Ghost constitue l’acte de décès (prématuré) de Buried at Sea, fort d'une sortie sur Neurot Recordings. Peut-être que Minsk, l’autre projet du chanteur Sanford Parker y est pour quelque chose. L’album en lui-même est une unique piste d’une trentaine de minutes, chose manifestement très à la mode.
Mais il est vrai que cet exercice périlleux se prête bien au style, ne serait-ce que pour une question d’ambiance. Dans Ghost elle est glauque et oppressante, elle s’installe dès les premières notes et son aura morbide plane sur tout le morceau. De plus, il est clair que Buried at Sea n’a jamais véritablement brillé par son originalité et le Ghost en question ne fait pas exception à la règle. L’album commence par un riff lent qui tourne pendant les 12 premières minutes avec une énorme saturation à faire vibrer les murs. S’en suit un passage ambient, sombre, avec des sons de cloches…on s’y croirait. Et puis c’est le retour du gros riff, avec le chant cette fois-ci. Rien de transcendantal dans la construction comme dans l’approche. Reste que le tout est très bien exécuté et que l’ambiance et réellement immersive. Et puis il y a aussi ce groove peu commun dans le genre qui donne un peu de relief, chose qui aurait pu être exploitée plus en profondeur…
Ghost ne restera pas dans les annales. Dommage que le groupe se soit séparé si tôt, d’autant plus qu’on entrevoit véritablement dans ce dernier album qu’ils avaient le potentiel de faire quelque chose de grand.
A écouter : L'unique piste