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Biographie

Coffins

Les débuts de Coffins sont laborieux. Formé en 1996 par Yoshiaki, bassiste, Aniki, guitariste, et Uchino, batteur à Tokyo, ils adopte le nom de Coffins et font leur premier concert en 1997. Le line-up bouge pas mal, Uchino prenant finalement la guitare et Yoshikia le chant, recrutant You aux futs et Hidaï à la basse. Mais leurs emplois du temps chargés leur font jeter l'éponge en 2000, n'ayant enregistré qu'une simple démo.

Uchino et You décident cependant de remettre le couvert en 2003 avec un nouveau bassiste, Sentou. Initialement Doom, ils évoluent vers un Death lent et gras qu'ils fixent sur quelques démos, notamment Sacrifice To Evil Spirit qui leur ouvre les portes de l'excentrique label hollandais Razorback Recordings, qui s’intéresse surtout aux projets death et grind originaux et portés sur l'humour et la culture horrifique comme Ghoul, Frightmare, Impetigo, Lord Gore...Ils y publient leur premier album, Mortuary In Darkness. Koreeda vient remplacer Sentou à la basse, et ils sortent rapidement The Other Side Of Blasphemy chez Imperium Records. Buried Death viendra rapidement en 2008, cette fois chez 20 buck spin. Leur notoriété grandissante leur permet de commencer à tourner aux USA et en Europe, participant à de prestigieux festivals comme le Maryland Death Fest, l'Obscene Extreme ou le fameux Roadburn. Ils enchaînent également les splits avec Skullhog, Warhammer, Hooded Menace, Stormcrow...et se permettent de publier en 2012 Sewage Sludgecore Treatment, un ep de reprises de groupes de sludge comme Eyehategod (dont ils reprennent souvent Sister Fucker), buzzov*en, Iron Monkey, Grief...

En 2013, leur réputation est suffisamment établie et respecté pour que Relapse s’intéresse à eux et sorte en 2013 leur quatrième album, The Fleshland. Coffins est aujourd'hui un acteur reconnu de la scène metal japonaise qui se peut se permettre de participer aux plus gros festivals du genre comme le Hellfest en 2015 tout en gardant une vraie stature underground, continuant à écumer petites salles et squats de par le monde pour diffuser le death lent, glaireux et groovy qui a fait leur notoriété.

Chronique

Split avec Butcher ABC ( 2015 )

Ce que Bones Brigade nous propose là avec ce split, c'est un peu l'équivalent d'un duel Akira vs Godzilla, un choc des titans version japonaise. Un disque se partageant entre deux figures tutélaires et cultes du metal underground japonais, à savoir Coffins, roi du death/doom rythmé au D-beat et Butcher ABC, discret mais excellentissime combo Goregrind révéré de par le monde, qui a su élever au rang d'art le groove glaireux et malsain.

Examinons l'objet. Il s'agit précisément d'un Single Split, chaque groupe se contentant de n’exécuter qu'une chanson par face. Le disque commence par Coffins, qui nous délivre un Reborn Pt. II tout à fait dans les règles auxquels ils nous ont habituées. Un riff d'entrée ultra-revanchard introduisant le morceau comme une charge d'éléphants qui vient ravager la civilisation au rythme d'un d-beat un peu plus rapide qu'à l'accoutumé. Quelques ralentissements après un court blast un peu convenu viennent accréditer le côté doom au milieu du morceau, avant de reprendre de façon très académique la cavalcade dévastatrice et de conclure par un raclement glaireux de gorge. Jusqu'ici, tout va bien, du Coffins à 100% tradition AOC label rouge. Cependant, on est en droit se demander si ce morceau a vraiment sa place sur un Split Single. S'il est vraiment aussi bien que ce qu'on peut attendre de Coffins, le fait de n'avoir qu'un seul morceau à placer devrait plutôt inciter à ressortir une vraie perle, une trouvaille étonnante, pas un simple bon morceau. D'autant plus que Reborn a déjà été publié en flexi par le magazine Decibel Rebel comme cadeau à leurs abonnés, ce qui accentue un peu le côté recyclage.
Du côté de Butcher ABC, en revanche, on est plus gâté. Le simple fait de poser une oreille sur une nouvelle composition est en soi un événement, le groupe se faisant franchement discret. On ne compte aucun véritable album à leur actif, juste des Eps, Live et Split. C'est au compte goutte qu'ils délivrent leur talent et les vrais amateurs sont toujours impatient de pouvoir y poser l'oreille. House of Meats est un régal pour l'oreille du mélomane à patch. Butcher ABC n'y livre ici pas simplement un ramassis de growls pitchés accompagnés d'une suite de blast sans fin mais un morceau composé de plusieurs partis à l’efficacité ravageuse, qui frôlent parfois presque plus le hardcore que le grind. La voix scandant le texte est plus souvent éraillé qu'en growl, le mid-tempo et le d-beat sont rois au point de faire passer la scène suédoise pour une bande de skatteurs inoffensifs. Comme à leur habitude, l'épaisseur du son de la guitare et de la basse sont un vrai plaisir de gourmet, car Butcher ABC a exactement le même son que les massifs américains de Black Cobra, c'est dire. Un véritable appel au pogo ultra dynamique qui fait un peu passer la partie coffins du split pour une pause-café.

Globalement l'objet fera la joie des amateurs du genre, se positionnant comme un petit plaisir qu'on s'offre comme ça, pour le fun. Ils apprécieront aussi les artworks, jetant à la poubelle toutes les photoshoperies auxquelles nous sommes habitués avec son trait bien gore old school et ses collages cheaps comme ça se faisait couramment il y a plus d'une décennie. Plutôt qu'un disque incontournable, ce split Coffins/Butcher ABC est surtout une belle pièce de collection.

A écouter : Beaucoup !