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Biographie

Blood Incantation

En provenance de Denver dans le Colorado, Blood Incantation est un groupe s’adonnant à un Death Metal Old-School fortement inspiré par les univers spatiaux et les anciens récits cosmogoniques tels que les mythes mésopotamiens Anunnaki. Formée en 2011, l'entité est alors composée de membres des groupes Abysmal Dimensions et Spectral Voice : Paul Riedl au chant et à la guitare, Isaac Faulk à la batterie et Morris Kolontyrsky à la guitare. Après trois démos sorties entre 2013 et 2014 chez Woodsmoke, le trio accueille dans ses rangs le bassiste fretless Jeff Barrett (également affilié à Spectral Voice). Ce n'est qu'à partir de 2016 que ce dernier prend part au processus créatif avec Starspawn, premier album signé chez Dark Descent Records et entièrement produit en analogique.

Chronique

16 / 20
1 commentaire (17/20).
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Starspawn ( 2016 )

Après nous avoir mis sur orbite avec Interdimensional Extinction, le quatuor de Denver est de retour pour nous faire explorer les méandres d'une planète au climat hostile : Starspawn. Immergé dans ce macrocosme sonore l'auditeur sera mis à mal, confronté à un univers musical instable et protéiforme.

Pas de piste introductive ni d'entrée en matière progressive. Vitrification Of Blood (Part I) démarre au quart de tour avec un Death sulfureux au son bougrement heavy. Rudoyé par les frappes massives de la batterie et les riffs malsains des grattes, on est comme happé par une cadence infernale. Blood Incantation nous bringuebale par des incartades imprévisibles tout en conservant cette touche de folie dérangeante nourrie par un son chaud et organique. Hidden Species (Vitrification Of Blood Part II) nous précipite davantage dans ce sentiment d'inquiétante étrangeté avec ses mélodies distordues et ses paysages sonores lunaires. Toujours en mouvement, les compositions témoignent d'une inventivité intarissable à tel point que rien ne laisse présager les renversements de thèmes ou les volte-face rythmiques. On a l'impression que le groupe a donné libre cours à son inspiration sans s'imposer de limites quant aux structures et longueurs des morceaux. Avoir osé pondre un titre de 13 minutes pour un album de 35 minutes, c'est pour le moins déconcertant.

De part son approche, la musique tempétueuse des deathsters peut évoquer le caractère turbulent/touche-à-tout de maudlin of the Well. Combinant des parties tantôt rentre-dedans tantôt groovy, des passages psychédéliques viennent aérer le tumulte de la narration. Dans une sorte de délire hallucinogène les solos de guitare se propagent au moyen d'effets chorus planants. Mais si chaque membre fait preuve d'une grande maîtrise de son instrument, ils nous épargnent un déluge de démonstrations techniques indigestes propre à certains groupes de Death Technique sur-produits.

Starspawn apporte un vent de fraîcheur dans le paysage du Death Metal. Sans non plus se détacher totalement des canons du genre (Morbid Angel, Death) ce dernier joue avec les codes et crée un univers très personnel. Il est vrai que la structure éclatée des morceaux peut rebuter ou donner la sensation d'une superposition d'ébauches mais cet aspect déroutant nous incite à apprivoiser l'album du début à la fin faisant obstacle à toute lassitude. Malgré sa courte durée ce nouvel ovni prouve que tout n'a pas été dit, que l'on n'est pas condamné à se tourner vers le passé et à répéter les même schémas.

A écouter : Vitrification Of Blood (Part I) / Hidden Species (Vitrification Of Blood Part II)