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Biographie

Brand New

Jesse Lacey : Chanteur / Guitariste
Brian Lane : Batteur
Vin Accardi : Guitariste
Garnett Tierney : Bassiste


Tout nouveau? pas tant que cela, formé sur les bases du groupe de post-hardcore The Rookie Lot, trois membres (Jesse Lacey, Brian Lane&Garrett Tierney) rejoint par Vin Accardi forment le Brand New actuel qui existe sous cette forme inchangée depuis de longues années.
Après une démo autoproduite de 4 titres, et une reconnaissance locale sur la scène de Long Island, ces originaires de Merrick (New-York) signent en 2001 leur premier contrat auprès de Triple Crown Records (Northstar, The Dead Hunter). Le premier album, My Favorite Weapon, avec Mike Sapone à la production, est présenté comme un nouveau disque de Pop-Punk racontant les réussites et déboires sentimentaux d’adolescents. Il connaît un succès modéré, mais offre l'opportunité d'une tournée nationale et internationale en ouverture de groupes comme Dashboard Confessional, Taking Back Sunday ou encore Glassjaw.

2003 marque un tournant dans la carrière du quatuor. Déjà Entendu reçoit un bel accueil de la presse, et le groupe s'affirme de plus en plus dans un style Emo en plein essor. Les chansons aux paroles cette fois ci plus noires et réfléchies sont mises en exergue par une alternance de calme et de frénésie musicale qui sera perçue comme la marque de fabrique du groupe. La production soignée de Steven Haigler (Pixies, Local H, Fuel) aidant à cela, le public suit, avec pour récompense, outre l'entrée dans les charts, une belle tournée internationale en tête d'affiche cette fois-ci.

Après un EP, un album de B-sides et un long silence radio, le groupe refait surface mi 2005 pour annoncer sa signature chez Interscope Records (AFI, Dredg, Jimmy Eat World). En fin d'année c’est en studio qu’on les retrouve avec de nouveau Mike Sapone à la baguette (considéré maintenant comme 5eme membre du groupe ce dernier aura depuis ajouté Taking Back Sunday, Straylight Run ou Public Enemy à son répertoire) Après presque une année d'attente, l'album sort finalement le 21 Octobre 2006. The Devil and God Are Raging Inside Me officie dans un registre plus calme, posé, certainement abordable mais surtout indéniablement mature, que ses prédécesseurs. L'adolescence est désormais loin.
Deux ans plus tard, Brand New annonce que le groupe est en pleine session d'enregistrement du quatrième opus. And One Head Can Never Die en sera le nom. Quelques semaines plus tard, sur son site officiel, le désormais quintet le renomme en Daisy. En aout 2009, "At The Bottom", premier single, déboule sur les ondes, suivi un mois plus tard par ledit album. Après quelques concerts et années, Brand New annonce se remettre sur un nouvel opus, mais aucune info ne fuite. Il faut attendre août pour qu'une précommande pour une édition limitée d'un LP soit mise en ligne, sans rien annoncer de plus. Le lendemain, le lien renvoie sur Science Fiction, leur nouvel album, avec une mise à disposition immédiate des MP3s.

15.5 / 20
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Science Fiction ( 2017 )

C’est un putain de disque. Voici comment résumer en quelques mots Science Fiction. De part les attentes que l’on pouvait avoir d’un nouvel opus de Brand New, mais aussi au travers du rendu final de cet album et du single « I Am Nightmare » qui renouait avec les débuts du combo. De DaisyScience Fiction reprend l’atmosphère, mais l’étouffe sous un nuage de plumes par moment, calfeutrant les pensées négatives sous une douce couche. En dehors du contexte de sortie du LP (aucune annonce avant les préventes, aucun morceau dévoilé en amont, un obscur CD envoyé à 500 personnes, …), Brand New reprend l’équipe graphique de Daisy pour ce nouvel artwork et collabore à nouveau avec Mike Sapone pour lâcher 12 titres variant entre Emo, Indie et Rock.
Dans un premier temps, exit les effluves juvéniles de « I Am Nightmare ». Ce cinquième album tient plus d’un disque éprouvé que d’une ardeur débordante. Et même les instruments semblent plier sous la charge émotionnelle dégagée (« Same Logic / Teeth », qui bénéficie pourtant d’un instant très Pop / Punk et de relents plus enragés) lorsque l’intro de « Lit Me Up » finit de plomber l’ambiance. Après des passages sur « Waste » ou « Desert », il sera possible d’amorcer des parallèles avec Radiohead pour cette atmosphère morose entoure l’ensemble, parfois avec quelques effets amplifiant le tout. Le tempo a vraiment ralenti, tout comme le groupe qui semble se détacher du monde (« In the water »).

« Goddamnit you look so lovely, but you sound, you sound, you sound so ugly »

Synthèse verbale des opus précédents, Science Fiction se voit criblé de références tout au long de son déroulé. Que ce soit au travers d’une phrase ou de références à une fin assumée et voulue, les morceaux ont tous été disséqués pour en tirer ces liens (parallèle entre « Could Never Be Heaven » et « At the Bottom » ou « Jude Law and a Semester Abroad », ou encore celui de « Same Logic / Teeth » et « At the Bottom »), mais également cette sensation d’être une conclusion (« 137 » et sa volonté d’en finir vite) ou de mettre de mots sur des thèmes actuels (« Desert » qui parle d’homophobie et de racisme).

« Let’s all go play Nagasaki / What a lovely way to die / To finally show where we all go / So no one has to say goodbye »

Terriblement à l’opposé de Déjà EntenduScience Fiction me rappelle pourquoi j’aime Brand New. D’ambiances intimistes à passages plus Rock, le combo navigue encore au gré de ses envies, s’apaisant encore plus que sur Daisy. Mais c’est aussi pour cela que je ne me sens pas inspiré par Science Fiction : le combo s’est assagi, au point d’en oublier parfois ce que l’on a pu apprécier chez eux (« Desert ») et d’aller dans des instants plus Rock.
Malgré tout, on se retrouve dans certains titres tels « 451 », « Out Of Mana » ou « Can’t Get It Out », avec une partie instrumental un brin plus déchainée. Et ce sont peut être ceux-là qui ouvriront la porte de Science Fiction, permettront de se frayer un chemin au travers de « Batter Up » ou « Could Never Be Heaven », feront le parallèle avec la créativité d’un The Smiths.

« I want to tell you we're alright / Want to erase all your doubt / I’ve got this thorn dug in deeply / Sometimes I can't get it out »

Situation terriblement bancale, mais au fil des écoutes, je me sens à aimer et détester Science Fiction. Il y a de très bons titres (« Waste » ou « 451 ») mais malheureusement, je n’arrive toujours pas à cerner ce qui me fait apprécier le disque, ni ce qui me bloque. Et pourtant, j’y reviens toujours …

A écouter : Waste - Out Of Mana
13.5 / 20
2 commentaires (14.5/20).
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Daisy ( 2009 )

On l’aura tant attendu ce Brand New, depuis l’instant où les premières infos ont filtré en octobre 2008. Entre les déclarations énigmatiques, les versions livrées à la presse tout aussi mystérieuses et quelques morceaux dévoilés en public, l’intérêt n’était pas prêt de retomber. Il faut dire que sur ses 2 précédents opus, Brand New avait quasiment réussi un sans-faute. La découverte de Daisy s’annonce pourtant rude tant celui-ci s’avère déroutant et différent. Quel délicat objet les américains nous ont-ils donc déposé entre les mains ?

Le groupe avait promis de livrer un opus étrange. C’est chose faite dès "Vices" et son introduction tirée de "On Life's Highway" de Bertrand Brown. Ambiance très 30’s, musique en noir et blanc jusqu’au premier riff belliqueux. Etonnant tant Brand New était un habitué de cette hargne douce sur Déjà Entendu ou de ces refrains envoûtants et séducteurs sur The Devil And God Are Raging Inside Me.
Mais avec "Bed", on se retrouve en terrain connu : son posé, timbre chaleureux mais un brin désabusé, et surtout la mélancolie ambiante des 2 disques précédents. Les mots, même s’ils ne sont plus autant axés sur la mort, ne sont guère radieux et amplifient ce sentiment de tristesse.
Daisy flirte parfois avec le très bon ("Sink", "Gasoline") et même si le combo sait toujours offrir des compos dans la lignée de Déjà Entendu ou TDAGARIM, il n’hésite pas à se tourner vers des sonorités moins communes de leur discographie ; les intros de "Vices" et "Noro", un "You Stole" dispensable aux effluves de Thrice, "Be Gone" et ses airs de Gorillaz et Radiohead et la fin désynchronisée de "Daisy". Un zeste de Manson vient même s’immiscer sur "Noro", avec ce refrain (« Well, I've tried. God knows that I've tried » / « One time, two time, three time again ») tandis que quelques plans à la Red Hot Chili Peppers époque Californication parsèment “In A Jar". Quant à la comparaison avec Radiohead évoquée sur TDAGARIM, elle se détache du groupe tant leur personnalité s’est affirmée via des compos comme "Gasoline" ou "Daisy".
Il manque peut être quelques morceaux plus accrocheurs comme avaient pu l’être "Guernica", "Okay I Believe You, But My Tommy Gun Don't" ou "Degausser" pour faire de Daisy l’album tant attendu. Certaines compos manquent clairement d’inspiration et se révèlent de ce fait dispensables ; "You Stole" reste l’exemple parfait : aucune accroche si ce n’est un riff saturé scindant la piste en deux, rendant l’ensemble très vite lassant. Néanmoins, Brand New nous livre une autre vision de sa musique : plus variée, moins attrayante mais sans doute beaucoup plus profonde. Jesse Lacey et ses acolytes semblent officier dans un registre rock se modifiant aux grés de leurs envies et même après un bon nombre d’écoutes, on se surprend à rester indécis sur la qualité du disque…

The Devil And God Are Raging Inside Me mettait un point d’honneur à montrer que Brand New n’était pas qu’un groupe pour teenagers. Daisy va plus loin puisque le groupe explore à nouveau d’autres dimensions musicales, avec plus ou moins de réussite. Bien loin de n’être qu’un vague album dont le survol permettra de capter les émanations, ce disque est comme ce doux renard dont les pupilles scintillent : profond, intense et terriblement humain au final.

A écouter : Noro - Sink - Gasoline
14 / 20
3 commentaires (17.67/20).
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The Devil And God Are Raging Inside Me ( 2006 )

L'histoire de ce The Devil And God Are Raging Inside Me, débute dès fin 2004. Alors que le groupe sort d'un certain succès avec Déjà Entendu, la presse - à renfort de couvertures - se fait l'echo des fans qui attendent son successeur. Toutefois, il faudra patienter encore une année pour découvrir les prémices de ce que sera ce nouel opus. En effet en janvier 2006 neuf démos déboulent sur internet et déboulonnent les fans. Qu'est-il arrivé à Brand New?

Derrière les neuf titres "untitled" se cachent une première ébauche d'expérience pop-rock, bien éloignée des influences punk qui leurs collaient à la peau. Le groupe semble s'être assagi, mais la confirmation ne peut se faire qu'avec un album finalisé. Il est cependant clair que le groupe entre dans une nouvelle phase. Il semble se  livrer corps et âme vers une démarche pop-rock tel un Jupiter de Cave-in ou un The Bends de Radiohead.
Et à l'écoute de la mouture finale sortie le 21 novembre, de Radiohead il est forcement question. En effet l'influence est claire, assumée, mais frise presque parfois le plagiat comme dans cette outro de "Limousine". La presse se précipite donc sur cette aubaine pour les catapulter Radiohead américain (Alternative Press), toutefois le costume semble un poil trop grand pour le groupe qui, malgré tout, souffre d'un manque de personnalité. Pourtant la qualité de ces douze titres est indéniable, pour qui aime les mélodies, les longs titres lancinants et surtout pour qui n'aura pas d'à priori négatif pour ce changement soudain de style musical.
S'il est une autre particularité marquante, c'est cette mélancolie ambiante, cette musique lancinante accompagnée de texte à peine abstraits évoquant des thèmes sombres tels le passage vers l'au-delà ou les délires paranoïaques. Et si le titre du disque évoque avant même la première écoute une schizophrénie profonde, cet album est aussi énormément imprégné par la mort: 15 personnes, amis et membres de la famille, de ceux qui ont participé à celui-ci ont trouvé la mort durant son enregistrement. Si ce disque leur est dédié, il est évident que ces drames ont contribué à créer une atmosphère sombre et triste bien loin des préoccupations adolescentes de ses prédécesseurs.

Cependant Brand New, n'a pas tout perdu de ses exubérances passées, la faculté qu'a ce groupe à surprendre est intacte. Si le changement radical de style constitue déjà une surprise en soi, l'album est bourré de passages inattendus qui finiront par décontenancer l'auditeur pour son plus grand bonheur. En effet comment ne pas tomber sous le charme des ces chœurs inopinés mais si justes sur "Degausser", comment ne pas apprécier cette surprenante accélération comparables à celles de Déjà Entendu à la fin de "You Won't Know", et comment ne pas succomber à ces trois titres "Not The Sun", "Luca", "Archers" au tempo bien plus rapide que le reste du disque entrecoupés par un brusque intermède instrumental?
Un temps confiée à Dennis Henning (Modest Mouse), la production sera finalement signée Mike Sapone (The Early November, Straylight Run). La touche de ce dernier (maintenant considéré comme "5eme membre") est forte. Contrairement aux précédents disques l'ensemble apparait très cohérant, voire conceptuel et le groupe y gagne en accessibilité et maturité. Le travail de mr Sapone permet ainsi de transformer les démos de janvier en véritables singles potentiels: "Sowing Season (Yeah)", "Luca".

Brand New a donc changé, mûri c'est certain, et mis à profit une longue période de silence et de travail pour composer un album profond, de qualité et surtout voulu et assumé. Si l'influence de très grands groupes (Radiohead) est claire, il est encore trop tôt pour hisser les originaires de Merrick à la hauteur de ces derniers. En effet si le groupe a clairement progressé, il ne pourra atteindre les sommets que s'il gagne en régularité notamment sur ses choix musicaux, sous peine de voir partir, en faveur d'une nouvelle vague, ses fans actuels vers d'autres cieux.

Ecouter "Sowing Season (Yeah)", "Jesus Christ" et "Welcome to Bangkok" sur leur page Myspace.

A écouter : Sowing Season (Yeah), You Won't Know