Les 2 groupes ayant commencé leur "carrière" en même temps dans la même ville et étant de proches amis, il semblait tout naturel de sortir un album commun un jour où l'autre...
Commençons donc par les 5 titres de Downway.
Les 4 garçons évoluent dans un registre punk rock (très) mélodique qui ne sera surement pas pour déplaire aux fans de Rufio par exemple.
Fort de ses morceaux qui dépassent invariablement les 3 minutes 30 (voire les 4:30), le combo démontre qu'il sait aller dénicher des mélodies efficaces et très catchy de fort belle manière sans jamais vraiment tomber dans le côté pop punk surfait et pompeux ou dans le déjà-entendu trop récurent.
Le chant clair et mélodieux est épaulé par des choeurs (et même un deuxième chant à part entière par moments) tantôt gueulés ("Forever Is The End") tantôt doucereux ("August").
En général ça va relativement assez vite ("Forever Is The End", "Under The Same Sky") même si sur "August" et "Crash" le groupe se permet des morceaux plus mid tempo qui sont selon moi un peu moins intéressants.
Downway est capable de dénicher de très belles mélodies, de varier son rythme de croisière, mais leurs compos plus 'calmes' manquent peut être légèrement de pêche, avec en sus quelques petites longeuurs. Il faut dire que la prod' n'arrange pas vraiment les choses puisqu'elle manque parfois de mordant et de spontanéité, offrant en définitive un son peu ample...
Il faut dire qu'en face il y a un sacré challenger. Surtout au niveau de la patate. Dès les premières notes qui entament ces 5 nouvelles compos de Belvedere, on sent instantanément la différence avec Downway (niveau prod' notamment). Le bouleau effectué par Brian Baker (ex-Bad Religion, Minor Threat) et Steve Hangsen (ex-Minor Threat) derrière les platines y est indéniablement pour quelque chose...
D'entrée de jeu donc, les ptits gars ne rigolent pas: intro d'une minute à coups de riffs punk/hardcore métalliques, grosses guitares, batterie-marteau coincée sur le mode "accéléré", puis arrive d'un coup le chant de Steve que l'on reconnaitrait entre 1000. Et déjà Scott "solo" s'empresse de le reprendre en gueulant comme papa qui crie sur le fiston de retour de sa première journée d'école buissonière...
La suite du morceau sera composé de riffs techniques à la fois agressifs et mélodiques, de couplets et refrains uniques de par leurs mélodies bien recherchées, d'un relent efficace...
Enr ésumé donc: des mélodies incomparables mêlées à une pêche et une agressivité sans cesse renouvelées, auxquelles il faut rajouter la diversité des compos toujours techniques, parfois surprenantes et jamais constantes.
Steve se permet de jouer avec son chant en abordant de nouvelles expérimentations ("Paradise") alors que Scott et Jason assurent à 2 les secondes voix et choeurs gueulés.
Quant à Graham, le petit nouveau derrière les fûts, sans pour autant être aussi rapide que ces prédecesseurs, il se montre sans doute plus fin technicien.
Sur ces 5 titres, il est évident que Belvedere a légèrement ralentit le tempo sans pour autant délaisser les rythmes explosifs.
Quelques parties de guitares claires s'immiscent sur les intros de "Seconds Away" (qui rappelle d'ailleurs leurs compatriotes canadiens de Choke) et de "Distress" ; une belle intro de basse sur "Brandy Wine", les petits solos de Scott...
Malgré ses 10 morceaux seulement, l'album dure 35 minutes pleines. La partie de Downway, sans être mauvaise, reste néanmoins deux tons en dessous alors que Belvedere confirme son statut de nouveau chef de fil du skatecore.
A écouter : Downway: Under the same sky ; Forever Is The End