4-8-7. Ce code résume à lui seul cette entité venue ‘d’ailleurs’, des Amériques diront certains, qu’est Brandtson. Un code aisément déchiffrable pour tout lecteur averti : 4 musiciens, 8 ans de carrière, 7 disques. Une moyenne enviée par de nombreuses formations tant les productions du groupe recèlent de perles en tout genre. C’est à se demander, du reste, si elles n’ont pas toutes été compilées sur Send Us A Signal. Hello, Control (ndlr : salut !), seconde parution sous la coupe de The Militia Group (Cartel, The Appleseed Cast,…), conserve donc ses paramètres contribuant à la force de son prédécesseur ; cette mixité cohérente des styles (indie rock, power pop, emo), et cette production due à Ed Rose (Federal, Hundred Hands,…). A-t-on pour autant droit à la même recette, et surtout le même résultat ?
Pas vraiment. Une chose est sûre, Brandtson poursuit son évolution musicale, et ça paraît évident lorsque l’on écoute "Nobody Dances Anymore" (vidéo).
Brandtson y embrasse l’electronica, la dévoilant entièrement, et en usant finalement tout au long des 13 pistes de l’album. Des sonorités assez particulières au passage, entre effets kitsch de vieilles séries z type ‘UFO’, et samples façon Quit Your Dayjob, en bien moins barré heureusement. Ce septième effort révèle ainsi une facette nouvelle des anciens de Deep ELM, qui, pour le coup, dispose d’une nouveau visage ‘physique’, ou plus simplement d’un nouveau membre : Adam Boose (Furnace St.). Une recrue qui remplaçait en septembre 2005 John Sayre, ce dernier souhaitant consacrer plus de temps à son épouse, et reprendre ses études en robotique. En ‘robotique’…le terme clef de l’album, puisqu’Adam Boose reprend non seulement la basse, mais gère également tout ce qui est synthétiseur, laptop, robot voice, et s’avère en grande partie responsable de la couleur de Hello, Control. Un disque que l’on pourrait finalement considérer comme un dernier merci, un dernier au revoir.
Ensuite, remarquons que les styles se côtoient toujours allègrement, en toute harmonie, mais les titres de l’album quant à eux ne s’imbriquent plus les uns aux autres. Plus décousu, plus indépendant, sûrement le souhait de Chris Fudurich (Nada Surf,…), qui dégage au mieux le potentiel dancy, poppy, de chacune des pistes de l’album, ne nécessitant plus ce temps d’adaptation nécessaire à cerner l’œuvre de Brandtson. Certaines émotions 'graves', auparavant suscitées par le groupe, sont désormais beaucoup moins présentes...
Cela étant dit, ceux ayant découverts le groupe grâce à leur précédent opus ne devraient pas être déçus. Les deux voix, si caractéristiques du groupe, s'entrelacent de façon perpétuelle, déliant des ‘...Fall Into the Sea’ sur "Thousand Years", prolongement péremptoire de "The Bottle & The Sea" ; des refrains prompt aux chœurs des auditeurs sur "Nobody Dances Anymore". Un petit clin d’œil parolier à "Mexico" sur "Earthquakes & Shakes" : ‘Went Down to Mexico [...]’. Sans oublier les roulements de batterie de Jolley, à la "Throwing Rocks Tonight", sur "Denim Iniquity" et la nervosité de "Tapping the Vain", dédicacée aux fanas de "Who Are You Now ?"
Des similitudes, des divergences, qui font de ce nouvel effort de Brandtson un grand cru, mais dont on regrettera toutefois la légère amertume en milieu de parcours. Pas évident de renchérir derrière Send Us A Signal et c'est fait de la plus belle des manières, avec des risques considérés.
N.B.: La version digipack d'Hello, Control est des plus soignées, proposant un concept similaire à celui de Hands Like Guns & Crashing Sounds (.the december drive).
A écouter : Thousand Years ; Earthquakes & Shakes ; Nobody Dances Anymore ; Lie to Me