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Biographie

Bathory

Considéré comme l'un des pionniers du black métal ainsi que le fondateur du viking metal, Bathory est dès sa création en 1983 à Stockholm le projet d'un seul homme, Tomas Forsberg alias Quorthon. Le groupe fait ses débuts sur une compilation, Scandinavian Metal Attack avant de sortir son premier album, Bathory, en 1984. Les deux albums suivants de Bathory, The Return et Under the Sign of the Black Mark posent les jalons du black metal à travers des paroles sataniques, un son cru et une voix criarde au possible. Ce n'est qu'avec son quatrième album que le groupe change d'optique. Blood Fire Death introduit la thématique viking et une écriture de plus en plus épique sur les albums à venir. Hammerheart montre notamment une avancée significative vers une musique plus atmosphérique et imprégnée par la mythologie scandinave. Là encore, le groupe va influencer plus d'une formation. Twilight of the Gods (1991), Blood On Ice (1996) et Nordland I & II (2002-2003) perpétuent ces inspirations viking. Entre temps, Bathory trouve le temps d'enregistrer trois albums de thrash intitulé Requiem (1994), Octogon (1995) et Destroyer of Worlds (2001). La fin est malheureusement tragique puisque Quorthon est retrouvé mort d'une crise cardiaque le 3 juin 2004.

Chroniques

Hammerheart Bathory
17 / 20
12 commentaires (19.25/20).

Hammerheart ( 1990 )

Avec Hammerheart, la thématique développée par Bathory depuis Blood Fire Death culmine dans la célébration mythologique. Cet album s'avère plus atmosphérique et plus mélodique que ces prédécesseurs, ralentissant le tempo et s'éloignant des canons du black métal que le groupe a contribué à créer. Quorthon y orchestre un hommage appuyé aux glorieux ancêtres et aux dieux viking.

Dès l'entame Shores in Flames, le ton est donné, aussi bien par les samples d'une mer écumante que par un riffing et des choeurs pour le moins emphatiques. Le chant n'est comme à l'accoutumée pas toujours d'une très grande justesse, mais le coeur est aussi généreux que la musique. L'imagerie  à la Conan le Barbare (influence revendiquée) se développe sur la pochette avec un combattant en armure (huile sur toile, Un dernier voyage viking) comme dans les textes. Quorthon témoigne d'une certaine déférence sur des morceaux comme Valhalla, authentique ode aux farouches guerriers dévoués au dieu Ase Odin. Une rythmique sèche et percutante, des riffs simples et frondeurs, des choeurs omniprésents et le chant expressif de Quorthon font de ce morceau une véritable pièce épique posant les jalons du style Bathory. Le recours aux cuivres amplifie la facture solennelle d'une telle composition. Le viking metal est né.

La suite n'est pas tout à fait du même tonneau, mais demeure de haute volée, en appelant aux éléments (Baptised in Fire and Ice) ou bien à la filiation (Father to Son) voire à la prière à Odin (Song to Hall Up High, superbe complainte acoustique) dans un panégyrique des tribus anciennes et de leur mode de vie dédié au combat et aux divinités scandinaves. L'ensemble n'exclue pas une certaine naiveté, mais celle-ci va de pair avec la farouche volonté de Quorthon de recréer une époque et une culture battues en brèche par le christianisme. Encore une fois, les samples sont d'une grande justesse (Father to Son en particulier), mais ne seraient qu'artifices sans la qualité des mélodies et de solis de Quorthon. On traverse ainsi les villages et les terres des viking comme les champs de bataille avec réjouissement tant l'imaginaire fonctionne à plein régime. Chevauchée fantastique, One Rode to Asa Bay complète le tableau, imprimant avec force et dignité une critique du christianisme pour les années à venir.

Hammerheart demeure l'un des piliers fondateurs du viking métal, mais il s'agit surtout d'un très bel album, épique et magistral, qui pourrait être comme la bande originale idéale d'un hypothétique King Conan.

 

A écouter : comme un plerinage en terre Viking
19 / 20
7 commentaires (18.43/20).
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Bathory ( 1984 )

Un nom qui est devenu mythique, une influence rarement égalée sur l'ensemble du Metal extrême et une discographie qui ne souffre d'aucun raté, voilà ce qu'évoque le nom de Bathory. Alors à quoi bon écrire sur ce groupe et s'évertuer à rappeler non seulement l'importance de ce disque mais aussi ses nombreuses qualités ? 

Pourtant, c'est bien la passion qui nous pousse à revenir sur ce disque de 1984, cette même envie incontrôlable qui a poussé un jeune Suédois à saisir à bras le corps tous les genres les plus extrêmes de l'époque et à hurler sans aucune retenue des textes à la limite du cliché sur fond de riffs impétueux, joués à balle, sans regarder autour de lui. On trouve chez Bathory, et surtout sur cet album éponyme, une rage adolescente, une volonté d'en découdre avec le monde entier sans prêter attention à tout le reste. Rappelons-nous qu'à l'époque, Reign In Blood n'est pas encore sorti et ce premier longue durée du one man band est indéniablement en bonne place dans la course à la violence qui fait alors rage dans l'underground. 

Il faut dire que depuis le début des années 80, le Metal a passé la seconde et qu'il tient plus de la Renault 5 Turbo que de l'escargot : le Speed Metal a fait une entrée remarquée, le Thrash vient de naître en Californie et le Black Metal va bientôt voir le jour comme genre à part entière, l'expression venant d'être popularisé par les bestiaux de Venom. Heureusement pour nous, Quorthon n'a pas encore choisi son camp : résultat il fait ses petites courses et attrape au passage ce qui lui convient. La lourdeur des premiers groupes de Heavy Metal ? Dites coucou à « Raise the Dead ». La basse vrombissante d'un Motörhead ? C'est sur « Sacrifice ». Le jeu de batterie si typique du Thrash ? Pas de problème, « In Conspiracy With Satan » est là. Les riffs véloces d'un Exciter ayant voué son âme à Satan ? « Reaper », sans aucun doute. 

Plus gras, plus rapide, plus sanglant, plus sombre et meilleur que les autres, la concurrence ne comprend pas tout de suite ce qui vient de lui arriver en pleine face et beaucoup ne s'en relèveront pas. L'influence sur la scène Thrash Metal et Black Metal que Bathory a eu, et a toujours, est immense et il n'y a bien que Celtic Frost/Hellhammer pour tenir le coup et répondre. Leurs joutes sonores vont faire des milliers de victimes pour le plus grand bonheur de fans assoiffés de riffs acérés, de chant écorché et d'imagerie diabolique. Quorthon lui, va continuer sa route, définissant encore un peu plus ce que sera le Black Metal pour une bonne dizaine d'année avant que des Norvégiens ne viennent tout chambouler. Tout commence ici pour ce groupe qui a laissé son sceau sur la musique extrême à tout jamais. 

A écouter : C'est un ordre.