Janvier 1976. Soit 30 ans pile poil que les Buzzcocks nous balancent leur punk-pop. Et les voilà de retour avec leur 8ème album, intitulé Flat-Pack Philosophy. En pleine déferlante punk à la fin des 70’s, ils sont de ceux qui fondent le mouvement, notamment en sortant leur premier EP (Spiral Scratch) en autoproduction sur leur propre label New Hormones. Ils invitent les Sex Pistols à venir jouer à Manchester, et en profitent pour assurer leur première partie. Le groupe splitte en 1980, pour se reformer dix ans plus tard avec comme même base, Pete Shelley et Steve Diggle (chant/guitare pour les deux). Depuis, ils abreuvent régulièrement le marché de leur production pop punk. En guise de trophée de chasse, ils aiment nous rappeler que les REM, Green Day et The Smiths font partie des groupes qui ont eu pour influence les Buzzcocks.
Au niveau du contenu, la nouvelle fournée ne révolutionne rien, 14 titres, un peu plus de la demie heure de mélodie, un premier single pop(py) "Wish I Never Loved You". Globalement, les guerillos urbains continuent à dénoncer les abus et les maux du monde moderne ("Credit", "Big Brother Wheels"). Sans look véritable (à la différence de leur homologue britannique des Sex Pistols pris en main par Vivienne Westwood et Malcolm McLaren), plus pop que punk musicalement ("I Don’t Exist"), plus anglais qu’américain dans le son ("Flat-Pack Philosophy") et aujourd’hui, plus vieux que jeune, plus gras que gros, plus grisonnant que crêtu, tiré à quatre épingles, le statut du groupe reste le même, un mythe (vivant). On reconnaît le style des Buzzcocks, grâce aux nombreux chœurs qui accompagnent la mélodie de chant principale, des refrains fédérateurs qu’on a envie de chanter dès la seconde écoute, une batterie assez binaire… Pourtant, j’imagine que la sortie d’un nouvel album des Buzzcocks ravit plutôt la vieille garde punk que la jeune génération MTV (comprendre "Empty V"), gonflée de son « pop punk » américain (New Found Glory, Mest, Good Charlotte, les canadiens de Simple Plan) parfois un peu frelaté. Ce doit être ce qu’on appelle le "fossé générationnel". Tant mieux ? Tant pis ? It’s (still) a Buzz, Cock.
A écouter : "Credit", "Big Brother Wheels"