonic Youth. Le prochain album est prévu pour octobre 2009.

Chroniques

Rise Up Stoned Raiders
16 / 20
9 commentaires (12/20).
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Rise Up ( 2010 )

Voilà six ans que Cypress Hill n’avait rien sorti. Six longues années après Till Death Do Us Part, le clan de South Gate (LA, Californie) revient en force avec Rise Up, marqué de très nombreux featuring souvent intéressants, notamment avec leur ami de longue date, le guitariste Tom Morello (RATM), ou surprenants (en bien) avec Daron Malakian (Scars On Broadway, SOAD), mais parfois aussi assez décevants.

Il faut le dire, l’album est de bonne qualité. Même si l'on est très loin de l’ambiance funky/dark/stoner des débuts du groupe, certains titres ne sont pas sans rappeler la période Temple Of Boom (K.U.S.H et Pass The Dutch). Les thèmes abordés n’ont, pour leur part, pas changé. Armada Latina, Bang Bang explique la vie des thugs, alors que K.U.S.H et Pass The Dutch, justement, sont deux hymnes au cannabis, le tout entrecoupé d’hilarants dialogues de Cheech and Chong, notamment. Les morceaux Armed & Dangerous, Get It Anyway et Get ‘em Up, le premier single diffusé via youtube, sont l’exemple parfait du son Cypress Hill version 2010. Du rap moderne, peut être un parfois un peu trop léger (comme par exemple le duo avec Everlast  (La Coka Nostra ex- House Of Pain) où ce dernier ne fait que répéter le refrain), mais pas désagréable pour autant, comme le sont la plupart des groupes de rap actuels qui suivent la vague r'n'b avec des abus du vocodeur, qui rendent les chansons inaudibles (Black Eyed Peas, Kayne West, Akon...). On aurait tendance à vouloir entendre quelque chose de plus agressif et engagé entre ces amis de longue date mais, à part ça, Cypress Hill reste fidèle à son style avec une consonance moderne, subtilement incorporée à leurs beats. Il faut aussi relever l’énorme travail de Bobo, le percussionniste prodige du combo.

On peut aussi penser qu’après 6 ans d’absence, le combo avait besoin de revenir avec quelque chose de fort, puissant et surtout, comme à leur habitude, d’un cocktail explosif de riffs de guitare, de percussions très latino et de leur incomparable ambiance enfumée. De ce fait, ils ont su faire appel à certains de leurs vieux  amis, pour leur rendre le travail plus facile, mais aussi plus précis. Grâce a ces collaborations, l’album peut plaire à tous les inconditionnels du groupe. Les fans de Rage Against The Machine (qui sont logiquement tous aussi fans de Cypress Hill) seront ravis d’entendre les riffs enragés de Tom Morello sur Rise Up et Shut ‘em Down. Les amateurs de la période rap/metal (de Skulls And Bones en 2000, Live At The Fillmore et Stoned Riders en 2001) se passeront en boucle le duo avec Daron Malakian sur Trouble Seeker. Pour le reste, Armada Latina est une petite perle de rap chicano et Get It Anyway un des meilleurs morceaux vraiment rap de l’album.

En conclusion, Cypress Hill version 2010, propose un très bon album, comme à leur habitude. Consistant du début à la fin, il surprendra certains par ses nouveautés et il convaincra tout le monde par l'habileté du groupe à sortir, à chaque fois, du très, très bon rap. Ils ont su s’entourer des personnes qu’il fallait pour rendre cet opus percutant, et bien qu’un ou deux titres peuvent passer dans la catégorie poids léger, l’ensemble de l’album, lui, nous entraine tout droit dans la catégorie poids lourd.

A écouter : Rise Up, Trouble Seeker, K.U.S.H, Armada Latina
13 / 20
17 commentaires (14.62/20).
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Stoned Raiders ( 2001 )

Derrière tout le folklore ennuyeux et machiste du rap-business américain, bien au-delà des productions certes prolifiques mais sans véritable intérêt majeur du Docteur Dre et de son acolyte Snoopy, se trouvent des groupes de rap novateurs, intelligents et honnêtes. Cypress hill fait partie de ces groupes. Leur dernier challenge ? Mélanger le métal et le rap sur le même album et faire ça bien. Cypress hill s'était déjà fait la main sur l'album précédent dont le concept de double album l'un rap l'autre métal était déjà une grande avancée, mais sur Stoned raiders (notez le titre assez humoristique), c'est vers une véritable symbiose qu'on se dirige. Certes il reste des morceaux vraiment rap bien délimités, mais même les rockers retrouveront dans ces morceaux l'énergie rock que bien des groupes métal actuels ne semblent plus posséder. Cypress hill c'est tout d'abord une énergie débordante, ici doublée d'un GROS son (écoutez " Trouble ") et d'une production magnifique. C'est aussi un don quasi-génial pour les ambiances. L'ambiance latino qu'on retrouvait dans les anciennes productions sur " Kronologik ", " Southland killers " ou encore " Lowrider " mais aussi une ambiance plus morbide, plus sombre comme cette petite visite au cimetière en " Intro " et cette atmosphère oppressante sur " Southland killers " ou glauque sur " It ain't easy ". Il y a aussi quelques étrangetés comme " Bitter " avec son chant féminin en background et sa musique sortie d'un vieux western spaghetti, " Amplified " et ses mélodies funky vous ferons aussi tendre l'oreille. On n'oublie pas non plus les figures obligatoires, " L.I.F.E. " chanson en faveur de la légalisation, un des grands sujets du groupe et " Red, Meth & B " où les amis Redman et Method man rejoignent le groupe. On voit donc que même jusqu'au choix des invités Cypress hill fait preuve de bon goût ! On sent vraiment au-delà du fait de mixer les genres une véritable volonté de brasser les cultures, les ethnies, et rien que pour cela, pour cette ouverture d'esprit, Cypress hill mérite le respect de tous. Et pour ceux qui pensent encore que c'est seulement un argument de vente, écoutez l'album, il transpire l'honnêteté !

 

A écouter : Trouble, Southland killers et Bitter