Southern Lord tente de s'incruster un peu plus dans le marché du Punk Hardcore / Crossover. Récemment avec Trap Them et The Accused, et maintenant avec Black Breath. Imagerie old school presque kitch (pensez à Electric Wizard) couplée à un nom aux consonances blackisantes, Black Breath joue pourtant sur le terrain de ceux qui tentent de mixer un peu tout. On vous avait parlé de Black Metal et Punk Hardcore, de Post-Black Metal ou autres dérivés. Black Breath fait partie de "ceux-là", ces gens que l'on désigne dans la rue du bout du doigt, ce groupe obscur dont vous parlera votre disquaire indé entre 2 tasses de cafés et dont le look indéfinissable n'aidera pas à faciliter l'écoute.
Heavy Breathing (Respiration Lourde dans la langue de Molière) ou le doux parfum de la poussière dans une grange peuplée d'ados aux cheveux longs crasseux. Mais plus précisément, Black Breath, a quoi ça ressemble concrètement ?
En fait, le combo joue un crossover thrashisé teinté de hardcore et parsemé de relents de Death (le jeu de batterie surtout). Vous suivez ? En gros, un mix entre Hardcore et Thrash, avec quelques plans de Metal de la Mort. Pas moins, pas plus. Histoire d'esquisser le son final, sachez que l'ensemble a été enregistré avec le sieur Ballou, très en vogue en ce moment (Kvelertak par exemple). Mais, heureusement, tout ne repose pas sur les épaules du membre de Converge. Les parties vocales se calibrent presque sur celles de Ryan McKenney (Trap Them) même si elles se font moins stridentes sur l'ensemble. Couplées à une partie rythmique qui n'hésite pas à cravacher sans retenue (Escape From Death), elles permettent au groupe de tenir un rythme de croisière qui ne faiblit que lorsqu'ils le désirent (Heavy Breathing, Unholy Virgin). Si on rajoute certains riffs assez déments (Fallen ou Children Of The Horn), Heavy Breathing a tout pour jouer dans la cour des grands. Black Breath place donc un peu ce qu'il aime, au gré de ses envies : Virus, Wewhocannotbenamed, le très bon Eat The Witch (aux relents de Converge), ... Il y en aura pour tout le monde, chacun aura son titre phare, son passage à tomber et ses minutes de folie.
Une seule ombre au tableau, la prod de Kurt Ballou. Non pas qu'elle soit mauvaise, mais c'est LE son Ballou, celui qui fait Converge, Kvelertak, Trap Them, Doomriders, ... Le rendu est plaisant, ne titille pas forcément l'oreille mais on peut avoir le sentiment qu'il n'a pas cherché à faire plus que le minimum. Fort dommage, ce paramètre peut reléguer un album de ce calibre à une simple banalité si l'auditeur s'avère peu adepte du mix final.
Heavy Breathing. Belle claque, crossover de tout et n'importe quoi, qui n'en demeure pas moins un bon premier album. La tête dans la poussière, c'est sûr que la respiration ne sera pas aisée...
A écouter : Virus - Children Of The Horn - Eat The Witch