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Biographie

Cathedral

Cathedral est un autre des glorieux pionniers du Doom, probablement aussi connu que Candlemass. Son influence sur le développement de la scène Doom est considérable puisqu’on leur prête la paternité du Doom Death européen ainsi que celle du Stoner Doom. Evoluant du Doom Death vers le Stoner Doom, le groupe est toujours aussi influent et adulé par des milliers de fans.

L’aventure débute en 1989 à Coventry lorsque Lee Dorrian, frontman légendaire des non moins cultissimes Napalm Death, quitte son groupe car il en a assez de la course à la vitesse qui dominait la scène Metal de l’époque. Au contraire, il souhaite s’orienter vers quelque chose de plus lent pour témoigner de son adoration pour des formations telles que Trouble, Pentagram, Black Sabbath, Saint Vitus, The Melvins ou encore Candlemass. Il rencontre Mark Griffiths et très vite, l’alchimie se créée. La légende veut que le groupe se soit formé lors d’une soirée très arrosée après un concert de Carcass pendant lequel Griffiths était, pour l’anecdote, chargé de projeter des images gores.
Après deux démos et un line-up à caractère changeant, le groupe commence franchement à faire parler de lui, et sort en 1991 Forest Of Equilibrium, son premier album, chez Earache. Cet album sera salué par les critiques et aura à moyen terme un impact monumental sur toute la scène Doom Metal européenne. En effet, les vocaux de Dorrian extrêmes pour l’époque et les influences très riches inspireront toute une nouvelle vague de groupes de Doom récents et au futur glorieux, Anathema, My Dying Bride et Paradise Lost, entre autres. Après une signature chez Columbia Records, la formation enchaîne les tournées (Gods of Grind, The Campaign for Musical Destruction…) et les EP, avec notamment Soul Sacrifice qui, en 1992, montre l’évolution du groupe vers un nouveau genre groovy, influencé par le Hard Rock des 70s: le Stoner Doom, ou Stoom. Mais à la sortie du disque Mark Griffiths annonce son départ du groupe. Cathedral enregistre tout de même ce que beaucoup considèrent comme son meilleur album, The Ethereal Mirror, qui sort en 1993.

Le groupe tourne de plus en plus, gros label oblige, mais finit par en avoir assez et rentre à la maison après une sombre histoire d’insultes entre Dorrian et King Diamond, lors d’une tournée commune avec Mercyful Fate. En 1994, le refus de Columbia de sortir l’ep Statik Majik  à cause de la chanson  Voyage of the Homeless Sapien, piste épique de presque une demi heure jugée invendable par le label, sonne le glas des relations entre le groupe et la maison de disque. Plus libre de ses mouvements, il enchaîne les albums de qualité où son Stoom atteint des sommets de psychédélisme : The Carnival Bizarre (1995), Supernatural Birth Machine (1996) et l’énorme Caravan Beyond Redemption (1998) qui voit apparaître des incursions très Rock progressif mêlés aux traditionnels riffs Sabbathiens. Cet album arrive comme un soulagement après un hiatus de plus de deux ans pour cause de problèmes avec leur label. Le groupe sort son premier DVD live en 2001 sous le titre Our God Has Landed, qui sera suivi par deux albums supplémentaires, Endtime (2001) et The VIIth Coming (2002). The Garden Of Unearthly Delights sort en 2005 et figure comme étant l’aboutissement du son Cathedral : Stoner Doom, Rock progressif, folk... les influences sont légions et l’album est, une fois de plus, couvert de fleurs par la critique internationale.

Aujourd’hui, le groupe va de tournée en tournées et continue son chemin, celui d’une formation exemplaire - mais à la poisse phénoménale en live - qui aura toujours fait figure de précurseur dans son domaine.

Chronique

17 / 20
1 commentaire (18/20).
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The Garden of Unearthly Delights ( 2005 )

Si j'avais un cheval et une machine à remonter le temps, j'en ferais des choses pas très honnêtes... (avec la machine hein, pas avec le cheval). Entre autres escapades crapuleuses, j'irais sûrement voir ce qui se passe du côté de l'Angleterre du moyen âge avec mon mp3 favori calé sur ce Garden Of Unearthly Delights, pour y chevaucher à travers monts et vallées, villages bruyants et châteaux sinistres, pour voir de mes propres yeux si les sorcières putassières, bourreaux pas commodes et autres rois squelettes déchus dépeints par le groupe sont aussi intrigants et magnifiques qu'il ne le laisse entendre...

Moitié doom moitié stoner, plus heavy que death, plus prog que jamais, ce huitième album des anglais mettra sur le cul plus d'un amateur du genre. Ce recueil de compositions influencées par Bosch (et son Garden Of Unearthly Delights) fait office d'album au caractère bien trempé, sorte de grimoire poussiéreux où légendes d'un moyen âge torturé contées par maître Dorrian, mises en scènes par ses lieutenants favoris (dont un Gary Jennings particulièrement en forme) et ombres latentes d'un certain Black Sabbath se côtoient à la perfection pour ne former qu'une seule et même entité rugueuse, incroyablement digeste et fluide. Avec des influences aussi variées et aussi bien diluées, Cathedral frôle la perfection avec son stoner heavy épique (mais jamais ridicule) oppressant à souhait, qui laisse toutefois la part belle au déballage mélodique et autres escapades prog bien exécutées, notamment sur The Garden, morceau de 27 minutes incroyable (chant féminin, chœurs, un Lee Dorrian chantant parfois particulièrement bien, et autres instruments symphoniques bien sentis).
Créatifs avertis, la bande à Dorrian nous délivre ici une œuvre maîtrisée de bout en bout, savant équilibre de Heavy clinquant (et pas chiant), de stoner débridé et de doom aux petits oignons, avec comme constante un mur de son sacrément impressionnant et addictif. Les riffs de Jennings sont bien souvent magnifiques (Tree Of Life And Death, North Berwick Witch Trials), le duo basse / batterie fait son office, mention spéciale à Oro The Manslayer, cavalcade épique de 8 minutes qui vous enfoncera dans la boue sans que vous ne trouviez jamais la force de vous relever de ce coup de massue formidable, et un Lee Dorrian qui semble à l'aise plus que jamais dans son rôle de conteur sordide d'outre tombe...

A force de rechercher la perle rare, le nec plus ultra musical, l'album intemporel ultime qui possède toutes les qualités et répond aux exigences de tout le monde, on en oublie parfois le plus important : l'âme que dégage un album, le petit truc qu'on ne peut pas mesurer, le liant qui fait défaut à beaucoup.
Un album de Cathedral, c'est toujours un bon moment, on se souvient des excellents Carnival Bizarre ou Supernatural Birth Machine et les deux décennies de ce groupe pionnier du doom hypnotique sont là pour nous rappeler combien sa musique est importante, influente et fidèle à son public. Fidélité, spontanéité et sincérité sont les maîtres mots de cette formation légendaire qui peinait depuis quelques années à nous proposer un album sortant un peu du lot.
Cette cuvée 2005, bien trop sous estimée à mon goût, et bien c'est quelque chose... si bien que s'il vous fallait retenir un trio d'albums aux couleurs doom / stoner parus ces 10 dernières années, ce Garden Of Unearthly Delights mériterait toute votre attention, tant la qualité est au rendez vous... Si seulement j'avais un cheval...

A écouter : Sur un cheval, ou un poney...