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Biographie

Cradle Of Filth

Formé au début des années 90 en Angleterre Cradle Of Filth est certainement l'un des groupes les plus populaires du Symphonique Black Metal avec Dimmu Borgir, et pour cela il est également l'un des plus décriés. Imagerie noire et glauque, maquillage, voix criardes, parfois gutturales, batterie épileptique, tous les ingrédients du Black Symphonique sont là, mais le succès commercial étant au rendez-vous, le groupe se voit souvent vilipendé et traité de vendu. Malgré des changements de line-up permanent, fait parfois de départs et retours comme le guitariste Paul Allender et le bassiste Robin Eaglstone, les Anglais se sont montrés particulièrement actifs. La preuve avec cette impressionnante discographie faite d’albums, EP’s et lives. Cradle Of Filth a également changer fréquemment de label et fait aujourd’hui parti de l’écurie allemande Nuclear Blast Records.

Beaucoup de polémiques tournent autour du groupe. La plus importante est la qualification de leur style musical. Ils sont plus classés dans le genre Horror Metal Symphonique et rejetés par les puristes du Black Metal. Le succès commercial de Cradle of Filth les place totalement à part de ce mouvement « réservé aux initiés » dans la mesure où il a contribué à populariser l'image du Black alors qu'à ses origines il apparut comme un courant visant à se démarquer de la scène et de l'idéologie Death de l'époque, vide et commerciale disait-on. En tant que leader et chanteur du groupe, Dani Filth est le seul membre du groupe qui soit resté depuis les débuts de la formation en 1991. D’anciens membres l'ont accusé de s'être approprié le succès du groupe et de l'avoir considéré comme un projet solo.

15 / 20
3 commentaires (14.17/20).
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Hammer Of The Witches ( 2015 )

Cradle Of Filth est certainement l’un des groupes qui possède autant de fans que de détracteurs, et ce, depuis le début de sa carrière à l’orée des années 90. C’est aussi cela qui lui confère une si grande popularité, que l’on en parle en bien ou en mal, on en parle. Hammer of the Witches, douzième opus des Britanniques fera lui aussi parler, c’est une certitude. Trois ans après le moyen The Manticore and Other Horrors, que nous réserve Cradle Of Filth ? Et si le changement, c’était maintenant ? 

Que tout le monde se rassure, bien que Hammer of the Witches soit effectivement marqué par quelques changements, n’y voyez pas non plus une révolution dans le style et la marque Cradle. Les fondamentaux du groupe sont là, une imagerie gothico-sensuelle, des voix féminines, des titres longs et des orchestrations symphoniques. La différence notable se situe essentiellement dans le cœur de la musique elle-même. Sur Hammer of the Witches, l’attaque des riffs est bien plus agressive qu’auparavant, les compositions plus variées également. Deflowering The Maidenhead, Displeasuring The Goddess étonne par ses guitares accrocheuses, à mi-chemin entre le Heavy et le Dark Metal, les soli sont incisifs, les leads tout autant, et les orchestrations ne font plus du remplissage comme souvent par le passé. Blackest Magick in Practice suit plus ou moins le même schéma, avec des passages plus lents, très mélodiques, où la symphonie prend une dimension plus intense. Le titre éponyme à lui aussi des atouts pour épater, à l'ensemble des éléments cités auparavant s’ajoute une bonne dose de violence (oui, vous lisez bien : violence) sur quelques riffs proches d’un Black Thrash qui embraillent directement sur des blasts de batterie. 

Cependant, et c’est là que le bât blesse un peu. Si Dani Filth a soigné ses angines chroniques et que ses vocaux sont moins aigus, parfois, les mauvaises habitudes reviennent et un cri sort de nulle part et plombe légèrement l’ambiance. On oubliera très vite ce désagrément lorsque débute The Vampyre At My Side, probablement le meilleur titre de l’album, le plus complet, celui qui synthétise le mieux le « (re) nouveau » COF, puissance, aisance, riffs terribles, soli, tout y passe, un régal. 

Tout ceci a de quoi surprendre. D’autant que les Britanniques ont souvent été décriés pour faire une musique un peu molle, pour ados en quête d’identité, bref en inéquation totale avec le style Extreme auquel ils sont associés depuis le début de leur carrière au grand dam de leurs détracteurs les plus farouches. Pourtant force est de constater que Hammer of the Witches est différent, il sonne plus «sérieux» plus conforme avec l’idée que l’on est en droit de se faire d’un groupe si populaire. 

La référence fut très longtemps le fameux Dusk And Her Embrace qui a lancé leur succès, demain celui-ci sera supplanté par cette réalisation que beaucoup croyait impossible. Une ère nouvelle démarre pour Cradle of Filth, il était temps.

A écouter : Vous devriez
14.5 / 20
11 commentaires (13.55/20).
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Darkly, Darkly, Venus Aversa ( 2010 )

Nouvel album de Cradle of Filth annoncé comme dans la continuité du précédent, Godspeed on the Devil's Thunder, pas franchement mauvais et qui annonçait un « retour aux sources » comme on dit. Attendu par les fans comme par les plus gros détracteurs, le groupe de Black Metal Sympho kitshissime au costumes en cuir façon SM et au looks délirants de son leader Dani Filth est de retour !

Ce Darkly, Darkly, Venus Aversa se veut (lui aussi...) être un concept album sur un personnage de l'Histoire. Lilith, le personnage biblique, la première femme d'Adam avant Eve : Toute une histoire. Lilith, au contraire de Eve, qui la supplantée, représenterait la femme fatale, la sensualité et le désir. Mais elle représente aussi la haine, la rivalité féminine et la volonté ardente de vengeance qui la lie à Eve. D'accord, les paroles ne sont pas des plus passionnantes chez COF, mais là on va dire que le thème est intéressant. Surtout que le personnage colle parfaitement avec l'ambiance dégagée par cet album, nous y reviendrons.

Dès les premières secondes, après une intro de 20 secondes gothico-médiévale à voix féminine comme seule Cradle sait en faire, l'album démarre. On se rend compte immédiatement que le groupe britannique a évolué : D'abord, la batterie est radicalement différente. Martin Skaroupka envoie du blast, c'est rapide, c'est très « Black Metal », et ça relègue les rythmes de Thornography et Nymphetamine au rangs de musique de supermarché. Entre autres rythmiques très thrash (The Spawn of Love and War), le batteur, en vrai virtuose, sait aussi ralentir le rythme et sortir des Breaks bien sentis (One Foul Step from the Abyss). Et qui plus est, les roulements donnent un côté très « Evil » et true à l'ensemble (On voit là le bénéfice qu'a été pour le groupe la signature chez Peaceville, la prod' est de grande facture.). Bref, la batterie est sans doute l'instrument le plus intéressant de ce « Darkly, Darkly Venus Aversa ».
Ensuite, et au niveau de la voix, exit les cris sur-aigus et la voix d'ado' castré de Dani Filth. Si le chant est toujours saturé et extrême, ici le Frontman adopte bien souvent un registre plus mature, plus viril et même si le chant féminin assuré par Lucy Atkins
est moins présent, l'alchimie fonctionne sur les quelques titres (La superbe Lilith Immaculate). Enfin, ces éléments donnent une ambiance unique à l'album. En effet, fini l'image de mauvais hybride Horror Metal Blackisé dont le groupe s'était entiché depuis longtemps, Darkly, Darkly se veut féminin, sensuel. Cradle réussit le pari d'une musique extrême mais non dénuée de couleurs, de sensibilités et servie en plus par une pochette bien meilleure que ce que le groupe a pu faire.

Si les orchestrations sympho de la sexy Ashley Ellyllon (Ex-Abigail Williams) sont toujours présentes (The Nun with the Astral habit..), elles ont nettement moins d'intérêt. On sent que les britanniques ont fait le pari d'une musique plus dépouillée et authentique, ce qui est tout à leur honneur, mais du coup les mélodies en prennent un coup. Surtout que les guitares restent assez pauvres en termes de richesse musicale, se contentant parfois de suivre le rythme de la batterie, même si de bien jolis solos et riffs bien sentis (The Spawn of Love and War) viennent agrémenter le tout. Bref, l'aspect dépouillé de la musique peut en rebuter certains. En outre, peu de "tubes", excepté la ballade Persecution Song, qui ralentit beaucoup le rythme à mi-parcours, et la très moyenne Forgive me Father I have sinned. (Dont le clip est encore plus moyen !) Mais l'on revient quand même vers ce Darkly, Darkly Venus Aversa avec un certain plaisir, et l'on sent que Dani et sa bande en ont encore sous le coude : bref sursaut d'orgueil ou vraie évolution musicale et idéologique ?


A écouter : Lilth Immaculate, The Cult of Venus Aversa, The Spawn of Love and War.
11 / 20
62 commentaires (12.97/20).
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Thornography ( 2006 )

Evacuons tout de suite le débat stérile qui gravite autour de Cradle Of Filth pour savoir si le groupe fait encore partie de la scène black metal ou pas : non le groupe ne joue plus de black metal depuis belle lurette et pratique désormais une sorte d'horror metal. Mais après tout, on s'en fout comme de l'an 40.
De même nous n'évoquerons pas les changements incessants de line-up au sein du combo :  ni leurs origines, ni leurs conséquences (d'ailleurs vous aurez remarqué que par une petite pirouette, j'en parle quand même...).
Par contre, nous ne passerons pas sous silence la rapidité avec laquelle les albums sont enchaînés par le groupe. Une rapidité qui traduit une boulimie de travail… mais qui commence à peser dangereusement sur la créativité du groupe.


Parce que les faits sont là :Cradle s'enlise petit à petit. La qualité s'est détériorée considérablement depuis le précédent effort du Berceau des Immondices (Cradle Of Filth en français). Là où Nymphetamine était globalement réussi, proposant du neuf et du sincère, ce Thornography ne fait que ressasser ce qui a déjà été dit pas le groupe précédemment. D'ailleurs au passage, il serait bien de penser à arrêter les noms d'albums composés d'un mélange de deux mots...

L'album n'est pas inaudible mais, dans la longueur, ne casserait pas trois pattes à un canard. La mélodie de guitare sur le refrain de Tonight In Flames a ainsi un petit air de déjà entendu, les diverses orchestrations sentent bon les plans mille fois utilisés, etc.

Ne soyons pas butés pour autant : on ne passe pas un mauvais moment à l'écoute de ce Thornography. On passe même carrément de bons moments parfois comme pour cette reprise totalement déjantée du Temptation de Heaven 17. Un morceau assez jouissif ! De même, I Am The Thorn avec ses passages très heavy et son refrain mélangé des chants de Dani et de la chanteuse Sarah Jezebel Deva (également dans Angtoria) est intéressant, tout comme Rise Of The Pentagram et son coté très oriental. Quant à The Foetus Of A New Day Kicking avec son chant presque clair sur le refrain, il apparaît lui aussi assez décalé tout en gardant la touche qui fait queCradle reste Cradle. Ce coté décalé apparaît d'ailleurs de plus en plus comme une sorte de porte de sortie pour le groupe, un moyen de se renouveler. Il serait probablement intéressant de continuer dans cette voie et de creuser un peu plus ce sillon. L'esprit malsain originel s'éloigne certes un peu (même si, sur ce point là, Cradle Of Filth n'a jamais vraiment traîné une aura aussi noire que Darkthrone ou encore Mayhem) mais le coté horrifique reste présent et demeure la marque de fabrique du combo anglais.


Et on va logiquement se mettre à regretter l'époque du génial Dusk And Her Embrace. Pas parce que Cradle y jouait à l'époque du black metal, le problème ne se situe pas là.Le groupe est libre : libre d'évoluer, libre de grandir, libre de proposer quelque chose d'autre, de nouveau.
La raison pour laquelle on va regretter Dusk And Her Embrace est qu'à l'époque, le groupe faisait encore preuve d'une réelle créativité.
Le vrai point fort de ce disque est qu'il reste de l'espoir, à condition de le faire fructifier.

A écouter : Temptation, The Ftus Of A New Day Kicking, Rise Of The Pentagram
11.5 / 20
13 commentaires (12.69/20).
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Peace Through Superior Firepower ( 2005 )

Cradle Of Filth, encore un groupe qui fais couler beaucoup d’encre, trop accessible pour du black (ou tout du moins pas assez authentique), incroyablement bon pour d’autres COF est un groupe qui divise, mais on ne s’attardera pas ici sur la qualité musical du groupe, un DVD étant destiné en premier lieu aux fans c’est plutôt l’image et le contenu du DVD que l’on va examiner.
Sur le papier tout s’annonce plutôt bien, un concert parisien (filmé en deux fois), un documentaire, les clips du groupes et divers bonus : le contenu classique d’un DVD.

On prend donc les choses dans l’ordre et on commence par le concert parisien, filmé à l’Elysée Montmartre en avril dernier, 14 titres au compteur tout cela est fort honorable. Le concert débute avec une petite mise en scène visuelle, des images (plutôt glauques) alternent avec les images de la scène. Sympa mais ça ne sera présent que peu de temps. Commence alors le concert, et surprise le son est bon, même très bon et on sent quand même les retouches post production, on a donc un son assez aseptisé pour du live, qui plus de musique extrême, on aurait peut être préféré un son un peu plus live.
Les images sont plutôt jolies mais reste trop souvent braquées sur Dani Filth et sa combinaison, comment dire… spécial. Si vous aimez le coté « spectacle » de Cradle Of Filth vous allez être servi grâce à un set qui fera la part belle à celui-ci, avec notamment des Gargouilles vivantes, des danseuses à corde ou des marionnettes géantes. Cet aspect complètement assumé par le groupe est cependant souvent gâche par des détails, en effet là où on pourrait s’attendre à un show spectacle qui nous en mettent plein les yeux de bout en bout on a régulièrement des détails qui viennent gâcher les effets recherchés (caméra tremblotante, des personnes présent sur le coté de la scène, un ventilateur blanc qui apparaît sur scène lors de certains morceaux, le cameramen dans le champ ou encore le bras articulé de la caméra qui viendra à maintes reprises se mettre plein champ). Certes on pourra dire que c’est du piaillement pourtant on est en droit d’attendre un DVD qui satisfasse autant les yeux que les oreilles, et pour ce premier point si on est amateur du coté exubérant de Cradle on est en droit d’exiger un peu plus que ce qu’il y a sur le DVD.
La tracklist pioche un peu dans tous les albums, avec évidemment une préférence pour les dernières productions mais dans l’ensemble quelle que soit la période que vous aimez de Cradle il y a de quoi être séduit.

Niveau bonus là aussi on sera un peu surpris / déçu, d’une durée de une heure ces bonus sont principalement composé de conneries, d’apparition étrange (comme Bam Margera), de délire, bitures, … Un peu loin de l’image que l’on aurait pu se faire de Cradle.
Pour finir les clips du groupe, certains très bien fait d’autres quelques peu pathétiques, également un lien pour un bonus web, des photos, …

Au final un DVD assez décevant, le concert est bien mais le coté spectaculaire est régulièrement gâché, les bonus n’apportent pas grand-chose donc au final ce DVD est un peu un pétard mouillé, à réserver aux fans absolus de Cradle ou  à ceux présent le jour du concert.

A écouter :