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Biographie

Burnt By The Sun

David Witte - Batterie
John Adubato - Guitare
Mike Olender - Chant
Ted Patterson - Basse
Nick Hale - Guitare (live) de 1999 à 2001
Chris Rascio - Guitare (live) de 2001 à 2009

Burnt By The Sun
est formé en 1999 à Edison dans le New Jersey par des amis de longue date que sont le batteur David Witte (Discordance Of Axis, ex-Human Remains) et le guitariste John Adubato, rejoints plus tard par le chanteur Mike Olender (Endeavor), le bassiste Ted Patterson (qui a joué avec Witte dans Human Remains), ainsi qu'un autre guitariste en la personne de Nick Hale, assurant la seconde six-cordes pour les concerts. Le groupe débute les hostilités en 2000 avec un split album en compagnie de Luddite Clone, sorti chez Ferret Music. La suite viendra rapidement avec un premier EP qui verra le jour en 2001 chez Relapse. Après un changement de guitariste (Chris Rascio à la place de Nick Hale), le groupe enchaînera facilement les concerts et festivals, ce qui ne l'empêchera pas de composer un premier album long format seulement un an plus tard, Soundtrack To The Personal Revolution, enregistré par Matt Bayles (Pearl Jam, Botch, Isis, etc).
Leur productivité intensive permettra aux américains de sortir The Perfect Is The Enemy Of The Good en 2003, le groupe ayant apparemment décidé de pondre un disque par an. Et comme si cela ne suffisait pas, Relapse éditera un split avec les suédois de Burst dans le même temps. BBTS calme légèrement le jeu par la suite en sortant un live en 2004, enregistré à Philadelphie lors du Relapse Contamination Festival. Après une pause (bien méritée ?), un nouveau split avec Car Bomb sortira en 2007, suivi deux ans plus tard du dernier album, Heart Of Darkness, toujours chez Relapse. Burnt By The Sun, devenu une référence dans le milieu hardcore, stoppera malheureusement ses activités peu de temps après cet ultime effort.

Chronique

The Perfect Is The Enemy Of The Good ( 2003 )

En son temps, cet album fut un sacré pavé dans la mare hardcore. Une véritable leçon de puissance et de brutalité que Burnt By The Sun aura malheureusement bien du mal à réitérer plus tard. L'an 2003 a donc été marqué par ce condensé de haine salvatrice, qui offre à peu près tout ce qu’on attend d’une formation de hardcore brutal, et plus encore.

The Perfect Is The Enemy Of The Good n’est pas des plus faciles à aborder. Les structures sont changeantes, parfois détruites à la manière de Botch, inspiration évidente. Aussi, derrière cette montagne sauvage et insaisissable se cache une réflexion philosophique, induite par le nom de l’objet et son artwork. D’un point de vue musical, la perfection n’est certainement pas le "leit motiv" du quartet d’Edison. Au contraire, il manipule les imperfections avec malice, par des interludes noise ou quelques approximations qui viennent finalement accentuer la déflagration, définissant au passage un rendu très organique et viscéral.
Tandis que des titres comme Washington Tube Steak, 180 Proof ou Battleship nous explosent au faciès de manière expéditive, d’autres laissent place à un propos plus dispersé, libérant des mélodies souvent casse-gueules mais hyper maîtrisées (Forlani, Spinner Dunn), ou veillant à instaurer de pesantes atmosphères (Arrival Of Niburu). Basse et guitares s’expriment avec une densité ahurissante, la batterie est intenable et prend un malin plaisir à péter nos cervicales en dix. Quant au hurleur, il extraie douloureusement ses démons, un par un, comme s’il allait cracher ses dernières glaires à la fin du disque (Rev 101), peu de temps avant que l’ultime interlude laisse échapper un unique son d’encéphalogramme plat.

En fait, Burnt By The Sun n’est pas des plus originaux dans la pratique, mêlant avec aisance hardcore old et new-school, ajoutant une touche de grindcore dans les phases les plus frénétiques. Mais ce qui fait l’aura de ce troisième long est avant tout un sens du rythme destructeur et imprévisible, couplé à une puissance démentielle et une sincérité immuable. Sans nul doute un album majeur dans l’histoire du hardcore moderne, sûrement pas au niveau inatteignable du We Are The Romans de Botch, mais qui mérite largement qu’on s’y attarde.

A écouter : par principe.