Oiseaux de mauvaise augure, ultimes témoins d'un monde de désolation, images de destruction, d'émeutes, le superbe gatefold et le livret qui l'accompagne ne laissent place à aucun doute. Deuxième album de Born/Dead, The Final Collapse est avant tout la chronique d'une société en totale perdition.
Après l'excellent Our Darkest Fear Now Haunts Us, paru il y a déjà cinq années, le trio remonte le volume de son raw punk familier. Puissant et mordant, Born/Dead rallume la mèche d'un hardcore explosif, synthèse de la vélocité de Poison Idea, du radicalisme de Negative Approach allié à l'éruptivité de Totalitar. L'écume aux lèvres, la rage au ventre, la formation d'Oakland avance franchement, sans se retourner, privilégiant une certaine authenticité en misant sur un punk classique, aux faux-airs surannés, mais salement addictif ("Eulogy", "Sirens" reprise de Cress), au milieu duquel viennent pourtant se poser quelques ondées mélodiques, comme si de rien n'était ("Years of Death").
Ce caractère traditionnel ne doit pourtant pas masquer une certaine profondeur. Au milieu de toute cette énergie, ce dynamisme, cet enthousiasme pourra t-on même dire, The Final Collapse n'en reste pas moins très évocateur d'un certain malaise, d'une colère mêlée de désenchantement qui s'exprime par les deux voix de Culbertson et Kinser. Catastrophes écologiques, vision de guerre, risque nucléaire, cloisonnement social autant de thèmes éculés, de sujets usés jusqu'à la corde mais encore et toujours d'actualité. Une manière comme une autre d'exorciser la peur d'un futur sur lequel personne ne se fait plus aucune illusion ("Barricades", "Anamnesis").
Huit titres. Huit coups de poings lachés sans retenue qui atteignent leur cible dans un fracas qui ne laissera pas de marbre les amoureux d'un punk véritable, sans artifice. Intense, fougueux et brutal, The Final Collapse est une oeuvre sans concession ni compromis à posséder de toute urgence.
"Eulogy" en écoute sur MS.
A écouter : Barricades, Years of Death, Eulogy