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Biographie

Bongripper

Bongripper est fondé à Chicago en 2005 par Dennis Pleckham, Nick Dellacroce (Guitares), Ronald Petzke (Basse) et Daniel O'Connor (Batterie). Les américains pratiquent dès leurs débuts un Doom/Stoner/Sludge qui s'étend sur un seul titre de près de 80min sur leur premier album : The Great Barrier Reefer en 2006.
En 2007, Bongripper sort deux albums Hippie Killer dans la continuité du premier mais aussi Heroin, délire Noise / Drone vendu dans une édition spéciale "Heroin Kit" avec son matériel d'injection. 2008 est également une année productive puisque le combo sort Hate Ashbury et collabore avec Winters In Osaka, un groupe Noise de Chicago pour livrer Meat Ditch. Deux ans après, Bongripper revient avec son album le plus abouti : Satan Worshipping Doom, ce qui lui permet de lui ouvrir les portes du Roadburn 2012. L'année suivante le quatuor collabore avec Hate et Conan pour deux splits et livre Miserable en 2014 via le label Burning World Records.

16.5 / 20
8 commentaires (16.31/20).
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Miserable ( 2014 )

Quatre ans déjà que les doomeux de Chicago nous avaient laissé à terre, les oreilles saignantes, avec leur Satan Worshipping Doom. Nous étions pourtant habitués à des sorties plus fréquentes au rythme de cinq albums en six ans, sans compter les EP et les splits. Il est donc normal de ressentir une certaine crainte au moment de lancer ce nouveau Miserable dans la platine, la crainte de déguster pendant plus d'une heure...

La guitare sature sur fond drone, les cordes vrombissent, la basse se place et la batterie ferme la marche. Endless est lancé, inépuisable et répétitif à souhait. On retrouve dès son ouverture la lourdeur pachydermique et ralentie à la limite du drone du quatuor Américain avec cette touche de noise expérimentée sur Heroin. Ce premier titre oppressant place l'auditeur dans de bonnes conditions quant à la suite des hostilités.
Les tympans encore frémissants de ce final noisy, Descent, bien plus percutant que son prédécesseur, est sans doute le morceau le plus accessible (audible?) avec ce dernier tiers orienté ambient. Cette docile plage sonore sera l'ultime moment de répit de l'album avant une dernière demie-heure à couper le souffle. Un passage qui s'appréciera donc d'autant plus une fois la première écoute achevée et qui se dévoilera discrètement au fil des répétitions.
Into Ruin est parmi ces titres de Doom / Sludge qui offrent une musicalité hors norme. Le groupe y est plus que jamais guidé par son batteur qui propose un martellement des fûts aussi poussif que jouissif, où votre fréquence cardiaque oscillera jusqu'à battre à l'unisson. Que ce soit dans les moments les plus lents ou dans ses accélérations doomèsques, il émane de ce bloc une décharge destructrice comme rarement Bongripper a su en livrer. Une telle violence vous laissera seul, vide et démuni, libre à la folie de s'emparer de vous.

Certains pourront être réticents du côté instrumental de leur musique. Même s'il est vrai que je ne m'imagine pas écouter Yob sans la voix de Mike Scheidt, c'est pourtant lorsqu'il s'extirpe des contraintes imposées par un chanteur qu'un groupe peut véritablement apporter un plus au genre dans lequel il évolue. Les Américains ayant par le passé expérimenté de nombreuses sonorités, ils ont su en tirer l'expérience suffisante pour varier à juste dose un album de cet acabit avec des virages aussi nuancés qu'appréciés dans un milieu qui laisse pourtant peu de place à ces divagations.

Toujours plus lent, toujours plus lourd, Bongripper pousse les conventions du genre à l'extrême et écouter un album tel que Miserable revient à consciencieusement se faire vivre une expérience douloureuse. Vous détesterez aimer cet album qui martèlera votre corps pendant 65 minutes de pénible extase. À bon entendeur.


L'album s'écoute sur Bandcamp.

A écouter : Into Ruin
16 / 20
8 commentaires (17.06/20).

Satan Worshipping Doom ( 2010 )

Hail. Satan. Worship. Doom. Quatre titres, quatre morceaux qui donnent le ton, placé sous le signe d'une musique blasphématoire, primaire et ralentie au possible. C'est le cinquième album de Bongripper à base de gros Sludge / Doom qui tâche.

Du chemin a été fait depuis les premiers albums avec leurs bidouillages Noise, leurs vagues Drone (Heroin) et leurs débuts Sludge / Doom (The Great Barrier Reefer) sans que le groupe se lance à corps perdu dans le genre. Satan Worshipping Doom en est l'aboutissement dans la carrière de Bongripper pour son travail de composition et le mélange de leurs influences maitrisées. Parce que si Bongripper se place désormais largement du côté Sludge, pas forcément des plus extrêmes, mais là n'est pas le propos, celui-ci est brassé d'influences quelles soient sous l'emprise d'herbes euphoriques (fin de Worship) ou quelles tapent dans le Black-Metal old school façon années 90 (le bien nommé Satan).
Hail débute ce disque par une lenteur et une lourdeur caractéristique du genre, mais là où le groupe scotche l'auditeur c'est grâce à ce groove emballé de derrière les fagots présent dans le riffing et les rythmes qui briserait la nuque aux plus musclés d'entre-nous. Sous ce Stoner-Metal inspiré (écoutez moi ce passage vers 6min qui parlera forcément à celui qui connait Idolum d'Ufomammut) Bongripper assène ses coups avec la force d'un marteau, et fait même le lien sur Satan avec les vieilleries du Metal extrême. Débutant sur du Black-Metal / Doom-Death à l'ambiance occulte et funéraire, se muant en Stoner qui fulmine (riff monstrueux vers 5min), puis en mur écrasant par la suite pour enfin finir sur un Doom/Stoner Psyché directement emprunté au célèbre Paranoid il y a de quoi dire que ce morceau est totalement hallucinant.
Entièrement instrumental, Bongripper n'en est pas moins complètement scotchant et addictif surement parce que les volutes de fumée se font sentir régulièrement comme sur Worship qui alterne cordes monolithiques et passages incantatoires. De même, Doom, plus classique dans la forme mais diablement entrainant, conclue ce Satan Worshipping Doom.

Main en l'air, index et auriculaire levés, gloire à Satan et à ce cinquième effort de Bongripper qui demeure probablement un des meilleur opus du genre qui soit sorti cette année dépassant haut la main le Eve d'Ufomammut (les mauvaises langues diront que c'est pas bien difficile). En plus la pochette est fabuleuse, presque autant qu'une pochette de Brutal Death.

A écouter : d'une traite, mais surtout Satan