Coilguns, l'une des hydres de The Ocean, dont nous avions précédemment parlé en ces pages, refait surface avec au menu, une légère modification du line-up (le bassiste se focalisant sur ses cordes vocales, laissant le guitariste assurer l'intégralité des riffs du EP) et un EP, Stadia Rods, avec comme idée folle celle d'en remettre une couche quelques mois plus tard.
Ici, on délaisse un peu le côté Rock'N'Roll de Every Time I Die pour se tourner vers l'aspect Chaotico-Brutal d'un The Dillinger Escape Plan ou Breach : une charge de taureaux difficile à arrêter ("Zoetropist") lorqu'elle ne piétine pas dangereusement sur place ("In The Limelights"). Pas de quoi se labourer les oreilles, mais une succession de riffs et de larsens ("The Shuftan Process") s'orientant un peu plus vers un aspect Post que purement Hardcorisé. On retrouvera presque, sans aller dans une complexité identique, des airs de Comity sur cet agencement lent et crescendo des plans (notamment sur les 2 derniers titres).
Globalement, aucun titre ne se démarque particulièrement : l'ensemble est cohérent, stable, avec quelques riffs bien placés ("Parkensine" et son solo à la Between The Buried and Me) et un jeu rythmique virevoltant ("Zoetropist") lorsque la folie ne gagne pas ("Witness The Kern Arc" et ses guitares que l'on pourrait tirer du premier Norma Jean). Stadia Rods n'est pas époustouflant, mais homogène, ce qui est déjà un gros plus car on ne passera pas de titre particulier, préférant se passer les morceaux à la suite, histoire de garder ce fil conducteur un brin malsain qui tient en haleine ("In The Limelights").
Le passage de Louis au chant (à plein temps) et l'utilisation de pédales et d'amplis par Jona n'a pas d'impacts perceptible sur les compos de Coilguns. Heureusement, car du coup un seul musicien assure l'intégralité des riffs sur les nouveaux titres.
Peut être moins foufou que le split avec Kunz, Stadia Rods amène une légère évolution dans la musique de Coilguns. Même si l'essence même du trio est toujours là, il est plutôt ici question d'un aspect plus massif des compos qu'une furie rock'n'roll. Ca n'empêche pas de s'éclater sans se prendre la tête.
A écouter : In The Limelights - The Shuftan Process