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Biographie

Aversions Crown

Aversons Crown composé de Mark Poida au chant, Chris Cougan, Hayden et Mich aux guitares, Jay à la basse et Jayden Mason à la batterie, est un groupe de deathcore australien, et plus précisément de Brisbane dans le Queensland.
Après seulement cinq mois d'existence ils sortent Servitude en 2011 puis Tyrant en 2014.
En 2017 ils sortent leur troisième album Xenocide.

Chronique

Xenocide ( 2017 )

Troisième album du jeune groupe de Brisbane Aversions CrownXenocide est déjà un virage pour eux. Deuxième album signé chez Nuclear Blast, leur réputation est grandissante, autant dire qu'on les attend au tournant. Alors qu'est ce que ça vaut ?

Xenocide tire son nom d'un roman de science fiction de l'écrivain américain Orson Scott, lui-même troisième volet de sa saga, le cycle d'Ender. Pour ceux qui ne connaissent pas, le cycle d'Ender est à la SF, ce que Game of Thrones est au med fan, ni plus ni moins. (Petit message à HBO : achetez les droits !) En gros, l'humanité du futur est confrontée à une civilisation extra-terrestre, les Formiques, sorte d'insectes géants de l'espace très chafouins. Le personnage principal, Ender, alors un enfant au début du cycle, est doté d'une intelligence hors du commun, ce qui le conduira à diriger stratégiquement les armées humaines contre les méchants cafards galactiques. Dans Xenocide, Il est question de l'anéantissement de toute une planète Xenos. Autant dire que dans l'imagerie deathcore on est plutôt raccord !

Musicalement, c'est très bien produit, j'irai même à dire que dans le style, on est dans ce qui se fait de mieux. Il suffit d'écouter la première minute de Prismatic Abyss pour s'en rendre compte.  De sacrées bonnes idées sur la construction et le développement des titres. Mais ce qui fait se démarquer Aversions Crown des autres formations, et plus particulièrement sur Xenocide, c'est cette guitare très aérienne omniprésente. Adieu la huitième corde droppée très grave typique à Tyrant, ici les arpèges très aigus bendés et saturés d'effets sont vraiment mis en avant tout au long de l'écoute. Ce qui est un parti pris intéressant quoiqu'un peu casse-gueule.  La plupart du temps ça fonctionne, mais sur Erebus par exemple, à mon sens  la magie n'opère pas. Il faut dire que le registre musical de l'album est plutôt étendu.

Nous avons ici un parfait exemple de hardcore infusé de death(s). Au pluriel car selon les morceaux et les atmosphères choisies d'être développées, on assiste à une variation de hardcore et de death metal, death mélodique, death progressif ou même blackened death comme sur Ophiophagy, qui au passage est vraiment l'un des morceaux à découvrir. Pour en revenir à Erebus, citée comme exemple plus haut, plutôt orientée prog et mélodique, on arrive à un hybride un peu bancal qui peine à convaincre. Rajoutez une guitare soliste très présente, véritable marotte de Xenocide, et qui fait un peu pleureuse du coup, on obtient un mélange pas très heureux. Grosse prise de risque ? Manque d'inspiration ? De travail ? Tentative non fructueuse ? Quoiqu'il en soit, et c'est d'ailleurs un des défauts de l'album, le résultat est au global assez inégal. Peut être le prix d'une volonté de vouloir toujours trop en mettre tout le temps.

Car oui, quand ces jeunes australiens ont décidés de faire quelque chose ce n'est pas à moitié. La double pédale dans les premiers morceaux, outre le fait qu'elle soit complètement synthétique, est prédominante, quitte à éclipser quelques bons breaks qui auraient peut-être mérités un meilleur traitement. Il y a également énormément de répétitions dans les paroles. Toutes les chansons, absolument toutes, contiennent soit le mot "Soul" soit "Human", ou bien sûr les deux, et si on fait le total cumulé de leurs itérations on arrive à 59. Sur douze chansons on est sur une bonne moyenne. Alors certes, il est narré plus ou moins l'histoire du livre qui tourne beaucoup sur ces notions de conscience et d'humanité, mais une approche parfois plus fine serait plus efficace. Toujours dans la série des idées fixes, je ne sais pas si j'ai déjà parlé de la guitare aérienne omniprésente.

Mais l'atout majeur d'Aversions Crown sur cet opus est la propension qu'ils ont à narrer une histoire. Les passages rapides et brutaux tout comme les parties éthérées sont au service de l'histoire qu'ils développent et traduisent bien l'ambiance général du livre et les différentes thématiques qui y sont développées, à savoir guerre, haine, lutte pour la survie, prise de conscience, doute, méfiance, suspens, orgueil et j'en passe. Difficile de ne pas dresser un parallèle avec l'Histoire ou l'actualité.  Et les bougres d'Australiens le font drôlement bien, parfois certains climats musicaux m'ont replongé par évocation à certains moments du livre alors que la lecture de ce dernier date d'il y a déjà un paquet de temps. Fort !

Malgré ses défauts, Xenocide est un bon album. Pas encore celui qui fera prendre à Aversions Crown une dimension autre, mais s'ils continuent sur cette voie, nul doute que ça finira par payer. Un peu plus de feeling et de finesse dans l'écriture et on parlera d'eux parmi les grands noms du genre.

 

A écouter : Prismatic Abyss, Ophiophagy