Pas de chronique des sales mioches du Bodom sur Metalo’ ?!! Ce groupe qui en aura tant fait frissonner de bonheur! Il est temps d’y remédier avec une tentative d’éloge où, quoi que je fasse, je ne pourrais pas, de toute façon, vous faire entrevoir ne serait-ce qu’une micro bribe des sensations et émotions qui explosent en moi à chaque écoute de ce monument du metal, et pas qu’à mes yeux seulement ! Remarque, tout n’est pas perdu d’avance tant le combo finlandais, dorénavant ultra culte, aura initié une bonne frange de metalheads de ma génération. Tentons le coup…
Nous sommes en 2001, et revoilà nos survivants du lac après deux albums où se brassait un bouillon d’influences allant du heavy/power au metal extrême. Le tout était généreusement tartiné de claviers leads et ambiants, de shreds fulgurants, et servi à une sauce néoclassique. Un melting-pot audacieux, ficelé par des structures bien fouillées (surtout sur « Something Wild ») et des musiciens encore très jeunes pour l’époque (Warman et Laiho n’avait que 18 ans à la sortie du premier album). Tant d’éléments forgeant ce rendu très ingérable pour les néophytes et du coup, convoité par un public très large.
Si la trame principale de la musique de Bodom est complètement respectée ici, on remarque que le groupe amène déjà les prémices de sa rénovation future. Le song-writting n’exprime plus aucune hésitation à taper dans la rythmique mid-tempo, voir le breakdown qui arrachent la tête, mais tout est extrêmement bien dosé au profit d’une efficacité riche et sans faille. Les claviers sont claquants et les fameuses structures montagnes russes, bien que moins progressives que sur « SW », jouissives au possible.
Des arrangements pas trop alambiquées certes, mais le feeling Laiho est bien là et refoule d’une aisance assez déconcertante. D’ailleurs, ce petit enfoiré virtuose ne s’est jamais vraiment caché de ses affiliations punk et rock’n’roll, et elles se font quelque peu ressentir sur la musique du quinquet. Bien évidement, je ne parle pas vraiment de la composition, mais plus d’une approche, d’une attitude, ressenties par des lâchés de notes impulsifs puis surtout par ces fameux harsh vocals au flow précipité. Ce ton, paradoxalement rageur et je-m’en-foutisme et le cachet des six-cordistes, contribuent à cette sensation d’aisance dans la façon dont le groupe balance ses plans, relevant pourtant d’un certain niveau technique.
Car ne l’oublions pas, COB c’est avant tout de la virtuosité clavier/guitares (de la branlette de manche pour les zikos cancaniers) et les mélodies déversées ici collent la chair de poule ! Ce raz-de-marée de notes berce, étourdi, remue les entrailles, tout est absolument épique, brave et grandiose ! Tout s’enchaîne avec une évidence absolue et les quarante minutes s’écoulent comme du nectar sacré sur vos papilles! De plus, la galette a été produite avec une prod bien reconnaissable : le combo Jackson / EMG de Laiho n’aura jamais sonné aussi atypique et même le son général possède une reverb’ bien particulière (merci papa Tägtgren). L'immersion est totale!
Tout simplement l’apothéose du Bodom metal. On dit même que ce fut la chute progressive à partir de son successeur, « Hatecrew Dearthroll », où le groupe fit un grand pas en avant de ces influences néoclassiques pour un metal qui n’a cessé de se simplifier et de se moderniser. De biens grands mots au final, quand on sait que, malgré la décadence artistique du groupe ces dernières années (enfin surtout celle de Laiho), la qualité est plutôt de mise. Cependant, certains n’auront pas applaudi l’évolution (surtout en 2008...). Pas étonnant quand on sait que pour les puristes les plus blasés, le groupe est mort après « Hatebreeder », voir « Something Wild ». Et dépit du snobisme de chacun et de leur "c'était mieux avant", « Follow the Reaper » trônera à jamais dans le cœur de ce qu’ils l’auront suivi !
Oui, je lÂ’avoue ! Cette chroÂ’ est le pur produit dÂ’un fan aveugleÂ…JÂ’assume !
A écouter : jusqu'à la moindre note!