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Biographie

Coliseum

Ryan Patterson - guitare, chant
Carter Wilson - batterie
Mike Pascal - basse

C'est à la suite d'un des nombreux moments off qui peuvent intervenir dans la vie que Ryan Patterson, guitariste de Black Cross, fonde Coliseum à Louisville en 2004. Ayant à l'esprit de faire une musique associant la force destructrice du crust british au punk hardcore traditionnel de DC ainsi qu'au metal, il s'entoure de son cousin Matt Jaha (batterie) et de ses amis Keith Bryant (basse) et Tony Ash (guitare), et s'enferme dans son garage pour donner le jour à la première production du groupe. Enregistrée sous la houlette de Jason Lowenstein, un ancien de Sebadoh, celle-ci est éditée sous la forme d'un split par Level-Plane Records en juin 2004, la seconde moitié du skeud étant dévolu à Lords, autre formation de Louisville.
Après plus d'une centaine de shows en huit mois, durant lesquels Coliseum joue avec Cursed, Hot Cross, Breather Resist et Lickgoldensky, entre autres, Keith Bryant est remplacé par Mike Pascal. Le groupe entre alors en studio fin 2004 pour enregistrer le monstrueux Goddamage, toujours sous la direction de Lowenstein. Originellement sorti chez Manic Ride Records en 2005, le mini album est représsé quelques temps plus tard sur le propre label de Patterson, Auxiliary Records. Coliseum repart alors sur les routes durant toute l'année, enquilllant plus de 120 concerts aux côtés de formations telles que From Ashes Rise, Kylesa, Buried Inside ou Torche.
L'année 2006 voit le départ de Tony Ash, laissant le groupe sous la forme d'un trio. Coliseum enregistre alors un split en compagnie de Doomriders, intitulé Not of This World, où chaque formation reprend des morceaux de Danzig. Le groupe de Louisville s'embarque ensuite pour une tournée européenne avec Lords à l'issue de laquelle sont composés les premiers morceaux du nouvel album, No Salvation qui sort chez Relapse en 2007.
Après le remplacement de Chris Maggio par Carter Wilson, Coliseum intègre le roster de Temporary Residence.

13.5 / 20
1 commentaire (15/20).
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House With A Curse ( 2010 )

Coliseum n'aura pas longtemps hanté les couloirs de Relapse. A peine un album et un seven que le trio de Louisville rejoint l'ambiance feutrée de Temporary Residence (Mono, Eluvium, Maserati). Un choix curieux lorsqu'on connaît la rusticité des rejetons du Kentucky et les pantouflards du label, mais qui l'est beaucoup moins lorsqu'on commence à poser l'oreille sur House with a Curse, troisième album du groupe. Une oeuvre dans la continuité du True Quiet/Last Wave pondu l'an dernier où pointait déjà une volonté de laisser l'artillerie lourde à la cave, en privilégiant les tournures moins incisives, plus mélodiques et moins rentre-dedans.
Toutefois ce qui nous avait assez agréablement surpris à cette époque, peine à reproduire les mêmes effets. Non pas que House with a Curse soit un mauvais album. Le groupe prend un virage assez conséquent, proposant davantage de finesses et un réel travail mélodique de fond faisant de cet album une oeuvre soignée, largement supérieure à pas mal de productions. Mais là où, auparavant, Coliseum transpirait le punk et le rock n' roll à grosses gouttes, le trio n'offre plus qu'un front moite sur le très bon "Everything to Everyone", superbement twisty avec son accent motörheadien prononcé. Le reste s'enfonce dans un rock convenu, sans trop de saveur, pour ne pas dire consensuel tant les harmonies et les nappes de violon qui ont fait leur apparition n'apportent rien de bien fameux à l'ensemble, au contraire. Même si "Lost in Groningen" ou "Statuary" rachète quelque peu un début assez calamiteux, on est loin des déflagrations de No Salvation et de tout ce qui en faisait le charme. Coliseum n'est pas un groupe créatif et ne l'a jamais été mais il possédait suffisamment de rage et de colère pour pallier ce manque, un songwriting talentueux lui ayant permis d'écrire Goddamage.

Avec House with a Curse, Coliseum a clairement pris le risque de rentrer dans le rang et n'est pas loin d'avoir perdu ce qui en faisait son seul attrait.

Tracklist : 1. Introduction, 2. Blind in One Eye, 3. Everything to Everyone, 4. Crime and the City, 5. Cloaked In Red, 6. Perimeter Man, 7. Skeleton Smile, 8. Isela Vega, 9. Lost In Groningen, 10. Statuary, 11. Man Was Never Meant to Fly, 12. Punk Money

A écouter : Everything to Everyone, Statuary, Lost In Groningen

True Quiet/Last Wave 7" ( 2009 )

Coliseum est actuellement un des rares groupes avec Doomriders à rester aussi inspiré dans un style aux sonorités désuètes, où la sueur et une production faussement lo-fi font le reste. Et vue la productivité des bostoniens, il y a de grandes chances qu'il prenne même un avantage conséquent. En bon éclaireur et en attendant mieux - pénible cette manie du seven en ce moment, on sent que c'est la crise - ces deux titres mettront l'eau à la bouche des amateurs des bouseux du Kentucky. Ces derniers n'en gagneront pas de nouveaux mais ils ne perdront pas les anciens.
Ici pas de cavalcades de gnous à la "Defeater". Certes le rugueux reste bien présent avec des rythmiques de dingue, à l'équilibre parfois précaire entre le tribal et le groovy ("True Quiet"), associées au timbre rugueux de Patterson qui fait toujours son petit effet. Mais le trio met davantage l'accent sur son profil le plus fragile, allant chercher son inspiration dans des recoins où il devrait mettre davantage les pieds si l'on en croit le résultat probant sur le très mélancolique "Last Wave".

Un peu court pour se projeter dans l'avenir, mais la prochaine fournée de Coliseum chez Relapse ne devrait pas occasionner de déception majeure.

 

Tracklist : 1. True Quiet, 2. Last Wave

A écouter : Last Wave

No Salvation ( 2007 )

Saut de l'ange pour Coliseum qui, après quelques oeuvres plus confidentielles, quitte sa boutique d'Auxiliary Records pour intégrer Relapse, l'une des grosses écuries du moment (Pig Destroyer, Today Is The Day, High On Fire...).

No Salvation n'appartient pas aux oeuvres destinées à changer la face de l'histoire du hardcore. Mais ce n'est pas non plus l'objectif de Coliseum. Confiné dans le registre brut qu'on lui connaît depuis l'explosif Goddamage, le groupe de Louisville ne voit son salut que dans un hardcore punk très rustique, autant emprunté à Motörhead qu'à Discharge, aux morceaux boulets de canon, simples et efficaces, bien dans l'esprit des Doomriders ou de Lords, leurs confrères du Kentucky. Certes on craignait un relatif assagissement, du moins un léger fléchissement, ce qui est souvent le cas lorsque s'opère un changement de structure. Les premières notes de "No Benefit" infirment de suite nos craintes. Force est de reconnaître que la production de Kurt Ballou fait, une fois de plus, des merveilles. En ayant su conserver le son live des oeuvres précédentes du groupe - une basse granuleuse, une guitare en flamme et une batterie exaltée - le propriétaire de God City permet à Coliseum de laisser éclater sa verve et son énergie dans de furieuses détonations animées d'un esprit rock n' roll bien typique du sud des States, mélange de southern traditionnel et de furia punk, qui en fait le véritable moteur de l'album ("Defeater", "Skyline Fucker", "Fall of the Pigs"). Aussi, rien d'étonnant à ce que se glisse à l'intérieur des compos une fibre stoner dans le genre de Clutch qui achèvera de convertir les plus récalcitrants ("The Fate of Men", "Interceptor").
Mais Coliseum n'est pas seulement qu'un concentré de testostérone ni une entreprise de démolition. Le trio démontre également avec No Salvation une aptitude à ne pas se laisser entraîner les yeux fermés dans la tourmente. Au contraire, parallèlement à cette débauche, le groupe s'égare volontairement dans des contrées peut-être un peu plus psychédéliques, renouvelant au passage sa garde-robe pour un rendu loin d'être inintéressant. Même si cet écart de conduite peut encore paraître assez timide, il trouve son aboutissement dans des morceaux un peu plus travaillés, moins instinctifs, où traînent çà et là quelques bribes d'accords plus acides, lorgnant quelque peu vers le post hardcore du bayou de Kylesa ("The Burden", "Profetas").

Bref, la tâche était ardue mais Coliseum semble avoir bien négocié ce virage difficile grâce à un No Salvation aussi impétueux qu'inspiré. Examen d'entrée réussi.

A télécharger : "No Benefit", "White Religion", "The Fate of Man" sur MS

A écouter : Defeater, Fall of the Pigs, Profetas