On disait le post-rock mort et enterré. On n’y croyait plus. Et certains s’empressaient de cracher sur sa tombe.
Pauvres fous que nous sommes. Black Moon Empire est là pour faire taire cette imprudence. Black Moon Empire est une union. Une union entre Collapse Under The Empire et Mooncake. En musique, on appelle ça un split. Oui mais ici, ce n’est pas qu'un "simple" split. Certes, les deux formations jouent bien chacune deux de leurs morceaux, mais elles exécutent également un titre ensemble. On a dit union.
Ce titre, c’est "Black Moon Empire". Une sublimité absolue. Une pureté qui se déploie lentement, comme un épanouissement, comme un pétale qui choie sous le poids de la rosée. Le côté un peu céleste, légèrement nébuleux et flottant rappellera aux amateurs God Is an Astronaut ou Explosions In The Sky. La filiation est bien là. Quant à l’épilogue – absolument magnifique – de ce titre inaugural, il emprunte la grâce des silhouettes de Mono. Sérieux, ce titre…
Oui, un titre comme ça, on a envie d’en faire tout un paragraphe. Alors, il faudra faire plus court pour le reste, dire en somme que "Spark" de Collapse Under The Empire est plus rêche, plus bétonnée, avec ce quelque chose de cuivré sur la basse qui domine le morceau. Quelque chose comme du Mogwai dans ses moments trapus ? Ou un mélange de Maserati et 65daysofstatic ? Quelque chose comme ça oui. Les 3 morceaux restants adouciront les mœurs. Des somptueuses envolées de violons de "Turquoise" aux langueurs de "Novorossiysk 1968" en passant par l’atmosphère industrielle de "T.S.D", tout est réussi. Et sans omettre de reconnaître que ce split n’apporte pas la révolution dans le genre et que, somme toute, il suit fidèlement les codes, il mérite d’être écouté. Car il est bien ce split, il est vraiment bien.
A écouter : "Black Moon Empire", "Turquoise"