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Biographie

Baroness

Les membres de Baroness sont tous originaires de Lexington, dans l’état de Virginie aux Etats-Unis. Le groupe est aujourd’hui basé à Savannah en Georgie, à l’instar de leurs proches Circle Takes The Square, Kylesa et Black Tusk. Le groupe enregistre son premier ep, First, en 2003. S’en suit d’incessantes tournées, notamment aux côtés de Municipal Waste, Mastodon ou encore Torche. Leur deuxième ep, Second, voit le jour en 2005. Baroness signe chez Relapse Records en 2007 et sortent un split avec les grindeux de Unpersons et leur premier album, sobrement intitulé Red Album.

Rapidement, ce Red Album rencontre un grand succès critique et public. Avec Kylesa et Torche, Baroness devient un groupe emblématique d'une certaine forme de metal émergente et depuis très suivie. Le groupe se met à tourner énormément aux Etats-Unis, avec des formations renommés dans le metal et le rock gras, comme High On Fire, Coliseum ou Clutch, mais aussi avec des groupes plus éloignés stylistiquement, comme Genghis Tron, Converge, The Red Chord ou Opeth, pour qui ils ouvrent lors de la tournée américaine des suédois en 2008. Le groupe acquiet également une certaine notoriété grâce à ses artworks très réputés et appréciés pour ses influences art déco, notamment inspiré par Alfons Mucha, entièrement réalisé par le guitariste/chanteur John Baizley. Celui-ci exerce également ses talents pour de nombreux autres formations en réalisant des artworks pour cds, vynils et merch notamment pour Kvelertak, Pig Destroyer, Black Tusk et pour le compte du label Robotic Empire.

En 2009, ils reviennent avec une nouvelle production, le Blue Album, un brin plus posé et qui fait la part aux compositions douces et psychédéliques. Il est accompagné du départ du guitariste Brian Blickle, qui est remplacé par un vieil ami et du groupe, qui en avait brièvement fait parti lors de ses débuts, Pete Adams. S'en suivent d'autres nombreuses tournées, notamment avec Mastodon. John Baizley fera même quelques shows d’intérim en 2010 en remplacement de Bill Kilheller, absent pour raison de santé. 2011 sera une grosse année pour Baroness qui partira en tournée avec ni plus ni moins que deux poids lourds du metal, Metallica puis Deftones et ralentit considérablement le rythme de ses tournées avant d'arrêter complètement toute activité scénique pour presque un an. Une pause nécessaire selon le groupe, pour reprendre sereinement et plus sérieusement l'écriture de nouveaux morceaux. Une pause qui porte ses fruits : ils en accoucheront d'un double album Yellow&Green au printemps 2012, une production ambitieuse mais consacrée uniquement au chant et prenant un tournant très rock et pop, qui déroutera de nombreux fans.  Ils reprennent au même moment la route aux Etats-Unis avec Meshuggah et Decapitated et refont un petit tour en Europe.

13 / 20
14 commentaires (14.86/20).
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Yellow & Green ( 2012 )

Au début, je l'ai haï. Puis je l'ai trouvé géniallissime. Finalement plutôt bof et puis pas si mal que ça après tout. Je fais parti des 70 % de fans de Baroness à qui ce Yellow and Green aura causé des montagnes russes émotionnelles. J'ai pu en entendre de pas mal à son propos : un développement foireux ,à partir des interludes du Blue, que c'est du Nickelback, du Muse ou une trahison vis-à-vis des fans.

Bon maintenant tout le monde respire un grand coup et se calme. Oui, effectivement, Baroness, c'est plus ce que c'était, et je vous rétorquerais que ça dure depuis le Red Album, voir depuis les démos pour les puristes, et que si vous n'avez pas vu venir le changement, rappelez-vous des derniers Kylesa, Torche et Mastodon et tirez donc les conclusions qui s'en imposent concernant Baroness, groupe faisant parti quasi de facto de la même vague (bon peut-être pas pour Mastodon, mais la filiation est quand même faisable).

Donc Baroness est coupable, oui les petits amis, d'avoir prit un virage pop. Enfin pop rock psyché folk pour être précis. Et oui, fini les épiques cavalcades heavy comme Wanderlust ou A Horse Called Golghota, c'est bien dommage, ils les réussissaient si bien. N'en reste plus que Take My Bones Away, March To The Sea et The Line Between, qui contiennent toujours ce savoir-faire totalement unique en matière de composition mais avec un côté bien plus mélodique, voire même grand public. Malgré tout, elles font un malheur en live et on n'y voit presque que du feu, j'ai testé pour vous, croyez-moi sur parole.

Le reste de l'album parcourt son petit bonhomme de chemin entre compositions plaisantes qui font fortement penser à du Pink Floyd ou du Black Mountain (Cocaïnium par exemple, ou encore Foolsong et Collapse), mais qui parfois se vautrent carrément dans des riffs et des paroles niaises et pop énervantes, donnant franchement envie de foutre des claques à Baizley pour qu'il arrête ce genre de minauderie pour adolescent (les refrains de Little Thing et Back Where I Belong sont édifiants à ce propos, pareil pour l'ambiance général de Foolsong). Au rayon de l'énervant, on peut citer le presque quasi-plagiat de l'intro de Scar Tissue sur le riff d'entrée de Mnts (The Crown and The Anchor), et d'autres ambiances musicales (notamment sur Psalm Alive et Strechmaker) qui évoquent énormément les Red Hot Chili Peppers période post-Blood Sugar Sex Magic, mais probablement involontairement, ou alors c'est moi qui fais une fixation.

Enfin bon, là je suis un peu méchant, mais prise une à une, toutes ces compositions s'apprécient agréablement et on peut toujours apprécier le talent de composition et une certaine fraicheur dans les productions de Baroness qui restent assez singulières malgré quelques ressemblances parfois troublantes. Personnellement, je prend beaucoup de plaisir à apprécier toute la saveur de ce songwriting sauf vraiment sur les plus gentilles – du genre Board Up The House – et leurs mélodies sucrées jusqu'à la nausée et l'énervement.

Et puis restons lucide : n'importe quel autre groupe peu connu qui aurait sorti ce skeud aurait été unanimement salué par la critique et même aurait probablement commencé à se faire une carrière à partir de là, la galette restant ambitieuse et pleine de qualités. Mais manque de pot, c'est Baroness qui le sort, juste après le Red et le Blue. Cependant, je reste persuadé qu'il gardera une place centrale dans leur discographie et que ceux qui n'auront pas lâché l'affaire sauront y revenir dans quelques années et découvriront encore des trucs qu'ils ont pu louper. Mais là, on est tous tellement affolés comme des chatons à qui on vient de planquer la pelote de laine qu'on passe un peu à côté.

Le seul défaut sur lequel le temps n'aura jamais d'effet perfectible, c'est la longueur du disque. Pourquoi diable avoir sorti un double album pareil ? Il s'handicape lui-même avec ses 18 chansons dont l’homogénéité stylistique et qualitative est franchement discutable. Même si on peut percevoir que chacune des deux parties peuvent s'écouter indépendamment, ils auraient gagné à garder les trois quarts du Yellow avec les plus couillues du Green avec une ou deux acoustiques et garder le reste pour un Ep ou l'album suivant. On aurait franchement gagné en cohérence et j'aurais pu leur mettre 14 au lieu de 13.

A écouter : March To The Sea, Eula, Cocaïnium, The Line Between
16.5 / 20
16 commentaires (15.66/20).
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The Red Album ( 2007 )

Fort de deux EPs acclamés par la critique, Baroness déboule tout droit de Georgie avec son premier album (rouge l’album). La scène de Savanah n'arrête décidemment plus de produire des groupes ô combien excellents dont les fameux Kylesa et Circle Takes the Square pour ne citer qu’eux. Le rapprochement avec Kylesa n’est d’ailleurs pas entièrement vain, on reconnaît chez Baroness la même aptitude à rompre les barrières entre les genres même si, au final, les deux groupes restent fondamentalement différents. Lourd, racé, riffé (!), fougueux, progressif, mélodique. Baroness semble avoir tout compris.

Alors oui, ils prennent à peu près tout ce qui est en vogue ces temps-ci (sludge, stoner, éléments psychés/progressifs…) et s’amusent un peu avec les genres tout en gardant une solide base metal aux faux airs de Mastodon dernière mouture. En bons alchimistes il en ressort bel et bien quelque chose de tout à fait original. Et puis il y a ce son limpide, identifiable dès les premières secondes, déjà très personnel. Le registre de Baroness reste très lourd et énergique, et si la production du désormais habitué de la tâche Philip Cope (co-chanteur de Kylesa, encore eux) peut surprendre par sa clarté, elle se révèle excellente, faisant ressortir un son de guitare chaleureux et un ensemble assez ‘léger’ peu commun dans ce registre.

Indéniablement, Baroness a le don de captiver son auditeur. Dès les premières secondes de l’album on dénote un sens particulier de la mélodie, mélodie qui se transforme, change de peau (flagrant sur Rays on Pinion); et tout à fait naturellement le groupe développe son propos, de manière presque progressive et finalement assez fine. Mais ce Red Album n’est pas effarant de complexité, là n’est pas l'intérêt, il reste même rock’n’roll à mort. Jamais une pointe d’ennui parce que Baroness, une fois de plus, sait comment retenir l’attention de l’auditeur à chaque moment. Les morceaux jouent sur un contraste entre parties psychées assez calmes et gros riffs avec la mélodie en seul fil rouge. Le chant peut lui aussi surprendre de part sa couleur assez particulière; il se révèle très varié tout au long de l’album et le vocaliste s’adapte aussi bien à un chant clair qu’à un registre plus metal. Remarquable dans les deux cas.

Un soin particulier a été apporté à l’artwork. Son auteur John Baizley (le chanteur de Baroness lui-même) s’est notamment fait remarquer pour son travail sur les albums de Torche, Daughters! et bien d’autres. Chargé, excessif, vif, un peu comme la musique de Baroness.

The Red Album est une franche réussite. A n’en point douter, le renouveau des musiques lourdes est en marche avec de nouveaux groupes passionnants tels que Big Business, Torche et maintenant Baroness. Ce groupe est le futur.

A écouter : Rays on Pinion, Wailing Wintry Wind...