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Biographie

Colour Haze

Colour Haze vient de Munich en Allemagne, fondé au milieu des années 90. Le groupe est devenu en plus d'une décennie l'un des porte étendard du Stoner teuton, et depuis quelques années Européens. Le groupe né en 1994 de la rencontre de Stefan Koglek (Guitare / Chant), Tim Höfer (Batterie) et Christian Wiesner (Basse). Les différents membres ont auparavant joués ensemble dans différentes formations Krautwave, Jazzcore (Surface Tension) ou Goth Rock (Organized Noise). En 1995 le premier album voit le jour sur David Records. Chopping Machine montre un groupe partagé entre Doom et le courant Dark expérimental. En 1997, Colour Haze se sépare à moitié : Tim part dans Tailgate tandis que Stefan et Christian composent de nouveaux morceaux avec un chanteur (Felix Neuenhoff). Peu après, Christian en 1998 se voit remplacé par deux nouveaux membres : Manfred Merwald (Batterie) et Philip Rasthofer (Basse). Sous ce line-up sort Seven, mix entre Stoner Rock psychédélique et influences Grunge. De suite après sa sortie Felix quitte le navire. La formation trouve alors sa voie et retrouve sa voix avec Stefan. Le line-up se stabilise et une démo, Periscope, sort en 1999 suivi de peu par un album : CO2. Le groupe perce alors un peu plus et trouve son public en tournant en Allemagne. Ils signent sur Monsterzero qui réédite des versions LP et CD de CO2 vite épuisées. Le son devient clairement Stoner Rock / Fuzz Rock (si chère à Kyuss) et ne cessera d'évoluer dans cette voie. Très vite les allemands enchaînent sur Ewige Blumenkraf qui va continuer d'asseoir la réputation du groupe. Dans le même temps, une version remixée de Periscope sort. En 2003 Colour Haze revient avec un double album, Los Sounds De Krauts, qui sort sur le label monté par Stefan, Electrohash Records. Fort de leur notoriété grandissante le groupe revient à peine un an plus tard avec un album éponyme et plusieurs split EP. En 2006 le groupe continue son ascension avec Tempel. En 2008, les teutons sortent All, toujours sur  Electrohash, puis She Said en 2012.

To The Highest Gods We Know ( 2014 )

Quand Colour Haze accouche d’un nouvel album, c’est toujours un heureux évènement. Depuis plus de 20 ans, ils sont la figure de proue du rock psychédélique. Leur patte unique a évolué au fil des ans au travers d’albums au style varié. Mais Colour Haze c’est avant tout un son. L'accordage en do pour les connaisseurs (très grave par rapport à l’accordage basique) donne une chaleur et une profondeur unique au son, aidé par une batterie souvent rapide et toujours parfaitement calibrée.

To The Highest Gods We Know (TTHGWK) est un LP de 6 morceaux et de tout de même 45 minutes ; rien d’étonnant à ça quand on connait la propension qu’ont les amateurs du genre à faire des morceaux interminables. Pourtant, à l’écoute, on a l’impression qu’il ne s’agit que de quelques instants, l’album est en effet d’une grande diversité. Dans leur précédent effort, She Said, le groupe revendiquait avoir « trouvé son son » et il n’est donc pas étonnant de voir que TTHGWK est dans la droite lignée de son prédécesseur. Circles fait penser à la seconde partie de Transformation, tant au niveau de sa rythmique rapide que de ses variations. Sensation confirmée avec les morceaux suivants dont l’ambiance plus lumineuse et festive peut surprendre le fan de la première heure. Call, en revanche, fait penser aux débuts de Colour Haze et leur album éponyme avec des plages sonores chaudes et enveloppantes. On évolue dans un style que l’on connait déjà, qui semble retracer le parcours musical du groupe, le tout porté par une production d’excellente qualité. 

Des éléments inédits sont cependant à souligner : l’ajout d’instruments à vent, de violons et de violoncelles en particulier. Cela aurait pu être une véritable trouvaille ; or ici, ils n’apportent rien. En suivant la ligne mélodique sans s’en démarquer, ces instruments ne ressortent pas assez et c’est dommage. Mais l'OVNI de cet album est le morceau To The Highest Gods We Know. Il s’agit d’une réussite incroyable, tant au niveau de la composition irréprochable, que du choix des instruments mais aussi et surtout du fait que malgré l’utilisation de gammes et sonorités orientales, ils ont réussi à garder leur identité. Il s’agit très clairement d’un axe autour duquel le groupe peut se renouveler et explorer de nouvelles pistes créatives. Les Munichois signent ici un tour de force technique. L’outro vient clôturer en beauté un album dans lequel on aura beaucoup entendu la belle voix de Koglek, le chanteur guitariste.

En résumé, TTHGWK fait l’effet d’un album « patchwork ». Il est à la fois dans la continuité du mouvement de She Said, et néanmoins très proche de Fall ainsi que des albums précédents. Le morceau éponyme constitue quant à lui une piste d’exploration nouvelle que le groupe s’est ouverte. Le manque de cohérence de l’album est le principal reproche que l’on peut trouver : les morceaux n’ont pas de lien et sonnent très différemment, il n’y a pas de ligne directrice significative. Il reste cependant très bon, plein de compositions inspirées. Colour Haze nous montre encore une fois de quoi ils sont capables, et le résultat est solide.

A écouter : To The Highest Gods We Know - Circles - Call
16.5 / 20
5 commentaires (17.3/20).
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All ( 2008 )

Colour Haze produit depuis sa Bavière du disque de qualité, une réalisation allemande comme on les aime, précise, robuste et résistant au temps. Tempel et l'album éponyme sont là pour en témoigner. Comme à leur habitude c'est discrètement que sort ce All, 10 titres stoner rock / psyché prêt à être analysé par tout amateur du genre ayant déjà succombé aux sirènes allemandes et à s'être perdu dans la brume.

Colour Haze est en effet très discret, malgré une grosse carrière et une reconnaissance grandissante le groupe reste encore confidentiel, si vous découvrez via cette chronique ce groupe une mise en garde s'impose : Si vous êtes fan de Kyuss ou plus généralement de stoner, grosse dépendance en perspective. On vous aura prévenu.
Après avoir servi deux albums magistraux de pysché rock / stoner en reprenant le flambeau laissé par Kyuss en 1996 les attentes était nombreuses autour de All. Le groupe allait-il réussir à pousser encore plus loin sa patte ou dévier de sa voie?
Nos teutons ne vont pas faciliter la réponse, dans un sens les 10 titres de All sont du Colour Haze pur souche; les riff de guitares « fuzz », de longues plages de guitare brumeuses s'échouent sur des récifs abrupts, plus loin la voix diaphane captive l'auditeur et le fait doucement entrer dans son cocon. On retrouve donc tout ce qui a fait le charme des précédentes productions mais subtilement d'autres éléments viennent se greffer à l'existant (une sitar ou un orgue par exemple); les structures toujours très jazzy deviennent un peu plus expérimentales.
Colour Haze propose une palette de sensation peut être plus vaste qu'auparavant; If par exemple semble être un titre de Colour Haze passé en accéléré, le groupe s'y énerve plus qu'a l'accoutumé tandis que 4 pistes plus loin le psychédélisme du groupe est poussé à son paroxysme avec une sitar toujours efficace dans ce genre de situation.

All n'est plus la claque des deux précédents albums (et de l'éponyme tout particulièrement), l'effet surprise en moins, mais la qualité est là confirmant par la même le statut de groupe désormais incontournable de Colour Haze. Ces dix nouveaux titres (tous formés d'un seul mot, l'enchaînement des titres/mots pouvant donner lieu à interprétation) montrent de nouveaux horizons musicaux à explorer pour le groupe. Brumeux, hippie, relaxant, enfumé, 70's, ... à vous de poser vos mots sur cet album.

A écouter : Moon, One, Turns