Après la combinaison engouement/déception que fût la sortie de The Balancing Act en 2007, l'inquiétude grandissait quant au sort de Cool Hand Luke, notamment suite à la fin de son contrat avec Floodgate. Hiatus, fin de "vie" pour le groupe? Le flou...
Finalement, rien de tout cela, juste un bon remaniement de line-up tout en gardant LE fondement du projet, à savoir Mark Nicks, et revoilà CHL débarquer en 2008 avec deux nouveaux membres, un nouveau label, de nouvelles aspirations, et donc un tout nouvel album, le troisième après 4 ans d'absence : The Sleeping House.
Qu'en est il alors de ce nouveau cru ? A dire vrai, les fans de la première heure ne devraient pas être déçus tant le son du groupe demeure similaire à celui de ses oeuvres passées. Son cristallin, tout en retenu, avec ses envolées lyriques fondées sur la quasi-omniprésence d'un piano qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui de "Voices", l'ouverture du Calm Americans d'Elliott. Un piano, un chant gospélien si propre au genre, des paroles forcément très portées sur les Actes du Seigneur (voir paroles et explications de chacune des pistes), bref dans l'absolu, tout pour plaire aux amateurs de Sleeping At Last ou Bernard. Sauf qu'ici, les titres demeurent tout de même moins recherchés, peut-être plus efficaces à court terme, et résolument plus accessibles, pour ne pas dire mainstream. Un album qui s'adresserait donc plutôt aux auditeurs de Coldplay, Keane (pré-Perfect Symmetry) ou autres The Fray. Un disque où seules les pistes 10 et 11, à savoir "The House" et "The Incomprehensible Sleep", pourraient être considérées comme "de trop", mais qui se font très rapidement oublier par la présence des "imparables" que sont "Buy The Truth", "Spirit Sing" et surtout "Eye Of The Storm", l'un des titres de l'année : une progression à la fois épique et fluctuante, à laquelle il est difficile de rester de marbre, tout autant que le thème abordé, en l'occurrence la perte d'un être cher. Vraiment poignant...
Une bonne surprise en définitive que ce nouvel opus de Cool Hand Luke. Certes le trio ne révolutionne en rien le genre, mais il peut "enfin" se targuer de pouvoir faire ce qu'il fait de mieux, sans contrainte, et en y mettant en avant une liberté toute retrouvée, salvatrice. Enfin !
A écouter : "Eye Of The Storm", au moins...