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Biographie

Boss Keloïd

Formé en 2010 à Wigan au Royaume-Uni par Paul Swarbrick (Guitare), Paul Thomason (Guitare), Alex Hurst (Chant), Liam Pendlebury-Green (Basse) et Chris Thomason (Batterie), Boss Keloïd est un groupe de Sludge plutôt atypique, n'hésitant pas à piocher au sein de plusieurs styles complémentaires : une grosse base de Sludge technique, des développements Doom à foison, quelques gâteries prog, et une constante folie créatrice disséminée un peu partout sur leurs compos. Tantôt southern, tantôt fusion, parfois psychédélique, mais invariablement sales et furieuses, les idées ne manquent pas, et le résultat est bien souvent délicieux. 

Ste Arands remplace rapidement Chris derrière les fûts puis le groupe sort en 2011 un première démo intitulée Angular Beef Lesson. Paul Thomason s'en va également après sa sortie. Boss Keloïd continue alors en quatuor et sort son premier album, The Calming Influence Of Teeth en 2013, largement salué par la critique, comparant le groupe aux débuts de Mastodon et de Clutch. Après une tournée avec Mastodon, Opeth et Raging Speedhorn, Adam Swarbrick remplace Liam à la basse, puis le groupe enregistre son deuxième album Herb Your Enthusiasm, enregistré et mixé par Chris Fielding (Conan, Electric Wizard, Napalm Death, Taint). Il sort en 2016 chez Black Bow Records.

Chronique

16.5 / 20
2 commentaires (15.5/20).
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Herb Your Enthusiasm ( 2016 )

Après une démo et un premier album posant les bases d'un Sludge crasseux et bien burné, Boss Keloïd nous revient, sans complexe ni retenue, toujours avec la même envie de développer et d'affiner son propos - fumeux, atypique et frontal. Voici donc Herb Your Enthusiasm : titre explicite, pochette d'album illustrée avec une patte artistique toute particulière, soulignant à merveille la folie du projet, pour une petite heure de Sludge / Doom rugueux et jouissif. Enregistré et mixé par Chris Fielding (Conan) puis masterisé par James Plotkin (Khanate), Herb Your Enthusiasm a bénéficié d'une attention toute particulière : encadré par des vétérans du Doom qui ont le vent en poupe, c'est l'occasion rêvée pour le groupe (en tout cas on l'espère) de sortir définitivement de l'ombre.

A la croisée du Sludge, du Doom et d'un genre de Southern-Rock salement aguicheur, le nouveau bébé du combo brouille les pistes assez rapidement : après un Lung Mountain aux couleurs Doom, puissant mais classique dans sa construction (avec tout de même l'appui de Jon Davis de Conan, vous reconnaîtrez aisément ce timbre de voix entre mille), un titre témoin de l'indéniable talent des anglais pour poser une ambiance et un but dans la vie - à savoir casser des dents - voici l'heure de la fessée, voici Haarlem Struggle. La première (et certainement pas la dernière) rencontre avec un Boss Keloïd déviant, qui nous montre qu'il sait être original et pertinent : une intro feutrée, un développement somme toute banal, juste avant un renversement fou, qui non content de casser des bouches se permet de casser les conventions, à grand renfort de rythmiques chaotiques et de breaks au sens premier du terme. Même constat plus loin, avec l'incroyable Axis Of Green, définitivement la plus grosse claque de l'album.

- Monsieur Keloïd, vous perturbez ma zone de confort, j'en perds mon sludge...
- Bien fait !


Vous l'aurez compris, le patron aime la boue, aime le côté visqueux et fielleux du style qu'il s'emploie à dérouler. Oui mais c'est tellement plus que ça...

Surprenant à plus d'un égard, que ce soit par l'usage de breaks imprévisibles, de psychédélisme à 6 cordes ou de groove hypnotique, Boss Keloïd a mis la barre très haute ; The Calming Influence of Teeth était déjà excellent, mais cette suite, peut être un peu moins folle niveau structures et arythmie cardiaque, s'est surtout appliquée à nous enfumer la gueule, à grand renfort de mélodies aériennes et de pirouettes stylistiques savamment dosées (Cone, Elegant Odyssey, Chabal), qui donne un petit côté épique et entêtant à cet album (Hot Priest, le plus beau morceau), peut être tout ce qui manquait cruellement au précédent effort d'ailleurs...

Le mélange final est incroyablement jouissif. Aussi massif que planant, aussi contemplatif que destructeur, aussi intelligent qu'impressionnant, sans jamais lâcher ce petit grain de folie permanent qui traîne sur toutes les compos, sans jamais tourner en rond ni s'enliser dans de trop longues litanies Doom, à grand renfort d'énergie et d'originalité dans la composition, cet album est en définitive un pur plaisir, qui on l'espère, saura propulser ses créateurs sur toutes les scènes boueuses d'Europe. Rarement un album typé "Sludge" n'aura été aussi novateur, n'aura repoussé les limites du genre aussi loin.

A écouter : Tout, souvent, fort.