Découverte
Pochette First Crime

Biographie

City of Caterpillar

Formé de membres de pg.99, Darkest Hour, Stop it! , Enemy Soil, Kilara puis plus tard de Majority Rule (rien que ça), les américains de City of Caterpillar pratiquent un screamo lorgnant sur le post-rock qui influencera des groupes tels que A Day in Black and White  et Circle Takes the Square notamment.
Après deux splits avec System 2600 et pg.99, le groupe enregistre en 2002 son premier et seul album  qui, comme les autres efforts du groupe, sort chez Level-Plane. Après une tournée au Japon avec Envy et Hot Cross, le groupe se sépare en 2003.

Chronique

18 / 20
3 commentaires (18.83/20).
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City of Caterpillar ( 2002 )

Coup d'essai, coup de maître. Il est vrai que les cinq membres de City of Caterpillar, officiant dans pg99 ou Majority Rule n'étaient pas précisément des nouveaux venus. Néanmoins, on ne peut que rester admiratif devant ce premier opus : City Of Caterpillar réussit le tour de force de nous offrir une musique à la fois violente et émotionnelle, urgente et psychadélique, chaotique et travailée. Mais rien ici ne paraît forçé, si bien que ces sept titres, malgré leur durée très variable (on passe d'un morceau d'un peu plus de 2 minutes à un pavé de 9 minutes) forment un véritable ensemble et se complètent.

L'entrée en matière assez "classique" avec "And you're wondering how a top floor replace heaven" permet néanmoins déjà d'augurer de la suite du disque et de ses incursions instrumentales. En effet, par la suite, les passages très denses cèdent la place à des portions beaucoup plus longues, aériennes, avant de repartir de plus belle ("A heart filled reaction to dissatisfaction"). Les guitares se font dissonantes afin de n'en devenir que d'autant plus mélodiques et envoutantes tandis que les vocalises de Brandon Evans et Kevin Longendyke  tour à tour hargneuses, mélancoliques ou desespérées accompagnent le tout. Mais la musique est également portée par cette batterie qui, par son apport rhytmique toujours judicieux semble porter le groupe et nous transporte dans des sphères mogwaiennes avant d'exploser.
"When was the last time we painted over the blood on the walls" est sans doute le morceau le plus atmosphérique, les vocalises ne font leur entrée qu'au bout de plus de 5 minutes d'une lente et lancinante montée poussée jusqu'à son paroxysme. On pense quelque fois à Envy, mais là où nos japonais développent un côté presque symphonique, City of Caterpillar se veut plus punk et plus noisy, comme le début de "Maybe they'll gnaw right through", fragile équilibre entre dissonance et mélodie.

 Pour son premier et malheureusement seul album, City Of Caterpillar réussit à concilier deux styles que l'on aurait pu croire totalement antynomiques, à savoir le punk et son côté fougueux, urgent et bruitiste ainsi qu'un  post-rock planant à la Godspeed You! Black Emperor dans un disque screamo de haute volée. Chaque nouvelle écoute premet de mieux s'immerger dans l'univers du groupe jusquà s'y fondre. Porté par sa colère et son désespoir, le groupe transcende ses émotions pour aboutir à une musique belle et accomplie . Non content de nous servir là un album particulièrement bien écrit, City of Caterpillar s'offre également le luxe de poser les bases d'un style dont s'inspireront des groupes comme A Day In Black And White ou Circle Takes The Square.

A écouter : tout