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Biographie

Church Of Misery

Church Of Misery voit le jour en 1996 suite à l'impulsion de Tatsu Mikami (ex-Salem) et Tomohiro Nishimura. Nobukazu et Hideki Shimizu se joignent à eux avec la ferme intention d'allier le Metal des ancêtres Black Sabbath et Trouble avec leur obsession des serial killers. Les trois premiers enregistrements officiels du groupe sont ceux apparaissant sur la compilation Doomsday Recitation en 1998. S'en suivent plusieurs productions aux côtés de formations telles que SheavyIron Monkey ou Millarca. Church Of Misery signe chez Southern Lord en 2001 pour la sortie de Master Of Brutality sur lequel opèrent un nouveau chanteur, Yoshiaki Negishi ainsi qu'un nouveau batteur, Junji Narita. En 2006, les japonais s'associent à Sourvein pour une tournée européenne. Le groupe est aujourd'hui une référence du genre et s'est notamment imposé grâce à Houses Of The Holy paru en 2009 chez Rise Above Records. En 2013, ils sont de retour avec Thy Kingdom Scum. Suivra en 2016 And Then There Were None….

13.5 / 20
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And Then There Were None ( 2016 )

Autant vous le dire tout de suite, je suis quasiment sûr que nous avons ici affaire à un serial killer (les plus jeunes d’entre vous et ceux qui n’ont pas le bon goût de connaître l’origine de cette affirmation, rendez-vous ici). Church of Misery, soit le bassiste fondateur et seul membre permanent Tatsu Mikami, n’est certainement pas familier avec cette référence mais ne fait pas moins de la figure du tueur en série l’obsession d’une discographie lourde et poisseuse à souhait. Le Japonais, qui a vu défiler à ses côtés un nombre imposant de musiciens au fil des années, s’est cette fois entouré d’un lineup entièrement américain avec Eric Little à la batterie, Dave Szulkin à la guitare et Scott Carlson (Repulsion, Cathedral) au chant. 

Le résultat, sans surprise, est conforme à ce que l’on peut attendre de la part de Mikami. C’est certainement là que se situe la relative déception engendrée par cet album. La thématique de prédilection de Church of Misery est un vivier sans limites d’ambiances angoissantes et déviantes servies par des riffs Doom/Stoner efficaces, à défaut d’être innovants. Les clins d’oeil plus qu’appuyés à Black Sabbath frôlent cependant par moments la parodie (Make Them Die Slowly qui débute comme Iron Man, River Demons qui singe la fin d’Electric Funeral), une remarque qui est évidemment valable pour des wagons de groupes évoluant dans ce style mais qui donne, avec l’utilisation répétitive et habituelle de samples narrant crimes et autres suicides collectifs, une impression de déjà-entendu qui finit un peu par lasser, en particulier sur des morceaux relativement longs (deux dépassent les huit minutes). L’interprétation n’est pourtant pas en cause et la prestation au chant de Carlson s’avère rageuse et convaincante. La teinture bluesy appliquée sur divers endroit du disque lui donne une chaleur non négligeable au milieu de ce bain de sang et l’incursion dans le Bayou via l’interlude Suicide Journey (que l’on croirait sorti d’un album de Down) offre une respiration bienvenue. Si l’ensemble ne souffre pas d’incohérence, des morceaux comme The Hell Benders ou Murderfreak Blues tournent en rond à la longue et peinent franchement à garder leur intérêt. Plus concis et varié, Confessions of an Embittered Soul donne un coup de fouet salvateur, tout comme le bon Doctor Death, qui ne dépareillerait pas chez Corrosion of Conformity. Ces 41 minutes laissent finalement une impression mitigée, celle d’avoir écouté un disque correct, voire bon par moments, mais ne provoquant pas d’envie impérieuse d’y revenir. La faute également, selon moi, à un créneau musical tellement bondé que le choix s’y fait pléthorique, rendant certainement la tâche plus difficile pour les groupes n’ayant pas le truc en plus qui les fait sortir du lot.

Comme les monstres sanglants dont il s’inspire, Church of Misery reste fidèle à un mode opératoire qui lui fait cependant laisser de plus en plus d’indices flagrants derrière lui. Au risque de se voir bientôt rattraper et mettre hors d’état de nuire ?

15 / 20
1 commentaire (16/20).
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Houses Of The Unholy ( 2009 )

Houses of the Unholy. Le terme peut paraître un peu léger pour ce qui s'apparente davantage à un musée des horreurs qu'à une simple maison des damnés. Et pour cause, ce dernier album de Church Of Misery recense une belle brochette d'aberrations nées de nos sociétés modernes. Tueur en série, cannibale, vampire, "simple" criminel, chaque titre est une véritable fiche anthropométrique dont Church Of Misery se repaît, une évocation de personnages hauts en couleur rouge sang, dont les tokyoïtes usent pour mettre en scène leur stoner du fonds des âges tout droit hérité du Bayou de Louisiane, mais greffé sur l'île de Honshu.
Church Of Misery n'est pas le premier venu et ce dernier album en date constitue en quelque sorte un aboutissement de treize ans de bastonnade down tempo. Mais une bastonnade maitrîsée, réfléchie, puissante et groovy à la fois, où les riffs cinglants de Black Sabbath et les lignes de basse dégueulasses ("Badlands") viennent s'agréger au délire psyché de Led Zeppelin (le titre de l'album n'est pas un hasard non plus) ou de son émanation des 80's, Soundgarden. Church Of Misery n'offre rien de surhumain. Dans le genre, on a fait largement mieux. Mais le quatuor sait y faire pour nous pondre des ritournelles catchy et entraînantes ("Born to Raise Hell", "The Gray Man"), mettre en avant le timbre adéquat langoureux ("El Padrino"), nous amadouer par ses soli bluesy gorgés de feeling ("Blood Sucking Freak"), passer la vitesse supérieure pour asséner ses voies de fait assorties de rafale et nous décrire l'enfer de San Ysidro ("Shotgun Boogie").

Soyons honnêtes, Houses of the Unholy n'est pas le chef d'oeuvre stoner ultime. Toutefois il confirme Church Of Misery dans sa position de daron de la scène, de figure incontournable et ce bien au-delà de ses frontières.

Tracklist : 1. El Padrino (Adolfo de Jesus Constanzo)*, 2. Shotgun Boogie (James Oliver Huberty), 3. The Gray Man (Albert Fish), 4. Blood Sucking Freak (Richard Trenton Chase), 5. Master Heartache, 6. Born to Raise Hell (Richard Speck), 7. Badlands (Charles Starkweather & Caril Fugate).

A écouter : The Gray Man, Born to Raise Hell, Blood Sucking Freak.