logo Candlemass

Biographie

Candlemass

Candlemass est probablement le groupe de Doom le plus connu et le plus admiré de tous. Glorieux pionnier des 80s aux côtés de Cathedral, le groupe a joué un rôle fondamental dans l’élaboration de la scène Doom en poussant plus avant le concept de ralentissement du Heavy Metal entamé avec Black Sabbath, Trouble, Saint Vitus ou encore Witchfinder General. Certains lui prêtent même la paternité du terme «Doom Metal». Plus de vingt années après ses débuts, la formation a acquis le statut de groupe cultissime parmi les groupes cultes, entré définitivement au panthéon de la musique Metal, voire de la musique, tout simplement.
Tout commence à Stockholm en 1984 lorsque le bassiste Leif Edling décide de reformer un groupe sur les cendres de Nemesis, son précédent projet (dont certaines compos seront retravaillées puis utilisées par Candlemass). Les membres vont et viennent au sein de la formation nouvellement nommée Candlemass qui enregistre trois démos, ce qui lui vaut un deal avec le label français Black Dragon. En 1986 pour la sortie d’un premier album, le line-up est le suivant: Leif Edling (basse), Johan Lanquist (chant), Mats Björkman&Klas Bergwall (guitares) et Matz Ekström (batterie). C’est en 1986 qu’Epicus Doomicus Metallicus voit le jour, album aujourd’hui considéré comme LA pièce maîtresse du groupe et du Doom tout entier, géniteur d’une nouvelle branche: l’Epic Doom. Mais à l’époque les critiques sont loin d’être dithyrambiques ; elles saluent certes une certaine originalité mais rien de plus.
La valse des membres continue après ce premier effort, et c’est en 1987 que débarque Eddie « Messiah » Marcolin, fantasque chanteur à la voix unique qui s’habille en moine sur scène. Après une nouvelle démo et le départ de chez Black Dragon pour le label britannique Active Records, le groupe s’attelle à l’enregistrement d’un deuxième album qui voit finalement le jour en novembre de la même année, intitulé Nightfall. Bien aidé par de nombreux concerts et une distribution aux USA, ce nouvel enregistrement fait exploser la popularité du groupe, principalement sur le vieux continent où tous les labels sont dorénavant à l’affût.
Quasiment un an jour pour jour et deux démos plus tard, Ancient Dreams, troisième album studio de Candlemass, sort et lui ouvre les portes du succès, avec notamment une entrée au classement des North American Billboard Charts. Tales of Creation suit l’année suivante, et le groupe sort chez Metal Blade son premier live en 1990, enregistré à Stockholm et sobrement intitulé Live.
Mais un évènement de taille menace la survie du groupe lorsqu’en 1991 Messiah Marcollin décide de quitter le navire en plein succès. S’en suit alors une période morne où la formation parvient tout de même à signer chez Music for Nations et enregistrer Chapter VI avec Tomas Vikström au chant, mais le cœur n’y est pas et les membres restants décident de plonger le groupe en sommeil prolongé.
Candlemass semble alors condamné, mais la formation ressurgit de manière inattendue en sortant un nouvel opus en 1998, Glamilis Glomerata. Nouveau line-up, nouveau chanteur en la personne de Bjorn Flodkvist mais toujours sur même label, ce retour n’est pas qu’un simple feu de paille puisque le groupe récidive l’année suivante avec From the 13th Sun.
Il faut néanmoins attendre 2003 pour entendre à nouveau parler du groupe avec la sortie de Documents of Doom, DVD live / documentaire et d’un autre live, Doomed for Live - Reunion 2002. On se dit alors que la messe est dite, mais c’est sans compter avec ce diable de Messiah Marcolin qui fait son grand retour avec Candlemass en sortant un album éponyme en 2005 chez Nuclear Blast. Surfant sur la vague de ce regain d’intérêt, un nouveau DVD live sort la même année, intitulé The Curse of Candlemass.
La formation enchaîne ensuite les concerts, et on ce dit que cette fois, c’est bel et bien reparti. Mais encore une fois, Messiah Marcolin surprend tout le monde en quittant précipitamment le groupe courant 2006.
Après d’innombrables rebondissements à base de vrais faux retours, la séparation devient officielle à la fin de l’année. Robert Lowe (Solitude Aeturnus) est choisi comme remplaçant début 2007, et un nouvel album, King of the Grey Islands, voit le jour plus tard dans l'année, et suscite des réactions extrêmement positives.
Le dernier album en date du groupe, Death Magic Doom, sort en 2009, précédé d'un EP intitulé Lucifer Rising. Depuis, deux albums live ainsi qu'un DVD et enfin un EP, Don't Fear the Reaper, sont sortis. En 2012 sort Psalms for the Dead qui fait l'unanimité parmi les fans et les critiques, le groupe se lance alors dans une grosse tournée couronnée de succès. Les Suédois se refont discret jusqu'en 2015 avec l'annonce de la sortie d'un EP pour fêter les 30 ans du groupe. 

Death Thy Lover ( 2016 )

Cette année, on célèbre l'anniversaire d'Epicus Doomicus Metallicus, album de référence s'il en est en matière de Heavy Doom Traditionnel. Aux côtés des Trouble, Reverend Bizarre et autres Pentagram, Candlemass a toujours fait partie des patrons. Trente bougies après Soltiude et Demon's Gate, que donc vaut ce dernier EP des Suédois ?

Avec Death Thy Lover, les ingrédients principaux de la formation sont remis sur le tapis. On cause là de riffs souvent très simples plutôt groovy, de voix aiguës et de thèmes épiques. Pas de bouleversement drastique avec ces quatre titres somme toute très conventionnels pour du Candlemass. Le titre éponyme nous abreuve de soli bien sentis où la wah-wah fait son oeuvre et de ces passages acoustiques si chers au combo. Sinister N' Sweet (probablement le meilleur morceau parmi les quatre) pose un riff en bend et slides délicieusement binaire à faire hocher la nuque. Sleeping Giant de son côté offre les lignes de guitare les plus rentre-dedans de la bête avec son introduction jouée sur les cordes graves, malheureusement l'un des seuls passages de l'EP où l'on frémisse d'un sentiment d'inquiétude Doom au sens esthétique du terme. 
Que l'on ne s'y trompe guère : de manière générale, l'ensemble est en place et rajoute une poignée de moments sympathiques passés en la compagnie du quintet. Mais en définitive, Death Thy Lover s'oublie facilement et on lui préférera sans doute ses aînés.

C'est en premier lieu derrière le micro que le bât blesse. Sans vouloir jouer le vieux con, il faut reconnaître que la présence de gars comme Messiah Marcollin ou Johan Längqvist dans le passé a contribué au succès de Candlemass et a forgé son histoire pour le jusque-boutisme vocal proposé par ces deux larrons. Peur du cheesy ou spectre plus restreint, on ne sait pas vraiment ce qui pousse Mats Levén à la retenue mais il est clair que l'audace fait parfois défaut au chanteur. Dommage car les moments plus apaisés sont forts appréciables.
Autre point noir, The Goose, tentative instrumentale qui manque beaucoup de saveur pour justifier sa place sur cet opus. Pas de gratte magistrale qui mériterait que l'on mette les musiciens spécialement en avant, simplement une compo sans paroles qui ne développe pas réellement d'atmosphère au final. Death Thy Lover se conclut sur un bémol et ne convainc qu'à moitié même après plusieurs passages sur le grill.

Cette sortie de Candlemass n'est pas foncièrement mauvaise mais assez dispensable, voyons là un EP qui permettra de faire patienter doucement les fans les plus ardents avant le prochain long format.

A écouter : Sinister N' Sweet
14 / 20
4 commentaires (17/20).
logo amazon

Candlemass ( 2005 )

  En 1999, Candlemass surprenait tout le monde avec From the 13th Sun sur lequel le groupe évoluait encore, passant du stoner au doom trad, genre Black Sabbath from Outer Space. Malheureusement, les dissensions ainsi que le manque d’enthousiasme des fans pour cet album –malgré sa très grande qualité– auront une fois encore raison de la formation scandinave qui implose avant l’an 2000. Néanmoins, Edling reforme le groupe en 2002 avec des nouvea… Ah ben non, merde alors, c’est Krux, c’est pas pareil (promis). C’est même tellement différent que le single Nimis estampillé Candlemass figurera également sur le premier album de Krux.

  Le vrai tournant apparaît cependant en 2001 avec la reformation du ''classic line up'' de 1987 pour une série de concerts immortalisée par la sortie d’un disque live en 2003 intitulé Doomed for Live. Evidemment, ça ne pouvait pas rester sans suite, et c’est ainsi que Candlemass finit par faire autre chose que rester assis à toucher des royalties et annonce travailler sur un nouvel opus, suscitant ainsi un émoi certain au sein d’une communauté de fans tout émoustillés par le retour de Messiaaaaaaah. Inutile donc de dire que lorsque le disque sort en 2005, le groupe se sait très attendu.

  Quand un groupe culte sort un nouvel album, l’appréhension est toujours présente… surtout quand la sortie dudit disque est annoncée comme célébrant un fameux ''retour aux sources.'' Aux sources de quoi ? Du doom ? From the 13th Sun s’en est déjà chargé. Du groupe ? Peut-être bien, avec la reformation d’un line-up vieux de vingt ans et la réutilisation d’une imagerie très sobre type Epicus Doomicus Metallicus. Du ‘style’ propre à Candlemass ? Ben bingo. Dès White Dwarf, on est en plein dedans : le chant si particulier de Messiah déboule sous un déluge de riffs reconnaissables entre mille, ceux-là mêmes qui ont forgé la légende du groupe à la fin des années 80.

  Et autant dire que même si on pouvait –devait ?– s’y attendre, revenir à une formule certes couronnée de succès mais qu’on avait plus entendue depuis un bail, c’est un sacré choc, particulièrement si l’on avait apprécié Dactylis Glomerata et From the 13th Sun. Ainsi, beaucoup seront ravis de ce retour à l’essentiel, comme si rien n’avait changé depuis Tales of Creation. Pendant que les autres envoient le bois avec des riffs de mammouths et autres soli mélodieux à souhait (Black Dwarf, Assassin of the Light), Messiah se laisse aller à quelques envolées caractéristiques (Seven Silver Keys, Copernicus, The Day and the Night), semblant ainsi privilégier l’efficacité au-détriment des expérimentations de ces dernières années, appliquant ainsi la même formule que sur, au hasard, Ancient Dreams.

  Et c’est précisément là que se situe la pomme de discorde : l’absence finalement complète de prise de risques, passé celle, initiale, du retour de Messiah. Ainsi, au bout d’un moment, on en vient à s’ennuyer ; oui c’est bien fait, mais non, ça ne suscite rien, n’évoque rien. Il est ainsi regrettable que le groupe ait semble-t-il complètement fait abstraction des années sans Marcollin alors qu’il aurait pu s’appuyer sur les éléments qui avaient contribué à rendre particulièrement intéressants les albums mentionnés ci-dessus, notamment par le fait qu’ils proposaient quelque chose de différent. On pourrait même se demander si ce retour aux sources était bel et bien motivé par le plaisir de se retrouver et non par des considérations d’ordre pécuniaire. Après tout, rien de tel qu’une reformation bidon pour s’assurer le soutien financier des fans hardcore…

  Fort heureusement, ce disque n’est pas la coquille vide qu’était Ancient Dreams puisqu’on finit quand même par se laisser prendre au jeu. Car il faut bien admettre que Candlemass sait composer comme personne. On peut même parler d’innovation puisque si les scandinaves récitent leur gamme, ils en livrent une version modernisée, débarrassée des artifices kitsch des premiers opus. Ainsi, Witches, Born in a Tank et surtout Spellbreaker sonnent comme autant d’invitations au headbang et au sing along difficilement résistibles. Ces titres se chargent également de dissiper les doutes qui entourent les motivations du groupe derrière ce disque. Mais est-ce qu’on s’en fout pas un peu, après tout ?

 Au final, Candlemass réussit son coup puisqu’il revient avec un album calibré pour réussir, sans pourtant autant sonner complètement artificiel. Le groupe s’est reformé, les fans sont heureux… Le groupe semble ainsi avoir enterré les différends qui l’empoisonnaient et se concentrer uniquement sur la musique. Serait-on reparti pour une série d’albums de haute volée comme lors des années dorées de la formation ? Pas forcément…

Tracklist: 01. Black Dwarf, 02. Seven Silver Keys, 03. Assassin of the Light, 04. Copernicus, 05. The Man who Fell from the Sky, 06. Witches, 07. Born in a Tank, 08. Spellbreaker, 09. The Day and the Night.

From the 13th Sun ( 1999 )

  C’était donc vrai, Candlemass est bel et bien de retour et semble même reprendre ses bonnes vieilles habitudes d’une sortie par an puisque c’est en 1999 que déboule son huitième album, intitulé From the 13th Sun. Cependant, si le groupe avait surpris avec un Dactylis Glomerata résolument groovy, il est bon de rappeler que l’originalité faisait tout de même défaut. Quinze ans après ses débuts, la formation avait donc besoin d’un nouvel album porteur d’une identité musicale forte sous peine de devenir rien de plus qu’un groupe banal, parmi tant d’autres.

  La version 2.0 de Candlemass doit aimer dérouter ses fans. Alors que tout le monde pensait que la recette utilisée sur Dactylis Glomerata allait devenir la nouvelle spécialité du groupe, voilà qu’il surprend à nouveau en se dirigeant vers une autre sphère musicale, pas forcément très éloignée ceci-dit, celle du doom metal traditionnel. Par ‘traditionnel’, il faut comprendre jouer du doom en suivant respectueusement les préceptes élaborés par Black Sabbath au début des années 1980 et répandus par des cohortes de fidèles emmenés notamment par Saint Vitus. En cela, Candlemass se révèle lui aussi un disciple obéissant puisqu’il répète consciencieusement ses gammes à base de riffs massifs sur un tempo rampant. On pourrait même trouver l’élève assidu presque lèche-cul tant certains plans sont proches du rip-off le plus éhonté (Droid, Blumma Apt). L’influence du Sabbath est d’autant plus évidente que Flodkvist a modifié sa façon de chanter pour coller au plus près de celle d’Ozzy, pour un résultat fort acceptable mais déjà vu de nombreuses fois (qui a parlé de Count Raven ?). Les meilleurs exemples restent Galatea et surtout Cyclo-F, petites perles de doom minimaliste dans la droite lignée d’Electric Funeral ou encore de Born too Late.

  En bref, dit comme ça, l’originalité ne semble pas vraiment au rendez-vous. Et pourtant, Candlemass parvient à innover en accordant une place beaucoup plus importante aux claviers. S’ils étaient déjà présents sur le précédent opus, ceux-ci jouent enfin un rôle proéminent dans la musique du groupe en ce sens qu’ils confèrent à ce disque une ambiance très… stellaire. En effet, l’ajout de touches de claviers et d’effets spéciaux futuristes offre à la musique de Candlemass une nouvelle dimension (les instrumentale Zog et Mythos, par exemple), d’autant plus renforcée que tout évoque la science-fiction sur cet album, des lyrics au visuel et même les titres des compos (Droid, ARX/NG 891, Galatea). Ainsi, ce mélange assez improbable entre doom metal et space rock parvient à fonctionner sans aucune difficulté, surtout lorsque cette évolution surprenante s’accompagne d’une massification du son assez énorme, au point qu’on a parfois l’impression de basculer vers le sludge, surtout lorsque le déluge de riffs pachydermiques est asséné par des guitares sursaturées (Droid, Tot, Blumma Apt). En clair, si les fans hardcore ne se consoleront qu’au détour de certains riffs caractéristiques, on ne peut qu’applaudir le groupe pour avoir réussi une nouvelle fois sa mutation.

  Au final, Candlemass livre un nouvel album de haute volée. Différent du reste de sa discographie et beaucoup plus ambitieux que son prédécesseur, From the 13th Sun est un vrai tour de force car il parvient à rendre hommage au doom traditionnel sans pour autant s’enfermer dans ses rigides carcans. On pourra regretter que personne n’ait tenu à creuser plus avant ce nouveau sillon du ‘doom de l’espace’, d'autant que le concept de ce disque, qui restera comme l’un des plus méconnus et sous-estimés de la discographie de Candlemass, restera malheureusement sans suite...

Tracklist : 01. Droid, 02. Tot, 03. Elephant Star, 04. Blumma Apt, 05. ARX/NG 891, 06. Zog, 07. Galatea, 08. Cyclo-F, 09. Mythos.

A écouter : la recherche de la plante V
14 / 20
1 commentaire (15/20).
logo amazon

Dactylis Glomerata ( 1998 )

  Après la fin de parcours de Candlemass en queue de poisson, Leif Edling s’en est allé former Abstrakt Algebra en 1995. Cependant, tout ne se passe pas comme prévu et le groupe se sépare peu après la sortie d’un album éponyme. C’est ce qui pousse Edling à reformer Candlemass en 1997 avec un line-up entièrement remanié, comptant notamment dans ses rangs Mike Amott (Arch Enemy, Carcass, Carnage…). Ce retour assez inattendu se concrétise en 1998 avec la sortie d’un septième album, Dactylis Glomerata.

  Que peut-on vraiment attendre du retour d’un parrain de la scène après un hiatus de quatre ans et surtout après un ultime album catastrophique ? En général, la résurrection d’un grand groupe s’accompagne malheureusement souvent d’un ‘véritable retour aux sources’ afin de contenter les fans de la première heure et, aussi, de s’assurer un petit paquet de ventes. Mais pas ici. Et si voir Candlemass revenir était assez surprenant, que le groupe resurgisse avec un album marquant une rupture totale avec son passé est encore plus inattendu. Car en effet, le doom épico-lyrique a été noyé dans les chiottes pour faire place nette à une sorte de stoner doomisant évidemment proche de Cathedral avec, pour la toute première fois dans l'histoire de la formation, l'incorporation d'un clavieriste. Cependant, cette (r)évolution n’est pas la plus grosse surprise. Le plus incroyable, c’est bien que ça marche !

  Bah ouais, après s’être mangé un Tales of Creation, difficile d’imaginer Candlemass abandonner toutes ses fioritures caractéristiques pour se diriger vers un genre par définition minimaliste et terre-à-terre. C’est pourtant le cas sur ce disque, sur lequel cette nouvelle orientation passe toute seule, bien aidée en cela par un nouveau chanteur en la personne de Bjorn Flodkvist. Si la voix éraillée de cet illustre inconnu tranche singulièrement avec celle de l’inévitable Messiah, elle a le don de faire oublier l’abominable Tomas Vikström, une raison majeure du plantage majuscule sur Chapter VI. En effet, cette voix objectivement assez banale insuffle une énergie nouvelle à la musique du groupe et génère de l’émotion malgré un registre limité (Dustflow, Abstrakt Sun). Mais le chant n’est pas le seul responsable derrière ce renouveau décidément très rock & roll puisque les riffs suivent et envoient comme rarement (Wiz, Lidocain God), à tel point qu’on se demande si c’est bel et bien du doom qui nous est présenté. Finalement, on peut tout de même trouver certains passages en guise de clin d’œil au passé doomeux du groupe (Dustflow, l’outro Molotov mais surtout Karthago).

  Néanmoins, qu’en est-il vraiment de la valeur de ce disque ? Eh bien, pas grand-chose à lui reprocher si ce n’est un certain manque d'originalité dû au fait que le groupe a abandonné sa patte caractéristique pour un genre beaucoup plus épuré mais aussi moins riche. On peut aussi regretter une production peut-être un peu faiblarde ainsi que des choix parfois pas vraiment judicieux, notamment I Still See the Black avec ses paroles niaises pas aidées par des touches de claviers un peu ridicules. Quant à Apathy, le cocktail minimaliste unique riff en boucle + claviers + voix presque parlée + écho très 80s n’était vraiment pas obligatoire. En gros, voilà un bon disque, mais qui n’a de Candlemass que le nom. Précisons tout de même que la majeure partie de ces compositions était au départ prévue pour… le second album d’Abstrakt Algebra (Abstrakt Sun quoi).* Pour la petite histoire, le groupe de Leif Edling n’intéressait pas les labels après un premier album de power metal il faut le dire assez médiocre. Finalement, Music for Nations a proposé de sortir le disque, mais uniquement sous le nom de Candlemass

  Ainsi, Candlemass renaît avec Dactylis Glomerata, album sur lequel le groupe emprunte un chemin inédit pour lui, celui du rooooock! sans prétention qui trouvera un écho favorable auprès des aficionados de heavy comme de doom. Si la dactylis glomerata est une plante fortement allergisante, ce disque ne filera de boutons à personne. Seuls les fans hardcore auront peut-être les yeux rouges compte-tenu de la rupture quasiment totale avec le ‘son Candlemass’. Cependant, peut-on véritablement parler de retour avec un album enregistré par un autre groupe et uniquement sorti sous ce nom par un label désireux de réaliser un gros coup marketing ?

Tracklist: 01. Wiz, 02. I Still See the Black, 03. Dustflow, 04. Cylinder, 05. Karthago, 06. Abstrakt Sun, 07. Apathy, 08. Lidocain God, 09. Molotov.

* La réédition de GMR Music sortie en 2006 contient le second album d'Abstrakt Algebra, Abstrakt Algebra II, en disque bonus.

A écouter : Wiz, Dustflow, Lidocain God

Chapter VI ( 1992 )

  Nous sommes en 1992. L’attente est énorme autour de la sortie d’un nouvel opus de Candlemass qui alterne entre l’excellent et le franchement moyen depuis quatre ans maintenant. Autant dire qu’un digne successeur à Tales of Creation est ardemment désiré, surtout après le très dispensable Live, sorti un an auparavant. Cependant, des tensions ont éclaté au sein du groupe, provoquant le départ de Messiah Marcolin et son remplacement par Thomas Vikström. Rien n’invite à l’optimisme donc, car l’adage est connu : quand l’ambiance est mauvaise au sein d’un groupe, ça se répercute presque inévitablement sur la qualité des compositions. Autant dire que quand on vous sort un album intitulé Chapter VI, il y a déjà matière à s’inquiéter quant au degré d’inspiration.

  Autant ne pas faire durer le pseudo-suspense plus longtemps : la première écoute de ce disque est terrible, au sens premier du terme, pour la simple et bonne raison qu’il ne subsiste quasiment rien du son si caractéristique de la formation. A la place de ce doom ambiancé aux riffs incisifs, voilà qu’on nous sert du… heavy metal tout ce qu’il y a de plus classique. L’évolution n’est cependant pas le problème ; là où ça coince, c’est que tout ceci est franchement mauvais. Le titre d’ouverture en est le meilleur exemple : sur un tempo rapide viennent se greffer des riffs mous, des solos jusqu’à l’écœurement, mais aussi et surtout une voix atroce. The Dying Illusion ? Au moins le titre est sans équivoque. Ce schéma à la Van Halen se répète sur une bonne partie du disque avec des compos toutes similaires et parmi elles certaines vraiment médiocres telles que Julie Laughs No More ou Aftermath.

  Finalement, le pire sur ce disque reste ce nouveau chanteur. On ne peut décemment pas lui reprocher d’en faire des tonnes car de ce côté-là, on était déjà servis avec Messiah. Passons également sur son timbre tout ce qu’il y a de plus ordinaire pour aborder le vrai problème, celui de l’absence presque totale d’émotions que son chant suscite chez l’auditeur, le rendant totalement incapable de soutenir la comparaison avec son illustre prédécesseur et surtout avec le maudit Johan Langquist. Ce vide émotionnel couplé à cette production sans relief font que l’on a vraiment l’impression d’écouter un disque vide, artificiel, sans aucune passion ni ambiance. Alors certes, les amoureux de la guitare seront servis avec de la branlette de manche omniprésente, mais qui donne plus l’impression d’être là pour remplir les moments de blanc, histoire de pousser l’album jusqu’au triple quart d’heure. L’ennui règne ainsi en maître et ce n’est donc pas autre chose que du soulagement lorsque on arrive à la fin de l’ultime titre, ironiquement (enfin, on aimerait bien) nommé The End of Pain

  Néanmoins, on retrouve par moments le Candlemass qu’on espérait, notamment sur The Ebony Throne et Temple of the Dead où le groupe joue enfin du doom sans artifices, débarrassé de ces envolées lyriques chichiteuses et de ces solos sans âmes. On retrouve même parfois un petit parfum d’Epicus Doomicus Metallicus avec quelques riffs pompés sur Solitude ici et là. Du coup, on serait presque emballé par cette ambiance épique qui est parvenue à s’installer car on peut ainsi entrevoir, le temps d’un instant, ce qu’aurait pu être ce disque dans d’autres circonstances. Malheureusement, un solo inopportun, une envolée malvenue viennent trop souvent tout gâcher, comme sur When the Runs Still Speak où le semblant d’émotion est annihilé par l’artificialité ambiante (merde, on dirait du Tranxen 200), ou encore  sur Black Eyes où on assiste à ce qui doit être un pétage de plombs de la part du chanteur.

  Ainsi, Candlemass livre avec ce Chapter VI ce qui reste à ce jour comme son plus mauvais album, tout juste sauvé des flammes par quelques réminiscences de la splendeur d’une formation qui n’a pas pu cacher plus longtemps les tensions qui la rongeaient. Le groupe ne mettra d’ailleurs pas longtemps avant d’imploser après une ultime sortie dispensable, à savoir un EP de reprises de titres de Sigge Fürst, chanteur très populaire en Suède dans les années 40 à 50 (wtf). L’aventure prendra donc fin en 1993, ne rendant que plus amère encore la déception de voir l'un des meilleurs représentants d'un genre tout entier disparaître sur une aussi mauvaise note. Si Julie ne rit plus, elle n'est pas la seule...

Tracklist: 01. The Dying Illusion, 02. Julie Laughs No More, 03. When the Runes Still Speak, 04. The Ebony Throne, 05. Temple of the Dead, 06. Aftermath, 07. Black Eyes, 08. The End of Pain.

A écouter : The Ebony Throne, Temple of the Dead

Live ( 1990 )

  Après un retour fracassant avec l’incroyable Tales of Creation, Candlemass est vraiment au top en cette fin de siècle ; un début de carrière idéal qui a vu le groupe sortir trois albums phénoménaux (certains diront quatre), se faire une réputation de bête de scène, et amasser pas mal de pognon grâce aux ventes de ses galettes. Normal donc que l’attente soit énorme autour d’un nouvel opus, d’autant plus que les Suédois ont habitué leur public au rythme d’une sortie par an. Ca ne rate évidemment pas, puisque un cinquième album voit le jour environ neuf mois après son illustre prédécesseur… et surprise puisque, comme son nom l’indique vaguement, il s’agit d’un album…live.

  Surprise donc, mais aussi déception, car compte-tenu du statut de Candlemass et de son formidable savoir faire, attendre un album « classique » n’était sans doute pas un fol espoir. Or ici, tout ce que l’on a, c’est un concert enregistré à Stockholm que l’on nous sert en guise de cinquième opus. Alors, panne d’inspiration ? Coup marketing ? Peut-être, mais sans doute est-ce plus dû à des tensions au sein du groupe qu’à autre chose, comme les événements ultérieurs le confirmeront… Mais restons en 1990 pour le moment.

  Live est donc composé de douze titres* qui sont autant de singles (avérés ou potentiels), puisque sont regroupés là tous les titres les plus accrocheurs du catalogue de Candlemass, les trois-quarts provenant d’ailleurs des deux premiers opus du groupe (un seul* étant issu d’Ancient Dreams, serait-ce une prise de conscience ?). Alors oui, on peut dire que le meilleur de Candlemass est réuni ici, Bewitched, Solitude, At the Gallow’s End, Under the Oak, The Sorcerer’s Pledge… elles sont toutes là, et semblent passer très bien en live (mais est-ce vraiment une surprise ?). En effet, Marcolin est déchaîné, chante particulièrement bien, confère un impact réel aux différentes compos, dégage des émotions sincères (Solitude, Under the Oak, Samarithan), harangue et n’hésite pas à faire participer la foule qui l’a vu devenir ce qu’il est (grand moment de communion sur A Sorcerer’s Pledge)… tout l’attirail du parfait frontman en somme. Le son quant à lui est bon, les différents instruments se distinguent facilement les uns des autres, il n’y a jamais de saturation, pas de pains, tout est nickel… Mais peut-être un peu trop lisse justement, surtout au niveau du public que l’on entend très peu, et qui, lorsqu’il se manifeste, semble assez léthargique. Du coup, difficile pour l’ambiance live de s’installer réellement à l’écoute de ce disque.

  Mais le vrai problème n’est pas là ; la question qu’il faut se poser est : quel était l’intérêt du groupe à sortir un album live qui est plus un best-of qu’autre chose ? Peut-être n’était-ce pas sa décision, peut-être était-ce juste destiné à masquer une période agitée où la créativité n’était pas le souci premier de la formation scandinave, mais quoi qu’il en soit, et quitte à en décevoir certains, il aurait sans doute été plus sage de rompre avec cette tradition d’un disque par an afin de prendre le temps de composer un vrai album…

  Quoi qu’il en soit, ce Live remplit assez bien sa fonction primaire puisque il offre un bon divertissement, et peut aisément servir de passerelle pour celui qui souhaiterait découvrir rapidement le groupe. Mais il faut tout de même admettre que son intérêt reste limité, d’autant plus lorsque que l’on attendait quelque chose de la trempe d'un Tales of Creation… Maintenant, il faut souhaiter que ce ne soit pas le début d’une période trouble pour Candlemass

* La version européenne sortie chez Music for Nations contient treize titres, avec The Bells of Acheron en 08.

Tracklist: 01. The Well of Souls, 02. Dark are the Veils of Death, 03. Bewitched, 04. Solitude, 05. Dark Reflections, 06. Under the Oak, 07. Demons Gate, 08. Through the Infinitive Halls of Death, 09. Samarithan, 10. Mirror Mirror, 11. At the Gallows End, 12. A Sorcerer's Pledge.

A écouter : Solitude, Under the Oak, Through the Infinitive Halls of Death, A Sorcerer's Pledge...

Tales of Creation ( 1989 )

  Quatrième album en quatre ans pour les suédois de Candlemass, mais cette fois-ci ils sont attendus au tournant, car ils reviennent après un album très décevant, mais qui a paradoxalement (ou pas ?) été un succès immense en termes de ventes. Pression donc autour de la sortie de Tales of Creation.

  Après se l’être joué trop facile sur le mou du gland Ancient Dreams, Candlemass avait intérêt à retrouver son fameux punch et son sens aigu de la composition sous peine de perdre une grande partie de sa personnalité; et si l’on pouvait avoir des craintes à sujet, elles se trouvent rapidement dissipées à l’écoute de ce Tales of Creation. Le punch tout d’abord est bien de retour, un retour spectaculaire d’ailleurs, dopé aux riffs incisifs (Dark Reflections !), aux solis ravageurs (Into the Unfathomed Tower, Tears, Through the Infinitive Halls of Death, A Tale of Creation) et soutenu par un chant enfin au service de l’ensemble, qui ne cherche plus à constamment se mettre en avant et qui dégage une sacré dose d’émotions (Tears, The Edge of Heaven, Somewhere in Nowhere). Les variations de tempo sont beaucoup plus fréquentes qu’auparavant, et c’est une sacrée évolution, bien utile pour rompre la monotonie que ce genre de musique peut parfois inspirer (à tout hasard, l’album précédent). La surprise vient de la présence d’Under the Oak, tirée d’Epicus Doomicus Metallicus, bien négociée par Marcolin quand on connaît la force émotionnelle de l’originale, et qui trouve parfaitement sa place au sein de ce disque.

  Quant au travail de composition, le groupe s’est ici surpassé pour pondre un album infiniment plus complexe et sombre que son prédécesseur, construit sur le concept de la création (sérieux?), de prime abord fortement teinté de spiritualité, mais qui va au-delà en proposant une ébauche de réflexion sur la création au sens global, qu’elle soit physique (mort / renaissance), intellectuelle (création artistique) ou donc spirituelle (l’existence du Paradis, la création du monde), chaque piste abordant chacun de ces aspects. Au sens purement technique, on l’a dit les soli sont vraiment impressionnants et sont totalement intégrés aux compositions. A ce titre, la piste purement instrumentale Into the Unfathomed Tower est un parfait exemple de démonstration technique ayant une vraie saveur, œuvre complexe divisée en sept mouvements toute en vélocité et feeling totalement épique.

  Toutefois, l’album ne prend vraiment toute sa dimension que lorsque que l’on combine ces deux facettes du travail de Candlemass ; des interludes judicieusement placés (l’intro The Prophecy, Voices in the Wind ou encore Dawn), lors desquels des voix étranges racontent des histoires énigmatiques toujours en rapport avec la création, renforcent encore davantage l’aspect concept-album de ce disque, et du même coup l’impact des autres compos s’en trouve amplifié grâce au contraste entre pistes traditionnelles et intermèdes uniquement parlés. Ainsi, l’agencement de l’ensemble est remarquable, et contribue à créer une véritable atmosphère qui invite à la réflexion et à la méditation, conférant à ce disque une vraie âme, et faisant passer Ancient Dreams pour une simple coquille vide.

  Ainsi, ce Tales of Creation permet à Candlemass de retrouver sa place au sommet de la scène Doom épique, album magistral sur lequel le groupe signe quelques-unes de ses plus belles compos. Les scandinaves parviennent à renouer avec la féérie de Nightfall et l’atmosphère sombre d’Epicus Doomicus Metallicus, pour le plus grand bonheur des fans de la première heure. Candlemass est à présent à l’apogée de son talent, et plus rien ne semble pouvoir l’ébranler…

"North is cold, summer is late
South is sorrow, surrounded by hate
West is far, a dream you are creating
East is here, and your fate is awaiting
"

Tracklist: 01. The Prophecy, 02. Dark Reflections, 03. Voices In The Wind, 04. Under The Oak, 05. Tears, 06. Into The Unfathomed Tower, 07. At The Edge Of Heaven, 08. Somewhere In Nowhere, 09. Through The Infinitive Halls Of Death, 10. Dawn, 11. A Tale Of Creation

A écouter : Absolument
13 / 20
1 commentaire (13/20).
logo amazon

Ancient Dreams ( 1988 )

  Paf ! Trois albums en trois ans, Candlemass poursuit sur son rythme métronomique avec la sortie d’Ancient Dreams en 1988. La popularité du groupe est alors au plus haut, et ce en seulement deux albums, certes de très haute volée. Autant dire donc que la formation britannique est attendue au tournant, et elle le sait.

C’est d’ailleurs peut-être pour ça que sur ce disque, Candlemass ne prend aucun risque ; si l’évolution entre ses deux premiers opus était franche, le groupe se contente ici de ce qu’il sait faire, point barre. Mais il le fait bien : tout est en place, bien fait, bien produit, rien ne dépasse. Mais cette perfection clinique dessert fortement le groupe ; oui, ce sont de bons musiciens, oui ces gars-là savent composer, oui, ce chanteur est incroyable, mais… on a plus l’impression d’assister à une démonstration qu’autre chose. Difficile pourtant de reprocher quoi que ce soit à ce disque, du moins pas d’emblée. Mais au bout d’un moment, le défaut majeur de cet album saute aux oreilles : il lui manque une âme.

Oui, ce disque sonne creux, vide. On a moins le sentiment d’écouter un album qu’une compilation, genre Candlemass’s Doom Masterclass. Toutes les pistes utilisant la même recette pour faire mouche instantanément, la magie n’opère pas, et l’ambiance grisante des précédents albums est ici sacrifiée au profit d’un enchaînement de singles calibrés, certes parfaitement exécutés, mais totalement dénoués d’émotion (Mirror Mirror, A Cry from the Crypt, Darkness in Paradise, Bearer of Pain… difficile de les dissocier).

L’aspect démonstration de cet album se ressent le plus facilement à l’écoute du chant. On l’a dit et redit, le sieur Marcollin est un grand chanteur, mais les craintes qu’on pouvait avoir à son sujet sur Nightfall se trouvent malheureusement ici fondées : il se balade en faisant admirer sa technique vocale, et c’est tout ; il n’habite pas la musique, il l’incarne pompeusement (Mirror Mirror, Incarnation of Evil, Ancient Dreams… en fait partout, tout le temps), et ce n’est pas Black Sabbath Medley qui contredira cet état de fait, piste complètement inutile pour tout le monde sauf pour lui, où il se prend sans succès pour ce qu'il n'est apparemment plus.

Pour autant, cet album n’est pas mauvais en soit, il est juste… mou et vide. Enfin vide, pas tout à fait, puisqu’il y a quand même de bons moments, tels que The Bells of Acheron, plus rapide que les autres et de facto un bon bol d’air puisque cette piste  arrive pile au moment où l’on attendait la fin du disque avec impatience. De même pour Epistle No. 81 qui semble renouer, l’espace d’un instant, avec Epicus Doomicus Metallicus. Mais c'est tout de meme bien peu...

Au final, avec Ancient Dreams Candlemass semble avoir sombré dans la facilité, se contentant de resservir le même plat qu’avant, mais réchauffé, et sans saveur (contrairement au pot-au-feu). La déception est amère pour les fans de la première heure (les autres sont comblés, puisque cet album occupera une bonne place dans les charts américains), mais gageons que le groupe saura renouer avec la magie de ses précédents opus (et bizarrement, quelque chose nous dit que...).

Tracklist: 01. Mirror Mirror, 02. A Cry From The Crypt, 03. Darkness In Paradise, 04. Incarnation Of Evil, 05. Bearer Of Pain, 06. Ancient Dreams, 07. The Bells Of Acheron, 08. Epistle No. 81, 09. Black Sabbath Medley.

A écouter : The Bells of Acheron, Epistle No.81
18 / 20
1 commentaire (15/20).
logo amazon

Nightfall ( 1987 )

  Candlemass revient en 1987 soit un an après la sortie de son désormais culte Epicus Doomicus Metallicus, et commence peu à peu à faire parler de lui ici et là. Nightfall marque l’arrivée au chant de l’ultra charismatique Messiah Marcolin qui contribuera à l’explosion médiatique du groupe, notamment de par la tenue de moine qu’il arbore sur scène. Mais même avec un frontman de cet accabit, il semble difficile de faire au moins aussi bien que le précédent opus...

Les nouveautés sont légions sur ce disque par rapport à son illustre prédécesseur : nouveau chanteur, meilleure prod, son bien plus puissant, plus heavy et énergique qu’auparavant… de quoi être surpris en effet. Mais ce qui marque le plus c’est cette voix si particulière, tellement différente de celle de Lanquist, éjecté du groupe et qui ne s’en remettra jamais. Nous avons ici affaire à un chant ultra technique, très puissant, très juste, en somme un chant parfait (At the Gallow End, Mourners Lament, Bewitched et toutes les autres en fait)… sauf qu’au niveau du ressenti, il faut bien dire que ça coince quelque peu tant on frise parfois la pure démonstration. Si Lanquist n’était pas le meilleur chanteur de l’histoire, sa voix restait néanmoins touchante de par son humilité et son apparente fragilité, au contraire de Marcolin qui semble presque trop en faire. Mais soit, le son a évolué, la voix aussi…

Parlons en d’ailleurs de ce son, admirablement servi par une production énorme qui confère un impact certain à des compos incisives, plus Heavy tout en restant profondément Doom, avec de nombreux soli pas chiants pour deux sous qui se marient idéalement avec les passages plus lents et lourds (The Well of Souls, Bewitched). Ca fout la patate, c’est ultra efficace mais ça n’oublie pas d’être pesant, bien que la lourdeur originelle ait été mise de côté. Des compos plus véloces donc, avec de véritables hits devenus des classiques au fil du temps tels que The Well of Souls, At The Gallow Ends, Dark are the Veils of Death ou encore Bewitched et son refrain tout en lyrisme (You are Bewiiiiiiiitched !). Pour autant l’album n’est pas qu’un enchaînement de titres à bloc puisque des interludes instrumentaux judicieusement placés (Codex Gigax, Marche Funebre, l’intro Gothic Stone et l’outro Black Candles) viennent ralentir le tempo et offrir un moment de répit face à cette débauche d’énergie. L’alchimie entre cavalcades épiques et pauses contemplatives est ainsi parfaite et constitue une des grandes forces de cet album.

De même le groupe pousse encore plus loin le concept de musique épique et doomy dont il avait posé les bases sur son précédent opus, non seulement au niveau du son mais aussi au niveau des lyrics, abandonnant ainsi l’introspection et le désespoir qui étaient les thèmes majeurs du précédent opus au profit d’histoires très Heroic Fantasy et empruntes de mysticisme religieux, extrêmement accrocheuses mais qui ont bien vieillies et qui pourraient sonner kitsch pour certains (Samarithan notamment) mais, encore une fois, n'est-ce pas là tout le charme du groupe?

Ainsi Candlemass confirme avec ce disque son statut d’étoile montante de la scène Doom. Nightfall est une petite perle de Doom épique, moins axé sur l'émotion que son prédécesseur mais efficace de bout en bout et sans temps mort, qui deviendra lui aussi un album de référence pour un genre tout entier. Enfin, grâce à ce deuxième album, la popularité du groupe explosera… Restent à voir les conséquences.

Tracklist: 01. Gothic Stone, 02. The Well Of Souls, 03. Codex Gigas, 04. At The Gallows End, 05. Samarithan, 06. Marche Funebre, 07. Dark Are The Veils Of Death, 08. Mourners Lament, 09. Bewitched, 10. Black Candles.

A écouter : Pour tre bewitched!
19 / 20
7 commentaires (19.71/20).
logo amazon

Epicus Doomicus Metallicus ( 1986 )

  1986, le Doom Metal est en pleine effervescence, les géants américains emmenés par Pentagram se «disputant» la suprématie de la scène à leurs homologues britanniques (par exemple, Pagan Altar), lorsque débarque une bande de nordiques déchaînée avec dans ses bagages un album qui vient bousculer la hiérarchie : Epicus Doomicus Metallicus.

Et ça commence très fort avec Solitude, véritable « hit » légendaire du groupe, hymne de tous les doomeux (le refrain cultissime « Please let me die in solitude…») maintes fois repris, qui résume à lui seul l’humble recette Candlemass sur ce disque: tempo lent, riffs simplistes mais terriblement efficaces, section rythmique toujours impeccable notamment grâce à la patte de Leif Edling, le tout magnifiquement soutenu par un chanteur assez hallucinant évoluant dans un registre tout en émotions, même si l’histoire montrera que le talent du sieur Lanquist ne sera jamais reconnu à sa juste valeur.

Mais restons pour le moment en 1986 avec un album qui contient certes un « hit », mais qui ne doit pas pour autant occulter les cinq autres compos qui sont, il faut le dire et le répéter, de vraies perles. Demons Gate et son ambiance épique & dérangeante, Crystal Ball et son feeling NWOBHM jouissif, Black Stone Wielder bien plus massive que les autres, Under the Oak qui deviendra un classique joué à tous les concerts… Difficile d’élever une piste particulière au dessus d’un tout qui atteint déjà des sommets, néanmoins A Sorcerer’s Pledge qui clôt le disque se révèle après de nombreuses écoutes comme le meilleur titre, désespéré et émouvant à souhait où Lanquist fait étalage de tout son talent, vraiment touchant d’humilité et de sincérité.

Outre une capacité de composition certaine, sur ce disque le groupe fait également preuve d’une personnalité unique, bien à part dans la scène Doom de l’époque ; un son plus dépouillé, moins massif même si l’influence Black Sabbath reste perceptible, très axé sur les émotions mais sans en faire trop, ce qui facilite grandement l’écoute. Evidement, certains pourront trouver que l’album a mal vieilli et manque de puissance, mais ce petit brin de kitsch donne tout son charme à un disque appelé à devenir une référence.

En cela, il ne faut pas non plus négliger l’importance historique de cette galette puisqu’elle pose les bases d’un nouveau genre de Doom, baptisé l’Epic Doom pour une raison plutôt... évidente. Compos longues, (Demons Gate, A Sorcerer’s Pledge), lyrics qui fleurent bon l’Heroic Fantasy et univers à part, on assiste à l’émergence d’un style qui inspirera nombre de formations aussi variées que reconnues telles que While Heaven Wept, Isole, Doomsword ou… Solitude Aeturnus, dont l’histoire rencontra celle de Candlemass quelques années plus tard.

  Ainsi Candlemass livre dès ses débuts avec Epicus Doomicus Metallicus un album extraordinaire qui deviendra un des piliers du Doom traditionnel et qui sera considéré par beaucoup comme la pièce maîtresse de la (future) riche discographie d’un groupe adulé. Pour l'instant, en 1986 la presse est loin d’être enthousiaste et le groupe encore jeune peine à faire parler de lui, n’étant pas sous le feu des projecteurs. Du moins, pas encore…

Tracklist: 01. Solitude, 02. Demon's Gate, 03. Crystal Ball, 04. Black Stone Wielder, 05. Under The Oak, 06. A Sorcerer's Pledge.

A écouter : Pour l'histoire et pour dcouvrir le groupe