Deuxième rituel de Cough toujours engagé sur le sombre chemin de l'occulte et du psychédélisme enfumé avec Ritual Abuse encore plus défoncé aux champignons psychotropes et aux herbes magiques que son prédécesseur Sigillum Luciferi. Un deuxième album dans la boite pour commencer à se faire un nom aux côtés de groupes montant tels que Dark Castle, Stonehelm, Suma ou Kongh.
Alors c'est presque un affront de dire cela, mais l'on va forcément être obligé d'évoquer le sorcier électrique et le sabbath noir bien connu dont fait référence leur musique, c'est d'une évidence, sauf que ça n'en fait pas juste un clone des deux groupes. Si le Stoner / Doom monte en volutes de cette offrande à Lucifer, des lourdeurs Sludge viennent anéantir tout espoir de trip positif (A Year In Suffering). Une descente aux enfers pour se faire rôtir les chaires par les flammes rougeoyantes. La production dense, brûlante, étouffante comme un magma épais va dans le sens de ses riffs Stoner enflammés et ce Sludge suffocant. Comme Bongripper qui ne se cantonne pas à un Stoner / Doom classique, Cough va piocher dans les années 70 pour ces envolées Rock planantes et / ou hallucinogènes. A travers de longs titres frôlant les 13min (Ritual Abuse), Cough provoque l'errance, les délires paranoïaques et les messes noires de groupuscules réunis autours d'une antique table ornée de bougies affaiblies par les années.
Le chant clair très spécial, limite criard de David Cisco qu'on trouvera soit absolument génial (et original pour le genre) soit fabuleusement irritant, donne une tonalité spécifique au groupe tout comme ces terribles soli sortis d'on ne sait où (Mind Collapse). Crippled Wizard fera par exemple penser à ces vieux films d'horreurs aux ambiances particulièrement dérangeantes alors que des passages sur A Year In Suffering feront courber l'échine de n'importe qui sensible aux bons riffs Stoner assassins. On regrettera an premier abord une simplicité des compositions, mais sous cet aspect Ritual Abuse est un disque bien plus travaillé qu'il n'y paraît où se côtoient profonds malaises, trips acidulés et violences sourdes. Alors certes, Ritual Abuse n'est pas le disque le plus lourd, le plus noir ni le plus réussi dans le paysage Stoner / Doom. On trouvera sans difficultés plus extrême (Ramesses, Accept Death au pif) ou plus réussi, n'empêche que Cough sait se montrer concluant pour son rituel simple, mais hypnotique et lancinant, son chant décalqué et ses guitares sous le joug du diable vectrices d'atmosphères opacifiées.
Ritual Abuse est tout comme Satan Worshipping Doom de Bongripper, la bonne découverte Stoner / Doom / Sludge de 2010 permettant au combo virginien de sortir tout doucement de l'anonymat après leur récente signature avec Relapse Records et leur split au côté de The Wounded Kings. Voici un disque qui pourra pourquoi pas rallier à sa cause les déçus de Black Masses ou d'Eve.
A écouter : A Year In Suffering, Crooked Spine