Après avoir réalisé ses trois premiers disques avec une régularité édifiante, Biffy Clyro a dérogé à son habitude, et mis autant de temps à préparer son quatrième opus, que pour l’ensemble de ses trois précédents albums : soit trois ans. Avec un succès commercial croissant, et par extension des attentes de plus en plus importantes, le rendez-vous avec ce Puzzle ne pouvait pas se manquer.
Si la qualité ne se résumait qu’à l’artwork, dès son deuxième opus, Biffy Clyro serait assurément l’une des formations les plus en verve.
Depuis The Vertigo of Bliss et son indissociable référence à Manara, les pochettes de tous les supports restent d’une beauté renversante, et apparaissent comme une partie non négligeable, non négligée et même appliquée du travail de l’artiste. Elles créent au-delà de la musique un repère visuel, une charte graphique qui vient se greffer à l’univers particulier qui ressort de chaque période. Il en est de même avec Puzzle, et au-delà de cette nouvelle réussite en terme d’imagerie, un message semble transmis : ces douze titres ne seraient-il pas un enchevêtrement de ce qu’a été le trio, couplé à leurs nouvelles orientations? Un ensemble de pièces, qui mises les unes avec les autres, ouvre la voie au nouveau Biffy Clyro.
On y retrouve ainsi l’efficacité simpliste des refrains ravageurs d’un "Justboy" ; "27" ou autre "57" qui avaient offert au combo ses premières heures de gloire. Si les plans complexes, qui faisaient l’apanage d’un Infinity Land parfois délicat à cerner, ont largement été abandonnés ; il en est de même de la dualité caractéristique qui voyait au sein d’un morceau se côtoyer des tonalités opposées. On se retrouve ainsi avec une musique qui perd en richesse, ce qu’elle gagne en lisibilité ; et qui peut maintenant concurrencer au travers des "A Whole Child Ago" ou "Folding Stars" les piliers de cette scène alternative actuelle que sont Sparta, Hell Is For Heroes ou Idlewild.
A contrario, ce qui peut surprendre voire déconcerter, est cette ouverture vers d’autres styles, que rien ne laissait présager. On se retrouve ainsi avec des "Who’s Got a Match ? " ; "Now I’m Everyone" flirtant allègrement avec l’indé britannique d’un Franz Ferdinand, d’un Arctic Monkeys. Ou encore des chœurs baroques donnant une sacrée consistance à deux pistes : "Living Is a Problem Because Everything Dies" et "9/15ths", encadrant presque l’album, mais ne permettant nullement de s’y associer !
Ce Puzzle qui de prime abord apparaît comme l’album de l’ouverture, n’en demeure pas moins énigmatique. Posant autant de problèmes qu’il ne semble résoudre, il est à l’image de ses textes toujours aussi mystérieux, de cette pochette pleine de secrets, à l’image d’un Biffy Clyro qui au final, n’a pas tant changé que cela.
Les Singles "Folding Stars" et "Machines" sont en écoute sur la page MySpace du groupe, où vous retrouvez également des extraits de trois autres morceaux.
A écouter : "Folding Stars" ; "Living Is a Problem Because Everything Dies" "Now I'm Everyone"