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Biographie

Birds In Row

Birds In Row voit le jour en avril 2009, suite au split de Sling69. Un premier concert au Mans la même année et le groupe enregistre son premier ep, intitulé Rise Of The Phoenix en novembre. En 2010, le groupe part en tournée en Europe, puis s'organise un petit périple avec leurs copains de village As We Draw pour la sortie de Cottbus.

Trois ans après leur débuts, plus de 250 concerts dont une tournée aux Etats-Unis avec Loma Prieta, Birds In Row est un groupe qui monte et signe chez Deathwish pour sortir leur nouvel album intitulé You, Me And The Violence en 2012. Les tournées se font de plus en plus nombreuses, avec Converge, Touché Amoré... avant quel le groupe ne retourne en studio. En 2015, Birds In Row sort deux disque, Personal War chez Deathwish et un split avec Waitc chez Throatruiner Records.

15 / 20
2 commentaires (8.5/20).
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Split avec Waitc ( 2015 )

Laval est décidément une ville source de combos à succès. Birds In RowWAITC, Calvaiire, As We Draw, … Autant de groupes réunissant la même famille musicale mais également un nombre restreint de musiciens. Il fallait bien qu’au moins une fois, certains couchent sur bandes le fruit de ces soirées passionnées… Pour cela, rien de mieux que l’un des combos plus connus de la région pour initier ce split, accompagnés des anciens We Are in the Country.

Que dire de la partie Birds in Row ? Parfaite combinaison d’ardeur et de fureur, le trio de titres s’engouffre dans la foulée de You, Me&the Violence, avec un triptyque qui s’écoute comme une seule pièce de sept minutes. « Can’t Leave » ouvre le bal d’une belle manière, mais c’est « Can’t Love » qui viendra assurer définitivement la place de ce split dans la discographie de BiR. Le jeu de batterie est maintenant largement reconnaissable, et l’arrivée du bassiste fait résonner avec autant d’assurance que précédemment les notes couvrant ce fatras sonore. Impossible de ne pas revenir en boucle sur ce « Can’t Love » captivant, hypnotisant à mesure que les riffs se répètent et que résonne encore le chant, aussi emporté que sur « Cages ».

Côté WAITC, la recette est proche. Originaire également de Laval, le trio avait déjà fait des vagues à l’époque de Vinogradska et son « Melmoth » dont la noirceur était parfaite pour illustrer le roman éponyme. Ici, WAITC se rapproche un peu plus de l’orientation musicale de ses aînés, avec une construction plus proche du rock’in hardcore que des côtés noisy / chaos des sorties précédentes. Pour autant, le côté foufou n’est pas en reste, preuve en est sur « Veiled Ax » et son fond sonore vrombissant pendant presque deux minutes. Pour autant, Vinogradska avait cette regrettée fraîcheur que ce split a transformé en crasse hargneuse sur « Empty Mailbox ».

Il est certains splits qui résonnent toujours avec le poids des années. Sed Non Satiata / DaïtroPg. 99 / Majority Rule ou encore Electric Wizard / Réverend Bizarre. Ce six-titres est de ceux-là, emportant sur son passage le peu de naïveté qu’il pouvait rester dans certains yeux d’enfants.

A écouter : Can't Love - Veiled Ax
17 / 20
3 commentaires (15.67/20).
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Personal War ( 2015 )

Après nous avoir bien sonnés en 2012 avec le magistral You, Me&The Violence, leur premier effort pour Deathwish Inc. (label du chanteur de Converge Jacob Bannon), les Lavallois reviennent forts fin 2015 via un très beau split partagé avec leurs compères mayennais de WAITC et avec ce Personal War, particulièrement attendu par ceux qui avaient pris leur claque il y a trois ans et dont les joues piquent encore un peu aujourd’hui.
Captivantes dès le larsen inaugural d'une Intro faussement apaisée et annonciatrice d’un chaos imminent, les 17 minutes de ce disque libèrent et exacerbent des émotions, aussi douloureuses soient-elles, qui ne demandaient qu’à trouver un exutoire.

La musique jouée par Birds in Row trempe dans l’emo et le screamo, mais sans jamais renoncer une seule seconde à l’énergie brute et vitale que l’on retrouve chez les plus grands groupes de hardcore et de punk. Si l’on pense naturellement à Converge, les noms d’Envy (celui d’il y a une quinzaine d’années) ou de Modern Life Is War viennent également à l’esprit. Ces comparaisons n’ont cependant comme intérêt que de vous dessiner un paysage musical au sein duquel le groupe réussit à trouver sa propre voie, sans tomber dans des clichés que tant d’autres n’ont jamais eu le talent de pouvoir éviter.
Le bruit et la fureur de leurs prestations scéniques sont ici recréés grâce à une production, rêche mais précise, approchant la perfection. Torches martèle sa mélodie pour l’ancrer en nous un peu plus profondément au fil des écoutes. Le chant bouleverse à chaque couplet, incarnant le désespoir et un début de résignation (le déchirant « I run away » à la fin de O’Dear) mais s’accrochant fermement à l’espoir ténu que les choses puissent tout de même s’arranger. L’entraînant Weary se nourrit d’ailleurs d’une rage qui porte en elle cet optimisme qui peut paraître absurde. La basse grondante de Worried, où le groupe ralentit la cadence sans perdre en intensité, nous plaque au sol, les yeux clos, à attendre fébrilement qu’un malheur nous emporte avant que l’agressif Snakes nous offre une catharsis dont la portée ne sera évidente qu’une fois évanoui le dernier larsen de Marathon. Ce morceau final, le plus long du disque, symbolise la qualité de composition atteinte par Birds In Row. Alternant fracas et introspection, il se révèle en un peu plus de quatre minutes comme ce que le trio a certainement fait de plus abouti.

Avant d’être contre un ennemi, quel qu’il soit, la guerre est en nous, cela ne fait pas de doute. Elle n’est pourtant pas perdue d’avance et Personal War donne à celui ou celle qui a la volonté de s’y plonger toutes les armes nécessaires pour en sortir, si ce n’est triomphant, du moins en vie et prêt à affronter la suivante.

A écouter : en boucle
16.5 / 20
9 commentaires (16.56/20).
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You, Me & The Violence ( 2012 )

Bon ok, ce premier vrai disque des lavallois date de l’année dernière. Mais sachez qu’on est pas mal à la rédac’ à avoir chaudement apprécié l’objet, il faut dire aussi qu’entre temps on a été gâtés en sorties de qualité. Enfin, trêve de justifications vaines, les Oiseaux en Rang nous ont pondu un putain de condensé de violence (bah oui) salvatrice. Sans doute que le fait d’avoir signé sur le très convoité label Deathwish (Converge, Touché Amoré, Rise And Fall, Trap Them) leur a permis d’exprimer davantage la rage et la mélancolie qui habitaient déjà Cottbus.

Certaines choses sont immuables, Amaury Sauvé (As We Draw, The Brutal Deceiver) et Sylvain Biguet (Comity, Revok, Klone) squattent toujours les tables, accentuant cette fois les angles épineux d’une musique alliant (auto) destruction et finesse à tous les étages. Comme le constat nihiliste d’une époque où le temps nous ronge tout en restant figé, You, Me&The Violence mâchouille et digère nos certitudes. Pilori nous colle directement sa colère décharnée, dégoulinante sur le visage, et l’on est instantanément happé par ce tourbillon de guitares incandescentes, soutenues par une basse carbonisée, elle-même corroborée par une batterie essentielle, aussi bien maîtrisée dans la vélocité que dans le groove bien senti, ou bien dans l’alternance de ces deux approches (There Is Only Chair In This Room, Walter Freeman, Police&Thieves). Le chant a lui aussi de sérieux arguments à faire valoir. Qu’elle soit hurlée à la mort ou mélodique, cette voix prend à la gorge, se fait participative, et parvient même à activer les glandes lacrymales des plus sensibles d’entre nous (Guillotine, You, Me&The Violence). La mélodie n’est d’ailleurs pas épargnée – induite au sein de cette violence nécessaire – parfois mise au premier plan (Last Last Chance, Lovers Have Their Says), elle extirpe ce qu’il nous reste d’humanité, ne gardant au final que l’animalité, donc la sincérité. Là, on se dit que ces mecs n’ont pas volé leur signature sur le label de J. Bannon, à tel point que le trio pourrait même incarner le porte-étendard de la boite. Tout y est : le talent d’écriture, l’intensité à fleur de peau, le rendu organico-viscéral impeccable, le groove hardcore démentiel, sans oublier un sens profond de la mélodie, ainsi que la touche post-hardcorisée qui va bien (les douze minutes dépressives et crasseuses de Lovers Have Their Says).

Avec Cottbus, on savait les Birds In Row capables de nous pomper l’énergie vitale jusqu’aux dernière gouttes. Objectif plus qu’atteint sur You, Me&The Violence, avec classe et sans fausse note. Un disque exemplaire, indispensable. "Cocorico".

A écouter : seul ou collectivement en direct.
15 / 20
7 commentaires (17.21/20).
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Cottbus ( 2011 )

Birds In Row, le plus américain des groupes français ? Vous prendrez bien un peu de phrase toute faite c'est pour la bonne cause. Cottbus est une complainte qui débute dans les cendres pour s'achever dans l'apaisement. Cottbus ? Probablement parce que c'est une ville sans grand intérêt - "...i wish my feet would have never known the dark streets of Cottbus..." - comme peut l'être également l'existence telle qu'on nous la propose avec ses formats, ses consensus, ses règles et qu'il ne tient qu'à nous seuls de la rendre attractive, de nous construire notre propre destinée.

Après le réveil, l'apprentissage, un parcours presque initiatique dont le prologue ressemble étrangement à celui du You Fail Me de Converge. La suite est certes moins chaotique, mais conforme à l'état d'esprit de Birds In Row. Un hardcore passionné, venant des tripes comme seuls les bostoniens Have Heart ou les rednecks Modern Life Is War ont pu nous le proposer avec un chant à l'agonie émergeant d'un flot de guitares compact et puissant, des compos catchy remuant ciel et terre ("Colossus", "The Ace of Fools") quand d'autres trimballent des litres de sueur sous des airs nonchalants ("Words of Astaroth"). Durant deux années les lavallois ont bossé dur, avalé du bitume mais le résultat est à la hauteur des espoirs qu'avait fait naître Rise of the Phoenix 7". Les Birds In Row savent ce qu'ils veulent, appuient là où çà couine pour nous offrir une production sans trop de faille dont peut-être les seuls défauts sont l'ajout d'une outro dispensable et de ne pas aller au delà des vingt minutes.

L'album est en dl sur le site du label.

A écouter : Colossus, The Ace of Fools, Chat Noir
14.5 / 20
3 commentaires (13.17/20).
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Rise of the Phoenix ( 2009 )

Pas le temps de glander, de s'apitoyer sur les désillusions qui resurgiront quand la garde sera baissée. Traîner sur le bitume ses propres frustrations, pour les râcler à vif avant qu'elles ne se régénèrent et ne reprennent le dessus. Inévitablement. Le constat de Birds In Row est simple, son regard sur la vie, lucide sans être spectaculaire. Parce que la vie peut ne pas l'être. Seul notre aveuglement et l'attrait d'un bonheur illusoire nous la rend attractive.
Rise of the Phoenix pour Renaissance, bien évidemment. Se servir des échecs pour repartir sur les routes et repousser l'échéance. Ce premier ep, fruit de la collaboration de plusieurs labels (Free Edge Conspiracy, I For Us, The Grass was never green et Vitriol Rds) ne doit rien à personne. Quatre titres qui transpirent le punk dans ce qu'il a de plus raide, une production brute comme on peut la retrouver chez The Hope Conspiracy ou Some Girls. La comparaison n'est pas anodine, comme chez les bostoniens on retrouve cette rage véhiculé par un carburant rock n' roll à haut indice d'octane. Un chant arraché, venant du fonds des viscères pour lancer un mid tempo épilleptique ("The Letter") qui plante sérieusement le décor d'un skeud qui éclate littéralement à la gueule sur "Die Testoterone Die". Sans détour, Birds In Row n'use pas de figures de style  pour tailler le bermuda d'une scène un peu trop préoccupée à montrer ses muscles et qui semble avoir quelque peu oublié certains fondamentaux. Les lavallois préfèrent miser sur un songwriting inspiré, net et sans fioriture, puissant mais en même temps révélateur de certaines faiblesses (l'addictif "Actus Fidei"), pour montrer aussi que les névroses sévissent aussi dans la cambrousse, peut-être plus qu'ailleurs.

Le réveil de Birds In Row est fracassant. On sera là pour l'envol également.

A écouter : Actus Fidei, Orange Disease