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Biographie

Behemoth

En 1991, à Gdańsk en Pologne, le jeune Adam Michal Darski, 16 ans, décide de monter un groupe de Black-Metal. Il donne lui donne le nom de Behemoth, et s’adjuge le surnom de Nergal comme nom de scène. Il s’entoure de Baal (DamnationHell-Born) à la batterie et de Desecrator en deuxième guitariste. Le line-up changera toutefois plusieurs fois au fils des années, Nergal étant actuellement le seul membre originel de Behemoth. De 1991 à 1993, le groupe produit trois démos. Leur premier ep qui sort en 1994, est intitulé And The Forests Dream Eternally puis en 1995, Behemoth sort Sventevith (Storming Near The Baltic), leur premier album. Pour cet opus, Nergal enregistre toutes les partitions de guitare et de basse, en plus du chant. L’orientation musicale de l’album sonne clairement Black-Metal inspiré de la scène norvégienne. En janvier 1996, le groupe sort son deuxième album, Grom. Comme son prédécesseur, l’album sonne Black-Metal, mais certains titres sont agrémentés de quelques touches de guitare acoustique et de voix féminines. En 1997 un premier tournant marque l’histoire du groupe car Ball quitte le navire. Il est alors remplacé par Zbigniew Robert Promiński, aka Inferno. Il amène au groupe une puissance nouvelle, grâce notamment à une technicité et une vitesse d’exécution importante derrière ses fûts. Le groupe commence alors se perfectionner et à moderniser son style musical. Les thèmes abordés dans les textes de Nergal vont également progresser. Les paroles païennes, propre au Black-Metal, sont peu à peu délaissés et les albums prennent un sens plus conceptuel, mais toujours orientés anti-christianisme et anti-religion. Le résultat tombe en 1997, d’abord avec l’ep Bewitching The Pomerania, puis en 1998 avec leur troisième album, Pandemonic Incantations. Cependant, le groupe se cherche encore et l’album est d’ailleurs boudé par les medias, car sa promotion est bâclée.

Behemoth signe alors un contrat avec le label italien Avantgarde Music. En studio, ils mettent tous leurs atouts sur la table et finissent par fusionner Black-Metal et Death-Metal sur Satanica en 1999. C’est à partir de cette période que Behemoth trouve sa propre identité musicale et tourne aux côtés de Deicide et de Satyricon. Après quelques problèmes avec leur ancien label et des changements line-up, le groupe sort son cinquième effort, Thelema.6, en l’an 2000. C’est la première fois que le groupe se classe dans les charts polonais. En 2002, Zos Kia Cultus (Here And Beyond) est aussi un succès permettant de réaliser des tournées en Norvège, puis aux USA. Mai 2004, Behemoth entre en studio accompagné deux nouveaux membres, Orion (Vesania) à la basse et Seth (Nomad), en deuxième guitariste en plus de Karl Sanders (Nile), invité pour l’occasion. En Octobre, l’album Demigod est bouclé. Les thèmes abordés collent parfaitement avec le style de Nile, puisqu’il est question de mythologie du Moyen-Orient et l'on y découvre un album ultra-technique, brutal et sans concessions leur conférant une renommée mondiale. Après de nombreuses tournées, le groupe produit The Apostasy en 2007, s’entoure de deux guests, le pianiste Leszek Mozdzer et le chanteur Warrel Dane (NevermoreSanctuary), et l'album se veut à nouveau extrêmement technique et violent puis grimpe lui aussi très vite dans les charts. En 2008, suite à la tournée European Apostasy, le premier album live officiel de Behemoth voit le jour. Enregistré à Paris, l’album At The Arena Ov Aion : Live Apostasy contient le set parisien en entier et deux morceaux bonus. En 2009, le groupe entame l’enregistrement d’Evangelion, repoussant encore une fois leurs limites techniques. Celui-ci devient disque d’or en Pologne et entre dans les charts de plusieurs pays européens et en Amérique du Nord. Behemoth participe aux Mayhem Festival aux Etats-Unis, aux côtés de Slayer, Marilyn Manson, Trivium, Bullet For My Valentine ou encore Cannibal Corpse. Le groupe va ensuite enchaîner des tournées européennes et mondiales à un rythme très soutenu. Jamais de toute leur carrière ils n’auront été autant acclamés que durant ces années 2009 et 2010.

Malheureusement, en août 2010, juste après une série de shows dans leur pays natal, le leader Nergal est emmené d’urgence à l’hôpital, où les médecins lui diagnostiquent une leucémie plutôt avancée. Via leur site officiel, Behemoth lance alors un appel aux donneurs potentiels de moelle osseuse, car le musicien a besoin d’un greffe. Nergal est donc obligé d’abandonner la musique pendant plusieurs mois, puis le groupe entre en pause forcée et indéterminée. C’est durant cette sombre période qu'un coffret intitulé Evangelia Heretika voit le jour en novembre 2010, certifié disque de platine en Pologne quatre jours après sa sortie. Après de multiples traitements et finalement une greffe de moelle osseuse, Nergal recommence à jouer de la guitare et remonte finalement sur scène pour la première fois le 6 mai 2011 où il est invité sur scène par Carl McCoy de Fields Of The Nephilim. Quelques jours plus tard, Behemoth prépare une mini- tournée polonaise puis retourne en répétition. Après avoir frôlé la mort, Nergal se sent encore plus déterminé que jamais pour se remettre au travail. Dernièrement, il a annoncé qu'un nouvel album est prévu pour 2012. Dans une entrevue du 18 avril 2012 avec Blabbermouth, Nergal explique la possibilité d'une parution du prochain album en 2013. Le groupe prévoit de jouer au Mayhem Festival, avec Amon Amarth, Rob Zombie, Mastodon, Children of Bodom et autres, mais est cependant forcé d'annuler car le batteur du groupe Inferno est tombé malade et qu'il a besoin d'une appendicectomie. Le 30 mai 2013, Behemoth annonce le titre de son album, The Satanist, qui est commercialisé le 5 février 2014. 

Chronique

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The Satanist ( 2014 )

Cinq longues années. Jamais les Polonais n'avaient laissé écouler autant de temps entre leurs albums et pour cause. On a tous encore en mémoire la leucémie diagnostiquée chez Nergal en 2010, mais contre toute attente et alors que les médecins le disaient condamné, il a vaincu sa maladie. Ainsi, le groupe revient de loin avec ce The Satanist, recueil de haine déversée pour toutes ses années de combat et de souffrance, mais pas comme on l'escomptait.

Déjà Blow Your Trumpets Gabriel, qui tournait depuis quelque temps sur la toile, annonçait un changement de la vision du groupe depuis Evangelion. Behemoth sonne le cor de chasse et vous aurez beau fuir ou vous cacher, impossible de leur échapper. Pourtant, lors de la première écoute, on retrouve leur son lourd et reconnaissable entre mille mais avec sa pointe de nouveautés intelligemment amenées et mêlées à l'agressivité quasi-constante de cet album. Chaque instrument est mis en avant comme sur le très violent Amen où la basse d'Orion vient résonner face au martèlement incessant d'Inferno sur sa batterie. Les riffs, en apparence aussi massifs qu'auparavant, se transforment et tendent vers un continu typiquement black metal. Les musiciens nous prennent aux tripes et, comme si ça ne suffisait pas, Nergal, qui fait preuve d'une dextérité vocale impressionnante, nous assaille de ses paroles délicieusement blasphématoires tel un serpent qui crache son venin (Messe Noire).

Malgré tout cela, le son de Behemoth, comme son esthétique, est bien plus posé et épuré qu'il a pu l'être dans le passé, ne serait-ce que par sa production parfaitement soignée et percutante. The Satanist, entre autres par son morceau éponyme et ses nombreux cuivres, marque un nouveau tournant dans la carrière du groupe, pour le meilleur.

Les leaders de la scène blackened death metal nous offrent un opus aux multiples facettes avec un groove très marqué qui différencie chaque morceau. Alors qu'on est face à leur disque le plus black depuis leur revirement death en 2002 avec Zos Kia Cultus (Here And Beyond), on se retrouve en présence de compositions à la hauteur jamais atteinte chez la formation polonaise (Ben Sahar). Une étonnante cohabitation entre tous ces titres qui, à terme, se complètent. C'est dire à quel point cet album à la particularité de ne jamais se répéter, tout en gardant un rythme dantesque. Que ce soit du typé "single" Ora Pro Nobis Lucifer avec son refrain terriblement accrocheur, au technique mais décousu In The Absence Ov Light, jusqu'à l'incroyable final de O Father O Satan O Sun! dépassant même un certain Lucifer par sa grandeur. Chacun d'eux apporte sa pierre à l'édifice qui marquera The Satanist comme un album résolument à part dans la discographie du groupe.

Il me vient alors une question. Les Polonais auraient-ils passé un pacte avec le diable pour tirer leur leader d'une mort certaine, en échange de quoi ils leur fallait nous déverser noirceur et apocalypse à travers ce The Satanist? Si tel est le cas, le contract est respecté.

A écouter : Blow Your Trumpets Gabriel, Messe Noire, O Father O Satan O Sun!